Québec (province). Crises. Émeutes de 1837 et de 1838. (bataille)

Un article de la Mémoire du Québec (2012).

  • Les premières ont lieu simultanément dans le Bas-Canada et dans le Haut-Canada.

Louis-Joseph Papineau en est le premier dirigeant dans le Bas-Canada et William Lyon Mackenzie, dans le Haut-Canada.
Dans le Bas-Canada, les principaux événements qui la marquent sont la bataille de Saint-Denis, la bataille de Saint-Charles, la bataille de Saint-Eustache, la bataille de Odelltown, les déportations aux Bermudes et en Australie, l'interdiction de séjour d'un certain nombre de patriotes et la pendaison de 12 d'entre eux ; les Bas-Canadiens donnent le titre de Patriotes de 1837-1838 à ceux qui ont participé à ces insurrections. Mgr Lartigue condamne la rébellion et va jusqu'à frapper les rebelles d'excommunication ; certains curés refusent aux morts et aux condamnés la sépulture en terre bénite.
Dans le Haut-Canada, la tentative de William Lyon Mackenzie de s'emparer du siège du gouvernement et de former un gouvernement provisoire échoue, et 20 patriotes ontariens sont condamnés et mis à mort pour sédition.
Les émeutes provoquent la disparition des radicaux, la nomination de lord Durham comme gouverneur, la mise en oeuvre de parties du rapport de ce dernier par l'union du Bas-Canada et du Haut-Canada et le début d'un gouvernement vraiment responsable à la Chambre d'assemblée.

  • Éphémérides -


1759
(13 septembre) Bataille des Plaines-d'Abraham gagnée par les Anglais.
1763
(10 février) Signature du Traité de Paris qui règle le sort de la Nouvelle France ; ses habitants seront traités comme ceux d'un pays conquis, encouragés à émigrer, ou à être entièrement subordonnés et rapidement assimilés à la grande masse de l'Empire britannigue.
1774
Acte de Québec adopté par le Parlement britannique devant la menace des 13 colonies américaines de s'affranchir du joug de britannique.
1786
Naissance de Louis-Joseph Papineau.
1791
Acte constitutionnel du Parlement britannique divisant le Canada en 2 parties : le Haut-Canada et le Bas-Canada ; cette loi concède théoriquement aux Canadiens français le droit de disposer d'eux-mêmes via une Chambre d'assemblée dont les membres sont élus parmi eux.
Un Conseil législatif et un Conseil exécutif dont les membres sont nommés par le gouverneur, avaient le pouvoir de sanctionner ou de rejeter les décisions de la Chambre d'assemblée.
La province du Bas-Canada doit être française dans sa Chambre d'assemblée, mais elle est anglaise dans le Conseil exécutif et dans le Conseil législatif.
La réglementation du commerce extérieur relève du Parlement britannique, ce qui accorde un quasi-monopole du commerce aux marchands anglais.
Le gouverneur s'entoure de l'oligarchie anglaise et écossaise qui constitue le Conseil exécutif, puis de Constitutionnels (hommes d'affaires anglais et écossais) et de Chouayens qui constituent le Conseil législatif.
Les chefs politiques anglophones sont Jonathan Sewell, Herman Witsius Ryland, Louis Gugy, James McGill, George Moffat, John Molson, James Stuart, William Walker, Adam Thom.
1792
Le système des seigneuries est remplacé par celui des cantons pour les terres non concédées en seigneurie jusque là.
Par proclamation, 1/7 du territoire de chacun des cantons demeure propriété du gouvernement, 1/7 est réservé au clergé anglican, et 5/7 sont vendus par la couronne pour être exploitées en franc et commun soccage.
1800 à 1825
Immigration moyenne annuelle de 2 000 sujets britanniques au Canada.
1808
Soixante personnes détiennent 1 425 000 hectares de terres dans les Cantons de l'Est.
Louis-Joseph Papineau est élu député de Kent, et Denis-Benjamin Viger est élu député de Montréal à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada-CABC.
