Bureau canadien d'investigation et d'ajustement-BCIA - Luigi Corretti (entreprise commerciale)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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  • Éphémérides -


BCIA a des contrats pour assurer la sécurité à la Société des alcools du Québec, aux bureaux de l'arrondissement de Montréal-Nord, ainsi qu'à ceux de la Société de l'assurance automobile du Québec à Montréal et dans l'ouest du Québec, jusqu'en 2018.

BCIA aurait aussi un contrat du ministère de la Sécurité publique pour la sécurité des détenus hospitalisés.

Pietro Perrino : ancien président de l'Association des jeunes libéraux du Québec et membre du conseil d'administration de la Société des alcools du Québec-SAQ et de 2 des 4 Fonds d'intervention économiques régionaux qui ont investi chacun 1 M $ dans BCIA.

En 2003, l'Agence de sécurité Unique obtient le contrat pour assurer la surveillance du quartier général du Service de police de Montréal-SPVM jusqu'en 2007 ; le prix du contrat est de 2,3 M $.

À l'automne 2004, Antoine Bastien, enquêteur du Service de police de Montréal-SPVM qui songe à la retraite, est invité par 2 collègues policiers, Jimmy Cacchione et Giovanni Di Feo, à rencontrer Luigi Corretti qui veut employer des enquêteurs d'expérience pour diriger des enquêtes pour son entreprise ; invités à souper avec des «boys» par Coretti, ils dînent en présence d'Yvan Delorme qui deviendra plus tard directeur du Service de police de Montréal-SPVM.

Quelques semaines plus tard, Luigi Corretti invite encore Bastien à souper avec Yvan Delorme, Jimmy Cacchione, Giovanni Di Feo et Pietro Poletti.

En 2005, Corretti, président de BCIA, embauche l'ex policier Antoine Bastien ; celui-ci met réunit une équipe d'enquêteurs dont une douzaine sont recrutés parmi les policiers à la retraite du SPVM.

En 2005, BCIA obtient un contrat de 5 ans pour la surveillance dans l'arrondissement de Verdun au prix de 4,5 M $ ; ce contrat est renouvelé en mai 2010 au prix de 1,2 M $ par année ; le 12 mai 2010, après avoir sommé BCIA de verser un «cautionnement d'exécution» d'environ 270 000 $, puis ,après avoir mis l'entreprise en demeure de remplir ses obligations de surveillance, l'arrondissement de Verdun annonce qu'elle résilie son contrat à compter du 13 mai 2010 ; les employés de BCIA affectés à Verdun avaient refusé de travailler parce que la compagnie n'avait pas payé leurs salaires.

Le 23 mars 2005, Luigi Corretti, aurait acheté une table de 10 places à 1 000 $ la place, pour une une activité de financement du parti Union Montréal du maire Gérald Tremblay et de Frank Zampino tenue au Rizz de Saint-Léonard ; ces places sont occupées par des membres du personnel de BCIA dont Antoine Bastien et Guy Bessette, deux policiers du SPVM à la retraite ; l'activité a rapporté 463 625 $ au Parti Union Montréal.

Le 7 décembre 2005, PR Maintenance Management décroche un contrat de plusieurs dizaines de milliers de dollars pour l'entretien de la maison Wilson, sur le lac Meech, où a été négocié l'accord constitutionnel de ce nom.

En 2006, l'agence de sécurité Unique vend à BCIA (Bureau canadien d'investigation et d'ajustement) son contrat pour assurer la surveillance du quartier général du Service de police de Montréal-SPVM jusqu'à 2007.

En 2006, BCIA assure la surveillance de la résidence de Frank Zampino, président du Comité exécutif de Montréal ; Zampino n'aurait pas payé pour ce service.

En juin 2007, BCIA obtient un contrat de la Commission scolaire de Montréal pour fournir des équipes tournantes pour surveiller les quelque 200 immeubles au prix de 305 000 $ par année.

Le 1er septembre 2007, la Sûreté du Québec délivre un permis de port d'arme aux employés de la division Centurion de BCIA.

En 2008, la Caisse centrale Desjardins accorde une marge de crédit à BCIA .

En février 2008, le Gouvernement du Parti conservateur du Canada-PCC met fin au contrat de PR Maintenance Management pour l'entretien de la maison Wilson au lac Meech.

En juin 2008, BCIA obtient le contrat pour la surveillance des 5 garages des trains de banlieue et des terminus d'autobus de l'Agence métropolitaine de transport-AMT ; insatisfaite du service de BCIA, l'AMT met fin à ce contrat le 7 mai 2010.

