Daudelin (Éric)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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  • Le 12 juin 1995, un peu après 16 h 30, Joleil Campeau, 9 ans, est vue vivante pour la dernière fois sur la rue Debussy dans le quartier Auteuil de Laval. Sa mère est la dernière personne à l'avoir vue vivante.

Le 16 juin 1995, le corps de la jeune Campeau est trouvé dans la vase d'un marais près de son domicile du quartier Auteuil à Laval ; son cadavre reposait à plat-ventre dans la vase, une grosse pierre posée sur son dos le retenait submergée.
Une tuque de ski et des gants sont trouvés à 80 mètres du cadavre de la fillette.
La police interroge un certain Éric Daudelin dont le passé d'agressions sexuelles est répertorié, mais elle doit le libérer faute de pouvoir le relier directement à la mort de la fillette.
Après avoir été abandonnée faute de pistes crédibles, l'enquête sur le meurtre de Joleil Campeau est rouverte en avril 2005 à la suite de nouveaux développement dans la preuve par ADN.
En 1992, Éric Daudelin, 19 ans, avait été arrêté pour menaces, assaut, assaut avec une arme, agression sexuelle et séquestration de deux jeunes femmes de 17 ans ; pour ce crime, il avait été condamné le 12 mai 1993, à 24 mois de prison et à 3 ans de probation ; la Couronne a porté cette sentence en appel, mais la Cour d'appel a refusé de changer la sentence. Mis en liberté à la fin de sa peine le 12 mai 1995, il avait commis l'enlèvement et le viol d'une jeune fille de 15 ans le 2 juillet suivant, moins de 2 semaines après la découverte du corps de Joleil Campeau ; pour ce crime, il avait été condamné à 5 ans de prison en décembre 1996 et avait été obligé de fournir un échantillon d'ADN.
En 1997, un psychologue déclarait que Daudelin était un sadique sexuel et qu'il présentait un haut risque de récidive.
Le 1er mars 2000, la Commission nationale des libérations conditionnelles refusait de libérer Daudelin et décidait de le garder en prison pour qu'il y termine intégralement sa sentence.
Le 18 janvier 2002, Daudelin était libéré sous conditions après avoir purgé sa peine au complet en prison.
Au cours de 2002, la police de Montréal l'a accusé à deux reprises de bris de conditions et il avait alors écopé de 15 mois et 18 mois additionnels de prison.
En 2009, Luc Lavergne, un biologiste du département médico-légal du Québec découvre qu'il est possible d'identifier l'ADN trouvé sur des vêtements.
C'est alors que le sergent détective Martin Saillant de Laval apporte la tuque et les gants trouvés sur les lieux et les vêtements que portait la fillette en juin 1995 ; en comparant l'ADN trouvé sur l'ouverture bucale de la tuque de ski avec les données de la Banque nationale de données génétiques du Canada, le laboratoire médico-légal conclut qu'il s'agissait de l'ADN d'Éric Daudelin et qu'il en allait de même du sperme trouvé sur l'entre-jambes de la petite culotte de la fillette.
Avec cette information en main, la police de Laval demande l'aide de la Sûreté du Québec pour faire une opération Mister Big afin d'inciter Daudelin à se confier ; ce n'est qu'au 45e scénario, le 21 juin 2011, alors qu'il est dans un entrepôt de Vancouver, que Daudelin raconte finalement l'histoire à l'agent de la SQ qui jouait le rôle d'un membre d'une importante organisation criminelle ; Daudelin a été arrêté à son retour à Montréal le 22 juin 2011 et accusé du viol, de la séquestration et du meurtre prémédité de Joleil Campeau.
Le 21 mars 2014, Éric Daudelin, comparaissant comme témoin à son propre procès, déclare que ce qu'il a dit à l'agent de la SQ lors de l'opération Mister Big est une pure invention qu'il a concoctée pour conserver son emploi dans l'organisation criminelle inventée par les agents de la SQ et que c'est à partir des articles de journaux et des reportages de l'époque qu'il a pu décrire les détails de l'événement survenu 16 ans auparavant.
Le 26 mars 2014, le jury déclare Daudelin coupable de l'enlèvement, de la séquestration et du meurtre de Joleil Campeau et la juge Sophie Bourque le condamne à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 25 ans de sa peine derrière les barreaux.

Nota 1 : La Banque nationale de données génétiques est alimentée depuis 2000 par l'addition de celles de toute personne condamnée au Canada pour tout délit, même mineur. On dit que 4 crimes majeurs sur 10 sont perpétrés par des individus qui ont d'abord commis des infractions mineures et qui ont été fichés pour ces délits.

Nota 2 : Les opérations Mister Big consistent à recruter le sujet dans une supposée organisation criminelle et à le mettre en confiance pour l'amener à avouer son crime. Dans le cas de Daudelin, l'opération a duré 4 mois et nécessité 45 scénarios).

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