1812
Les Canadiens participent à la défense du Canada contre l'invasion des Américains. Louis-Joseph Papineau fait partie du 5e bataillon de milice.
1814
Louis-Joseph Papineau est élu député de Montréal-Ouest à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada-CABC ; il devient alors le chef du Parti canadien et le chef national des Canadiens français.
1816
Denis-Benjamin Viger est élu député de Kent à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada-CABC.
1817
Obligation est faite au gouverneur de faire approuver les subsides par la Chambre d'assemblée.
1822
Les principaux dirigeants de la North West Company-NWC (Edward Ellice père, John Richardson, James McGill, John Molson, Jonathan Sewell, Robinson) se font les promoteurs de l'union des deux Canadas.
1823
Sur 204 employés civils, 157 sont anglais et 47 d'origine canadienne.
1824
Ses promoteurs proposent de nouveau sans succès l'union des deux Canadas. La Chambre d'assemblée adopte la Loi des écoles de fabrique.
1825
Immigration de 8 741 sujets britanniques au Canada.
1826
Fondation du journal La Minerve par Augustin-Norbert Morin.
Immigration de 12 818 sujets britanniques au Canada.
1827
Ludger Duvernay devient éditeur de La Minerve ; ses collaborateurs anonymes sont Louis-Joseph Papineau, Denis-Benjamin Viger, Augustin-Norbert Morin, Rodier, Louis-Hippolyte La Fontaine, Charles-Ovide Perrault, Édouard-Raymond Fabre et Girod.
Élections générales au Canada ; le Parti canadien commence à être appelé Parti des patriotes.
Immigration de 16 800 sujets britanniques au Canada.
1828
Ses promoteurs proposent de nouveau sans succès l'union des deux Canadas. Immigration de 12 500 sujets britanniques au Canada.
1829
La Chambre d'assemblée adopte la Loi des écoles de l'Assemblée qui restera en vigueur jusqu'au 1 mai 1836.
Redistribution de la carte électorale ; la Chambre comptera 84 députés (34 comtés en auront 2 chacun, 8 en auront 1, alors que Montréal et Québec en auront 4 chacun.
Immigration de 17 000 sujets britanniques au Canada.
1830
Les propriétaires fonciers évincent les colons canadiens établis sur leurs terres en squatters. Augustin-Norbert Morin est élu député de Bellechasse et Louis-Hippolyte LaFontaine est élu député de Terrebonne. La Chambre d'assemblée adopte des mesures pour rendre plus efficace la quarantaine imposée aux navires venant d'Europe ; ces réformes sont rejetées par le gouverneur, le Conseil exécutif et le Conseil législatif. Immigration de 28 075 sujets britanniques au Canada.
1831
Jean-Joseph Girouard et Édouard Rodier sont élus députés de Deux-Montagnes à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada-CABC. Le choléra asiatique parti des Indes en 1817 atteint le Royaume-Uni en Europe. Immigration de 40 300 sujets britanniques au Canada.
1832
La Chambre d'assemblée du Haut-Canada demande au Parlement britannique de lui annexer Vaudreuil et Montréal. Immigration de 51 746 sujets britanniques au Canada.
Au cours de l'année, le choléra aidant, on enregistre 20 000 décès chez les catholiques seulement par rapport à une moyenne annuelle antérieure de 10 000 décès.
(21 mai) Tragédie mortelle ; lors d'une campagne électorale partielle, des partisans francophones attaquent violemment le siège social de la Bank of Montreal-BM brisant les vitres de l'édifice de la place d'Armes ; l'armée anglaise commandée par le colonel Mackintosh est appelée de l'île Sainte-Héléne et ouvre le feu sur les protestataires ; bilan : 3 morts parmi les manifestants, Pierre Billette, François Languedoc et le typographe de La Minerve, Casimir Chauvin, tous les trois partisans de Louis-Joseph Papineau ; Daniel Tracey, rédacteur du Vindicator, et membre du Parti des patriotes fut déclaré élu par 4 voix de majorité.