En mars 2008, à la demande de Tony Tomassi, le ministre de la Sécurité publique du Québec, Jacques Dupuis rencontre Luigi Corretti à qui la Sûreté du Québec a refusé d'émettre un permis de port d'armes ; la division Centurion de la compagnie BCIA, exploite une flotte de camions blindés transporteurs de valeurs et monsieur Corretti fait lui-même régulièrement un tel transport ; Monsieur Dupuis lui aurait dit qu'il ne pouvait rien faire pour lui, mais il lui suggéra de rencontrer Jocelyn Turcotte, alors responsable des affaires policières à son cabinet ; Jocelyn Turcotte, qui a été président de l'Association des policiers provinciaux du Québec, téléphone à Yves Massé, contrôleur des armes à feu et inspecteur de la SQ pour s'enquérir des raisons du refus de port d'arme à Corretti.

Le 7 avril 2008, un cocktail de financement a lieu au golf d'Anjou ; le député Tony Tomassi est l'invité spécial ; des cadres de BCIA révèlent avoir vu Tony Tomassi remettre une dizaine de billets à Luigi Corretti qui les aurait payé 500 $ chacun (5 000 $ en tout) et les aurait distribué à une dizaine de cadres dont 7 d'entre eux ont affirmé sous couvert de l'anonymat ne pas les avoir payés de leur poche ; le 17 mai 2010, le directeur général des élections entame une enquête sur cet incident.

Le 14 mai 2008, la Sûreté du Québec-SQ informe Luigi Corretti que parce que le transport d'argent n'est pas son activité principale il n'a pas droit à «une autorisation de port (d'arme) valide pour une durée d'un an». «Toutefois (...) nous sommes prêt à vous offrir un service approprié aux circonstances particulières et exceptionnelles qui peuvent survenir dans le cours des affaires de votre entreprise» ; cette lettre est signée par Marie-Pascale Brière, cadre de la SQ ; elle rappelle à BCIA que la SQ avait émis des permis de port d'arme aux employés de Centurion en échange de l'engagement par Corretti de présenter des preuves de contrats (de transport blindé), ce qui n'a été fait qu'une seule fois».

En juillet 2008, la Sûreté du Québec-SQ émet un permis de port d'arme d'un mois renouvelable à Luigi Corretti. Par la suite, les renouvellements seront fixés aux 3 mois.

Au printemps 2009, le fonds Capital régional et coopératif Desjardins injecte 4 M $ dans BCIA.

En novembre 2009, le Mouvement Desjardins prête 2M $ à BCIA ; ce prêt est garanti par Investissement Québec à hauteur de 1,3 M $.

Le 14 avril 2010, le comité exécutif de la ville de Laval retient la soumission de BCIA pour les services de gardiennage au quartier général du Service de protection des citoyens de Laval au 2911, boulevard Chomedey à Laval ; ce contrat sera annulé le 19 mai 2010.

Le 23 avril 2010, BCIA se place sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. La marge de crédit de BCIA au mouvement Desjardins est de 6,5 M $ ; la dette de BCIA à ses 150 créanciers est de 21 M $ ; dans l'éventualité d'une liquidation, le produit de la vente des actifs serait distribué, dans l'ordre, aux employés, 1,8 M $, au fisc, 500 000 $, au prêteur temporaire Gomarco, 400 000 $, aux professionnels du syndic, 300 000 $ et, s'il en reste, à la Caisse centrale Desjardins ; celle-ci perdrait 5,6 millions $, le fonds Capital régional et coopératif Desjardins, 4 millions $, les fonds FIER, 4 millions $ et Investissement Québec, 1,3 millions $.

Le 3 mai 2010, l'entrepreneur en construction Gioacchino Arduini, de Gestion Gamarco, accepte d'allonger 800 000 $ pour que BCIA poursuive ses activités jusqu'au 22 mai 2010.

Le 6 mai 2010 Tony Tomassi, ministre de la Famille du gouvernement du Québec, est congédié de son poste de ministre et expulsé du caucus des députés libéraux après avoir admis que, lorsqu'il était simple député à l'Assemblée nationale, il avait utilisé à des fins personnelles une carte de crédit émise par Pétro-Canada et payée par BCIA. Tony Tomassi est un ami de Luigi Corretti président de BCIA.

Le 7 mai 2010, l'Agence métropolitaine de transport-AMT, insatisfaite du service de BCIA, résilie son contrat conclu en juin 2008 pour la surveillance des 5 garages de trains de banlieue et des terminus d'autobus.

Le 10 mai 2010, l'arrondissement de Verdun résilie son contrat de surveillance signé avec BCIA parce que l'entreprise n'a pas versé un cautionnement d'exécution.

Le 14 mai 2010, la Commission scolaire de Montréal résilie son contrat de surveillance signé avec BCIA en juin 2007 parce que l'entreprise n'a pas versé un cautionnement d'exécution.

Le 19 mai 2010, la ville de Laval résilie son contrat avec BCIA en invoquant que BCIA n'a pas rempli les obligations qu'il contenait puisqu'elle s'était placée sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers le 23 avril 2010.

Le 27 mai 2010, BCIA est officiellement déclaré en faillite.

Le 30 juin 2010, la Sûreté du Québec perquisitionne au siège social et dans un entrepôt de BCIA lors de l'Opération Marteau.

