Fabrikant (Valery)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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  • Homme de sciences (ingénieur) né en 1940 (28 janvier) à Minsk (Union soviétique).

Immigre au Canada en 1979 et se joint au personnel enseignant de la Concordia University en 1980 ; selon le journaliste Normand Lester, Fabrikant aurait alors été recruté par le Service de renseignement de sécurité (Service de sécurité de la Gendarmerie royale du Canada-GRC dès son arrivée pour être utilisé comme informateur sur la communnauté juive russe de Montréal.
En 1985 et en 1989, il publie des ouvrages sur la théorie de l'élasticité d'un milieu solide soumis à des contraintes.
En avril 1992, il intente une action contre deux collègues pour que leurs noms soit retirés d'une publication qu'il avait écrite.
Le 14 juillet 1992, la Concordia University s'oppose à ce que la Sûreté du Québec-SQ émette un permis de port d'arme à Fabrikant à cause des conflits qu'il a avec l'université et certains de ses collègues.
Le 13 août 1992, Fabrikant achète une arme.
Le 24 août 1992, l'épouse de Fabrikant achète deux armes.
Le 24 août 1992, vers 1 h 30, Valery Fabrikant abat les professeurs Michael Hogben, 52 ans, Jaan Saber, 46 ans, Phoivos Ziogas, 48 ans et Matthew Douglass, 66 ans, ses collègues de la faculté d'ingénierie et d'électronique. Fabrikant blesse Elizabeth Horwood, une secrétaire de l'université et retient 2 personnes en otage.
Le 11 août 1993, Fabrikant est reconnu coupable de 4 meurtres prémédités, d'une tentative de meurtre et de 2 séquestrations à la suite d'un long procès au cours duquel Fabrikant assume lui-même sa défense sans l'aide d'un avocat, le juge Fraser Martin le condamne à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 25 ans de sa peine derrière les barreaux.
En 2000, Fabrikant est déclaré plaideur quérulent ; en vertu de cette déclaration, Fabrikant ne peut plus présenter de motions pour obtenir plus rapidement une audience en vue d'une libération conditionnelle.
En 2007, une action de 600 000 $ entreprise par Fabrikant en 1992, refait surface devant la Cour supérieure du Québec parce qu'ayant été entreprise en 1992, elle n'était pas assujettie à la déclaration de plaideur quérulent de 2000 ; l'attitude de Fabrikant au cours des auditions est telle que le ou vers le 16 novembre 2007, le juge Gilles Hébert, qui entend la cause, se récuse en disant que l'attitude cynique et agressive de Fabrikant lui a enlevé la sérénité nécessaire pour continuer l'audition ; il est alors remplacé par la juge Nicole Morneau.
Le 26 novembre 2007, celle-ci déclare que la conduite de Fabrikant constitue un abus de procédures et du système judiciaire auquel le Tribunal doit mettre un terme définitif et rejette la poursuite parce qu'elle était prescrite dès son inscription en Cour en 1992. Fabrikant inscrit cette décision en Cour d'appel.
En janvier 2008, après plus de 15 ans de détention, il entreprend une démarche visant à obtenir d'un jury le droit de demander une libération conditionnelle conformément à des dispositions du Code criminel du Canada ; il doit d'abord obtenir d'un juge de la Cour supérieure une déclaration à l'effet que la demande est fondée, puis une décision favorable d'un jury formé à cette fin ; il demande de passer directement à l'étape du jury sans avoir obtenu la permission de la Cour supérieure. Le 26 septembre 2008, le juge James Brunton constate que Fabrikant n'a pas changé d'un iota depuis les meurtres, qu'il continue de refuser d'être évalué et traité en psychiatrie et que la haine qu'il porte toujours contre le personnel de Concordia s'est étendue à des gens du système correctionnel et judiciaire et à des médecins ; le juge lui enlève même la possibilité de présenter une autre demande du genre à l'avenir ; il devra donc demeurer incarcéré jusqu'à la fin de la période de 25 ans qui lui a été imposée, c'est-à-dire jusqu'en 2018.
En février 2010, la Cour d'appel ordonne la reprise du procès civil là où il avait été laissé en 2007. Ne voulant pas imposer cela à ses collègues, c'est le juge en chef François Rolland qui reprend la procédure civile en janvier 2011 ; dès le début des audiences Fabrikant se plaint du fait qu'il n'a pas de savon pour se laver, que sa cellule du palais de justice est sale et qu'il y a froid au pied ; le juge dit qu'il va lui-même aller visiter cette cellule et que, s'il le faut, il achètera du savon et des chaussettes pour réchauffer les pieds de Fabrikant.
Le 29 mars 2011, le juge Rolland rejette les poursuites intentées par Fabrikant contre ses anciens collègues qui, selon le juge, n'ont jamais incité Fabrikant à mettre leurs noms sur les écrits. Fabrikant y a mis leurs noms soit parce qu'ils y avaient contribué, soit parce que lui-même voulait se faire publier plus facilement ; de plus, le juge conclut que la poursuite était prescrite depuis longtemps puisque les faits reprochés remontent à 1985. Il avait trois ans pour poursuivre et il n'a intenter sa poursuite qu'en 1992.
Le 2 octobre 2012, La Presse rapporte que le docteur Mark Jeffrey Eisenberg, un cardiologue de l'Hôpital général juif de Montréal a été condamné par le Collège des médecins à être radié pour une période d'une semaine età une amende de 1 500 $ pour avoir accepté un pot-de-vin de 1 500 $ versé par la femme de Fabrikant afin que le cardiologue pratique une angioplastie si nécessaire ; comme après un test, le docteur en était venu à la conclusion que l'opération n'était pas nécessaire, Fabrikant réclame le remboursement de la somme que sa femme a déboursé. Eisenberg reconnaît avoir dérogé au code de déontologie du Collège des médecins selon lequel, un médecin ne peut accepter d'être rémunéré pour un acte médical pour lequel il serait payé par le régime de l'Assurance-maladie du Québec.
Le 10 février 2014, TVA rapporte que la Cour d'appel a rejeté la demande de Fabrikant de réduire le nombre d'années passées en prison avant d'avoir droit à une libération conditionnelle. La Cour note que Fabrikant maintenant âgé de 74 ans, n'a pas changé psychologiquement depuis qu'il a tué ses 4 collègues le 24 août 1992 ; la Cour soutient que non seulement les anciens collègues de Fabrikant, mais aussi des membres des services correctionnels, des médecins ou des employés du système de justice pourraient craindre pour leur sécurité si Fabrikant était libéré.

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