(8 juin) Arrivée du voilier Carricks à Grosse-Ile ; 59 de ses 133 passagers ont succombé au choléra pendant la traversée.
(9 juin) Premiers cas de choléra à Québec (15 dont 8 morts).
(10 juin) Premiers cas de choléra signalés à Montréal.
1833
Le Conseil législatif rejette 28 des 64 lois adoptées par la Chambre d'assemblée. La British American Land Company achète 847 661 acres de terres dans les Cantons de l'Est.
Immigration de 21 752 sujets britanniques au Canada.
1834
Immigration de 30 935 sujets britanniques au Canada.
Une nouvelle épidémie de choléra fait la moitié autant de morts que celle de 1832.
Le Conseil législatif est constitué de 36 membres dont 22 Anglais et 14 Canadiens dont Antoine-Gaspard Couillard et Jean-Baptiste Juchereau Duchesnay.
Au département de la Justice, 8 juges sont anglais (dont Edward Bowen, James Kerr, James Monk, Jonathan Sewell, James Stuart), et 3 sont canadiens (Philippe Panet, Jean-Roch Rolland et Joseph-Rémi Vallières de Saint-Réal). Les Cours de commissaires comptent 189 juges anglais et 151 juges canadiens.
Sur 286 000 £ de salaire payé aux fonctionnaires, 232 000 £ vont aux Anglais et 54 000 £ aux Canadiens.
Ses promoteurs proposent de nouveau sans succès l'union des deux Canadas.
(22 février) Les Quatre-vingt-douze résolutions rédigées par Augustin-Norbert Morin, puis proposées par Elzéar Bédard à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada sont adoptées par un vote de 56 voix contre 24 et deviennent le programme officiel du Parti patriote-PP; elle se résument à ce slogan «Les Canadiens doivent être maîtres chez-eux, maîtres de leur Parlement, maître de leur politique intérieure, maîtres de leur législation, maîtres de leur administration, maîtres de leurs écoles et maîtres des ressources naturelles du pays acquis par leurs ancêtres ; ces résolutions (une longue série de griefs) portent, entre autres, sur une réforme du système politique; une Chambre d'assemblée loyale au peuple (résolutions 1 à 8) qui possède les mêmes pouvoirs que la Chambre des communes de Londres (résolutions 79 à 83), un gouvernement véritablement responsable devant la Chambre d'assemblée (résolutions 64 à 74), un Conseil législatif électif (résolutions 9 à 40) et l'élimination du favoritisme en faveur des immigrants britanniques dans le processus d'attribution des terres (résolutions 56 à 62). La Chambre d'assemblée décide également de ne plus voter de subsides tant et aussi longtemps que le Parlement britannique n'aura pas accédé à sa demande de changement.
(18 mars) La Chambre d'assemblée refuse de voter la liste civile (les subsides) demandée par le gouverneur ; celui-ci proroge la Chambre et convoque les électeurs à des élections générales à la fin d'octobre.
(24 juin) Fondation de l'Association Saint-Jean-Baptiste par Ludger Duvernay.
(4 septembre) Formation du Comité central du Parti patriote-PP ; des filiales de ce comité sont instituées dans chaque communauté de Canadiens; le Parti patriote-PP adopte comme devise; Dieu, mon pays et sa liberté ! et, comme drapeau; 3 bandes horizontales superposées affichant de haut en bas les couleurs vert, blanc et rouge. Les journaux patriotes sont Le Canadien, La Minerve, Le Vindicator, L'Écho du Pays et The Township Reformer.
(Fin d'octobre) Élection générale au Bas-Canada ; le Parti patriote-PP remporte 77 des 88 sièges de la Chambre d'assemblée.
(16 novembre) Louis Marcoux est assassiné à Sorel au cours de la campagne électorale.
(Décembre) Fondation de la St. Andrew's Society par les Écossais, de la St. George's Society par les Anglais, la St. Patrick Society par les Irlandais et la German Society ; ces sociétés s'associèrent sous le nom de Constitutional Association qui deviendra le Doric Club.
