Parasiris (Basil)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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  • Le 2 mars 2007, vers 5 h 10, l'agent Daniel Tessier, du Service de protection des citoyens de Laval est tué au cours d'une perquisition à la résidence de Basil Parasiris, 41 ans, au 9053 du croissant Rimouski à Brossard ; l'agent Tessier faisait partie d'un groupe de 9 policiers de Laval chargés de procéder à l'arrestation de Parasiris ; un autre policier de Laval, l'agent Stéphane Forbes, et l'épouse de Parasiris, Penny Panagiota Gounis, ont été blessés au cours de la fusillade ; l'agent Tessier, qui avait été promu à l'escouade de moralité et drogues une semaine avant son décès, était le père de 2 filles âgées de 12 et 13 ans et l'époux de la constable Dominique Lapointe du Service de police de Repentigny.

Les policiers ont défoncé la porte de la résidence de Brossard et se sont précipités à l'intérieur en criant «police» ; l'épouse de Parasiris réveilla son mari qui saisit un revolver Ruger .357 magnum et tira 4 fois en direction de l'agent Tessier qui avait surgi à la porte de la chambre des maîtres ; 3 balles atteignent mortellement le policier et la quatrième blesse l'agent Stéphane Forbes qui allait ouvrir la porte de la chambre de la fille de Parasiris agée de 7 ans ; en entendant les coups de feu tirés par Parasiris, les autres policiers se mettent à tirer dans toutes les directions et atteignent l'épouse de Parasiris au bras et une de leurs balles atteint l'agent Tessier au pied.
Simultanément à l'opération de Brossard, un autre groupe de policiers procédait à Laval à l'arrestation de 4 autres personnes faisant partie d'un réseau de trafiquants de cocaïne et de crack opérant à Laval ; en plus de Parasiris arrêté à Brossard après la fusillade et accusé de meurtre prémédité, de tentative de meurtre et d'utilisation d'une arme dans l'intention de blesser et de mettre en danger la vie de l'agent Forbes, la police arrêtait sans coups férir Nikolas Xanthis, 26 ans, accusé de possession de drogues dans le but d'en faire le trafic et de possession d'arme prohibée, Constantine Xanthis, 23 ans, accusé de trafic de drogues, Kosta Katsiouleris, 29 ans, accusé de trafic de drogues, Hari Katsiouleris, 25 ans, accusé de trafic de drogues, Emmanuel Mavroudis, 21 ans, le beau-fils de Parasiris, accusé de trafic de drogues ; Mavroudis reconnaît sa culpabilité à ces accusations le 22 janvier 2008 et les autres accusés plaideront également coupables aux accusations qui pesaient contre eux ; À la fin du procès de Parasiris, le juge Guy Cournoyer décrète que la Couronne n'avait pas présenté de preuve pour soutenir les accusations de tentative de meurtre commise à l'endroit de l'agent Stéphane Forbes et d'avoir déchargé une arme à feu en sa direction et, ainsi, le blessant et mettant sa vie en danger ; le 13 juin 2008, le jury reconnaît la thèse de la légitime défense de l'accusé et prononce l'acquittement de Parasiris ; pendant que le jury délibérait à huis-clos, la presse rend publique une décision que le juge Guy Cournoyer avait prononcée en son absence au cours du procès ; il avait en effet décidé que le mandat de perquisition chez Parasiris avait été émis en violation de la Charte des droits et libertés qui protège les Canadiens contre les perquisitions et arrestations abusives et il blâmait la police de Laval parce qu'elle n'avait pas d'indications qu'elle allait trouver chez Parasisis un important volume de drogues ; Parasiris n'a même pas été accusé de trafic de drogues après la perquisition ; selon le juge, les preuves trouvées l'avait été illégalement et n'étaient pas admissibles ; les policiers n'étaient pas justifiés de surgir chez Parasiris de la manière et à l'heure qu'ils l'ont fait.
L'avocat de Parasiris, Me Jacques Larochelle, avait obtenu que le procès de Parasiris ne porte que sur le meurtre et la tentative de meurtre en échange d'un plaidoyer postérieur de culpabilité par son client aux accusations de possession de 4 armes chargées dans sa maison, dont une seule était enregistrée mais pour une autre adresse que celle de son domicile.
Le 22 octobre 2008, la Commission sur la santé et sécurité des travailleurs conclut que la mort de l'agent Tessier aurait pu être évitée si le Service de police de Laval avait vérifié la possibilité de l'existence d'arme à feu au nom de Parasiris dans la résidence de Brossard ; il n'y avait pas d'arme enregistrée à la résidence puisque Parasiris possédait une arme enregistrée, mais à son adresse antérieure ; l'escouade de moralité, drogue et infiltration du Service de police de Laval était en effet autorisée à procéder à une «entrée dynamique» à la condition qu'il n'y ait pas d'arme dans le lieu de perquisition ; de plus, les agents ne portant pas d'uniforme étaient difficiles à identifier comme des policiers.
En novembre 2008, Parasiris intente une action en dommage de 1 M $ contre le Service de police de Laval accusant la police d'avoir utilisé une force excessive et de 500 000 $ contre des officiers du ministère de la Justice du Québec pour l'avoir accusé de meurtre prémédité.
Le 22 janvier 2009, Parasiris reconnaît sa culpabilité à 8 accusations relatives aux armes à feu (possession de 4 armes chargées cachées à divers endroits dans sa résidence dont une enregistrée à un autre endroit et 3 non enregistrées) ; le 3 février 2009, le juge André Vincent le condamne à 20 mois de prison suivis de 18 mois de probation.
Contre l'action en dommage de Parasiris, la ville de Laval présente une demande reconventionnelle de 1,2 M $ en alléguant que les policiers avaient des motifs raisonnables de croire qu'ils trouveraient de la drogue dans sa résidence de Brossard ; la réclamation de la ville couvre les coûts occasionnés pour le remplacement des policiers qui avaient participé à l'assaut dont l'un avait été blessé, le temps supplémentaire, les funérailles et les psychologues chargés d'aider les autre policiers et la famille du policier tué.

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