Le 6 juillet 2010, le Parti libéral du Québec-PLQ demande à Bunkorn Yum, un homme d'affaires membre de l'exécutif du parti d'abandonner cette fonction et de clarifier ses activités financières personnelles ; cette demande est survenue à la suite de la publication d'un article dans le journal La Presse à l'effet que monsieur Yum, aussi président de la Chamber of Commerce Cambodia-Canada depuis 2003, était intimement lié à la compagnie KL qui avait été mêlée à une affaire de blanchiment d'argent en 2005 ; la compagnie KL, qui exerce dans le domaine de l'échange de devises et d'encaissement de chèques, avait un contrat avec BCIA.

En 2010, l'entreprise BCIA a 1 003 personnes son emploi. La firme de sécurité BCIA a bénéficié de 8,3 millions $ de fonds gouvernementaux dont 4 millions $ par l'entremise de 4 Fonds d'intervention économique régionaux-FIER gérés par Investissement Québec ; ces fonds sont destinés à aider les firmes agissant en régions.
Le directeur général des élections du Québec enquête sur des allégations voulant que Luigi Corretti, président de BCIA, ait contribué illégalement à la caisse électorale du Parti libéral du Québec. Corretti aurait donné des billets d'une valeur de 500 $ chacun à une dizaine de cadres de son entreprise pour qu'ils assistent au tournoi de golf à Anjou, une activité au bénéfice du Parti libéral du Québec où Tony Tomassi était l'invité vedette ; la loi sur le Financement des partis politiques ne permet pas aux personnes morales (compagnies ou sociétés) de contribuer financièrement aux partis politiques et le montant maximum que les personnes physiques peuvent contribuer est fixé à 3 000 $ par année.

En juillet 2010, la résidence de Luigi Corretti située à Laval (valeur de plus de 700 000 $) est l'objet d'une saisie à la suite d'une action en Cour supérieure intentée par les employés à qui la compagnie BCIA devait des salaires variant entre 800 $ et 54 000 $.

Le 28 septembre 2010, après avoir reçu un rapport d'expertise comptable qu'elles avaient commandé à la suite de la déclaration de faillite de BCIA, le Mouvement Desjardins et Investissement Québec enregistrent conjointement une plainte auprès de la Sûreté du Québec à l'endroit de Luigi Corretti.

Le 25 juin 2012, la Sûreté du Québec arrête Luigi Corretti et l'accuse d'avoir, entre 2008 et 2010, fraudé 3 institutions du groupe Desjardins dont la Caisse Desjardins des policiers et policières, une maison de crédit spécialisée dans le services financiers et investissements pour les policiers, la succursale de la Caisse Desjardins à Saint-Léonard et la Caisse centrale Desjardins. Corretti est aussi accusé d'avoir fait de fausses déclarations par écrit afin d'obtenir du financement pour 4 compagnies dont il est président ; il est aussi accusé d'avoir incité les employés de BCIA à fabriquer de faux documents et d'avoir, entre 2005 et 2010, produit des documents contrefaits.

En août 2012, Corretti est arrêté et accusé de harcèlement criminel ; libéré sous conditions dont celle de ne pas posséder une arme.

Le 1er août 2012, il est révélé que la ville de Montréal a payé l'ancienne firme de sécurité BCIA beaucoup plus que ce que prévoyait son contrat. Selon une vérification du ministère des affaires municipales, l'entreprise aurait gonflé ses factures et aurait touché 43 % de plus que prévu en 2008 pour la surveillance du quartier général du Service de police de la Ville de Montréal.

Le 7 mars 2013, M. Corretti, qui avait été libéré sous conditions le 6 juin 2012, est arrêté à Laval et comparaît sous l'accusation d'avoir enfreint l'une des conditions de sa libération ; le juge refuse de le libérer sous caution en attendant l'audition sur les conditions d'une autre libération conditionnelle. Le produit de la vente servira à rembourser les banques., puis les anciens employés de BCIE.

Le 22 janvier 2014, TVA rapporte que la maison de Luigi Corretti (valeur de 765 700 $ au rôle d'évaluation municipale) est mise aux enchères par le centre financier HSBC ; une décision de la Cour supérieure favorisant le centre financier HSBC contre L'Amiral Trust de Luigi Corretti.

Le 26 juin 2014, Pietro Perrino est embauché comme secrétaire général associé au ministère du Conseil exécutif de Philippe Couillard.

Le 6 novembre 2016, les accusations qui pesaient contre Corretti depuis 2012 sont retirées par la Couronne à la demande du procureur de Corretti ; c'est en invoquant l'arrêt Jordan de la Cour suprême du Canada que son procureur a pu obtenir cette décision ; l'arrêt Jordan a établi à 30 mois le délai maximum entre la mise en accusation et le procès d'un accusé devant la Cour supérieure du Québec et à 18 mois pour un procès devant la Cour du Québec ; dans le cas de Corretti, il s'était écoulé 70 mois depuis sa mise en accusation ; son procès devait être tenu en 2018.
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