1835-1836
Le Conseil législatif rejette ou amende 49 des 50 lois adoptées par la Chambre d'assemblée.
1835
Immigration de 12 527 sujets britanniques au Canada.
(21 février) Louis-Joseph Papineau est élu président de la Chambre d'assemblée.
(28 février) Le Parti patriote-PP comprend des violents (Wolfred Nelson, Robert Nelson, Olivier Chénier, Thomas Storrow Brown, Ludger Duvernay, Edmund Bailey O'Callaghan, Shore Milnes Bouchette, Huot, Marchessault, Bonaventure Viger, J.-H. Goddu), des jeunes (George Étienne Cartier, Henri Desrivières, Jean-Louis Beaudry, Charles Chamilly de Lorimier, François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier, Pierre-Amable Boucher de Boucherville, Joseph Duquette, Philippe-Napoléon Pacaud) et des modérés (George Vanfelson, Clément-Charles Sabrevois de Bleury, René-Édouard Caron, Hector-Simon Huot et le chef du groupe, Elzéar Bédard) se séparent du groupe principal. Scission dans le Parti patriote-PP; les modérés sont de la région de Québec et ont pour organe Le Canadien dirigé par Étienne Parent.
(23 août) Arrivée du gouverneur Lord Archibald Acheson, comte de Gosford, nommé par le ministre anglais des colonies, lord Glenelg, pour remplacer lord Aylmer ; il est accompagné de deux commissaires, Charles Grey et George Gipps et du secrétaire du comité formé par le gouvernement britannique pour enquêter sur la situation du Canada, Frederick Elliott.
1836
Adoption de la nouvelle loi des écoles de l'Assemblée pour remplacer celle de 1829 qui cessera d'être en vigueur le 1 mai prochain; prévoit l'incorporation des institutions scolaires, établit la taxe scolaire, augmente les octrois aux écoles et fixe les qualifications minimales des enseignants; le Conseil législatif refuse d'entériner la nouvelle loi des écoles. Immigration de 27 728 sujets britanniques au Canada.
(13 février) Louis-Joseph Papineau dépose à la Chambre d'assemblée une partie des instructions secrètes du ministre des Colonies britannique, Glenelg, à Gosford et au comité d'étude du Bas-Canada.
(11 avril) Assemblée des Patriotes dans le comté des Deux-Montagnes.
(23 juin) Assemblée des Patriotes à Saint-Denis ; on y érige un monument en l'honneur de Louis Marcoux assassiné à Sorel au cours de l'élection du 10 novembre 1835.
(3 juillet) Assemblée des Patriotes dans la seigneurie de Yamaska.
(4 juillet) Assemblée des Patriotes à L'Acadie.
(22 septembre) Début de la session de la Chambre d'assemblée.
(30 septembre) La Chambre adopte une adresse de 11 paragraphes qui réitère le maintien des Quatre-vingt-douze résolutions sans rien retrancher à ses réclamations antérieures tout en indiquant qu'elle ne reprendrait ses travaux que lorsqu'elle aura reçu une réponse satisfaisante de la part de Londres.
(3 octobre) L'adresse est officiellement présentée au gouverneur Gosford qui l'interprète comme le refus de sièger de nouveau pendant que subsiste la Constitution de 1791.
(4 octobre) Prorogation de la Chambre d'assemblée par le gouverneur Gosford.
1837
Immigration de 22 500 sujets britanniques au Canada.
(2 mars) Le comité d'enquête dépose son rapport à la Chambre des communes de Londres.
(7 mars) Dépôt des 10 résolutions Russell qui, essentiellement, refusent l'élection des conseillers législatifs, refusent de rendre le Conseil exécutif responsable devant la Chambre d'assemblée, maintiennent la British American Land Company dans ses privilèges et imposent rétroactivement et sans le consentement de la Chambre d'assemblée, les subsides requis pour gouverner.
(7 mai) Assemblée des Patriotes à Saint-Ours ; cette assemblée, tenue sous la présidence de Séraphin Cherrier réunit près de 1 200 personnes et présente le docteur Wolfred Nelson comme principal orateur ; on y adopte des résolutions constituant la Déclaration de Saint-Ours ; cette déclaration se veut l'équivalent de la Déclaration d'indépendance des États-Unis en 1774, et de la Déclaration des droits de l'homme en France en 1789.
(10 mai) Les politiques monétaires américaines engendrent une véritable crise financière dans les deux Canadas.
(15 mai) Assemblée des Patriotes à Saint-Laurent sur l'île de Montréal (700 participants).
(16 mai) À la suite d'une réunion des marchands, hommes de métier et citoyens tenue au marché Sainte-Anne de Montréal, les banques du Bas-Canada ayant convaincu les participants que c'était la seule façon d'éviter d'être placée dans une situation de faillite, ordonnent la suspension de tout paiement en espèces des effets bancaires.
(25 mai) Assemblée des patriotes à Potton.
(28 mai) Assemblée des Patriotes de Québec (800 participants).
(1 juin) Assemblées des Patriotes à Sainte-Scholastique (2 000 participants), à Chambly et à Saint-Hyacinthe.
(15 juin) Le gouverneur Gosford proclame séditieuses des réunions comme celle de Saint-Ours, et ordonne aux magistrats et officiers de milice de les empêcher à l'avenir.
(18 juin) Assemblées des Patriotes à Berthier (4 000 participants), dans la seigneurie de Yamaska (85) et à Lachenaie. (21 juin) Ordre général de milice aux commandants de bataillons de lire la proclamation du 15 juin, à chaque compagnie le 29 juin, puis à la porte des églises le dimanche suivant.
(29 juin) Assemblées des Patriotes dans la seigneurie de Kamouraska (164), à Montréal, à Longueuil et à Sainte-Rose. (4 juillet) Assemblées des Patriotes à L'Acadie et à Stanbridge malgré l'interdiction de Gosford.
(6 juillet) Assemblée des Bureaucrates et des Chouayens à la Place d'arme à Montréal (4 000 participants).
(17 juillet) Assemblée des patriotes à Napierville à laquelle participent Louis-Joseph Papineau, Edmund Burke O'Callaghan et John Storrow Brown malgré l'interdiction de Gosford.
(25 juillet) Mgr Lartigue rappelle aux citoyens qu'ils doivent obéir à l'autorité civile constituée. Assemblée des Patriotes à Trois-Rivières.
(31 juillet) Assemblée des Patriotes à Québec sur l'Esplanade (8 000 participants).
(6 août) Assemblées des Patriotes à Saint-Constant, à Vaudreuil, à Saint-Michel-d'Yamaska et dans la seigneurie de Saint-François-du-Lac (86).
(18 août) Convocation de la Chambre d'assemblée par le gouverneur Gosford ; les députés s'y rendent vêtus d'étoffes du pays pour montrer qu'ils boycottent les produits britanniques et refusent d'adopter les subsides demandés par le gouverneur. (26 août) Le gouverneur Gosford proroge la Chambre d'assemblée parce qu'elle refuse de voter les subsides qu'il requiert; c'est ainsi que prend fin la dernière session de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada-CABC.
(5 septembre) Fondation de la Société des Fils de la liberté.
(22 septembre) Charivari à Saint-Antoine organisé par Siméon Marchessault contre les Chouayens alliés du gouvernement anglais.
(24 septembre) Charivari chez le seigneur Godefroy de Tonnancour.
(25 septembre) Charivari chez Rosalie Cherrier ; une fusillade fait deux blessés et les patriotes détruisent la maison.
(26 septembre) Charivari à Saint-Ours chez le seigneur Debartzch.
(23-24 octobre) Assemblée des Patriotes à Saint-Charles (5 000 à 6 000 participants) ; également appelée l'assemblée des six comtés confédérés puisqu'elle attire des patriotes venus des comtés de Saint-Hyacinthe, Rouville, Richelieu, Chambly, Verchères et L'Acadie ; les représentants de ces comtés se réunissent pour y entendre principalement Louis-Joseph Papineau et le docteur Cyrille-Hector-Octave Côté, et adopter 13 résolutions invitant à la désobéissance civile et à la rébellion ; l'assemblée est présidée par Wolfred Nelson ; il y est également décidé d'exiger que toute personne détenant une commission gouvernementale remette sa démission et de procéder à des charivaris contre ceux qui n'obéiraient pas.
(24 octobre) Mgr Lartigue émet un mandement condamnant la vision sociale et politique des Patriotes et menaçant d'excommunication ceux qui prendraient les armes pour arriver à leurs fins; le curé de chacune des paroisses du diocèse de Montréal sont tenus de lire ce mandement en chaire.
(26 octobre-5 novembre) Charivaris et menaces de charivaris pour obliger entre autres, le docteur Timoléon Quesnel, de L'Acadie, à démissionner comme juge de paix, Dudley Flowers à démissionner comme lieutenant de milice, Louis Bessette, de Saint-Athanase, à démissionner comme capitaine de milice, Nelson Mott, Virgil Titus, et François Marchand de Saint-Jean-l'Évangéliste (Saint-Jean-sur-Richelieu) à démissionner comme juges de paix, et Pierre Gamelin, de Saint-Cyprien, à démissionner comme capitaine de milice.
(5 novembre) Assemblée de patriotes à Saint-Athanase ; Olivier Hébert, de L'Acadie, obtient la démission de Nelson Mott et Virgil Titus, alors que Pierre-Paul Desmarais et Joseph Davignon abolissent le péage sur le pont Jones (entre Saint-Jean et Saint-Athanase) après avoir obtenu les démissions des juges de paix Pierce et François Marchand.
(6 novembre) Échauffourée qui tourne à l'émeute entre les Fils de la Liberté et les membres du Doric Club sur la Place d'armes à Montréal.
(10 novembre) Envoi d'un détachement de cavalerie à Saint-Jean-l'Évangéliste (Saint-Jean-sur-Richelieu) pour protéger le poste de douanes ; encerclés par un groupe de patriotes dirigés par Pierre-Paul Desmarais, Joseph-François Davignon et Patrick McKinnan, des coups de canon sont tirés de part et d'autre, mais aucune victime n'est signalée.
(13 novembre) Informé qu'un mandat d'arrestation allait être émis contre lui, Louis-Joseph Papineau quitte sa résidence de Montréal.
(16 novembre) Émission de mandats d'arrestation pour haute trahison contre Louis-Joseph Papineau, les autres leaders canadiens français et les Fils de la liberté à cause de l'émeute du 6 novembre.
(17 novembre, 3 h) Le constable Malo, parti de Montréal la veille escorté d'un escadron de 18 cavalliers de la Montreal Volunteers Cavalry, arrête Pierre-Paul Desmarais et Joseph-François Davignon à leur domicile de Saint-Jean-l'Évangéliste, pour avoir enfreint l'interdiction d'assemblée proclamée par lord Gosford le 15 juin 1837.
(17 novembre, 9 h) Bonaventure Viger et le docteur Kimber, à la tête de quelques patriotes (Arès dit Sansfaçon, Louis Benoît père, Joseph Bessette, Olivier Bonvouloir, Alexis Bouthillier, Antoine Bouthillier, Pierre Bouthillier, Joseph Brais, Gabriel Brissette, Élie Brossard, Alexis Colin, François Colin, Joseph Daigneau, Pierre Davignon, Charles Deniger, Augustin Dubuc, Pierre Fonrouge, Jacob Gariépy, Joseph Gélinot, Michel Gobin, François Goyette, Alexis Guertin, Isaac Huot, Joseph Jodoin, Henri Mongeau, Louis Mongeau père, Louis Mongeau fils, Patrick Murray, Charles Nolin, Michel Paré, Amable Patenaude, Alexis Patenaude, Alexis Fournier dit Préfontaine, Toussaint Fournier dit Préfontaine, Constant Robert, Alexis Rollin, Dominique-Benjamin Rollin, Eugène Talham, Louis Trudeau, Narcisse Trudeau, Joseph Vincent, Michel Vincent) libèrent les deux prisonniers sur le chemin entre Chambly et Longueuil ; c'est là que se produit le premier véritable engagement de la rébellion de 1837.
(18 novembre) Louis-Joseph Papineau, O'Callaghan, Desrivières, Bonaventure Viger, Charles-Ovide Perrault, George Étienne Cartier, Édouard-Raymond Fabre et autres sont invités à se rendre à la résidence de Wolfred Nelson, à Saint-Denis-sur-Richelieu.
(22 novembre, a.m.) Le colonel Gore s'embarque à Montréal et se dirige vers Sorel avec 5 compagnies d'infanterie, un détachement de cavalerie et un détachement d'artillerie avec mission de déloger les patriotes à Saint-Charles-sur-Richelieu.
(22 novembre, p.m.) Le colonel Wetherhall part de Chambly avec 4 compagnies de grenadiers royaux, une compagnie du 66e Régiment, deux pièces d'artillerie de campagne et un détachement de 12 cavalliers volontaires et se dirige vers Saint-Charles avec la même mission que Gore.
(22 novembre, 22 h) Le colonel Gore quitte Sorel pour Saint-Charles avec son détachement (2 compagnies du 24e, i compagnie du 32e, 2 compagnies du 66e, des artilleurs et une pièce de canon de campagne et 12 cavaliers de la Montreal Volonteers Cavalry.
(23 novembre, pendant la nuit) Les Patriotes de Saint-Denis s'emparent du lieutenant George Weir, vêtu en civil, qui se dirige vers Sorel porteur d'un message qui ordonne au capitaine Crompton de mettre au service de Gore deux compagnies du 66e Régiment de l'armée anglaise.
(23 novembre, 8 h 30) Le lieutenant George Weir est tué par les Patriotes alors qu'il tente de s'échapper ; J.-B. Maillette le frappe avec une épée, puis un certain Lussier l'achève d'un coup de fusil.
(23 novembre, 9 h) Le détachement de Gore arrive à Saint-Denis et y trouve quelques centaines de Patriotes dirigés par Wolfred Nelson ; une centaine d'entre eux sont armés de fusils et les autres de faux, de piques et de bâtons ; Louis-Joseph Papineau quitte Saint-Denis pour Saint-Hyacinthe.
(23 novembre, 9 h 45) Un pointeur de canon anglais est abattu alors qu'il tente de diriger son canon sur les Patriotes ; 2 autres Anglais sont tués en tentant d'amorcer le canon ; le premier coup de canon, enfin tiré, tue 4 Patriotes, puis une charge anglaise tue 2 autres Patriotes et blesse mortellement Charles-Ovide Perrault.
(23 novembre, 15 h 15) Le détachement du colonel Gore bat en retraite et se dirige vers Sorel ; la bataille de Saint-Denis est terminée et gagnée par les patriotes dont 11 d'entre eux sont tués, 7 blessés dont 2 mortellement ; les Anglais comptent une trentaine de morts et plusieurs blessés alors que 10 d'entre eux sont faits prisonniers.
(25 novembre) Les Patriotes de Saint-Denis enterrent leurs morts dans la partie non bénite du cimetière, le curé Demers considérant que ceux qui n'avaient pu se confesser avant de mourir étaient des excommuniés.
(25 novembre, a.m.) Le colonel Wetherall part de Rouville pour Saint-Charles. Les Patriotes de Saint-Charles dirigés par Thomas S. Brown, s'emparent du manoir du seigneur Pierre-Dominique Debartzch.
(25 novembre, p.m.) Le colonel Wetherall est accueilli à Saint-Charles par Thomas S. Brown et Rodolphe Desrivières, à la tête d'environ 200 Patriotes dont une centaine sont armés de fusils et les autres de faux, de piques et de bâtons, et de 2 vieux canons rouillés retranchés dans le manoir ; écrasés par les Anglais qui perdent 3 des leurs, les patriotes dénombrent 32 tués.
(27 novembre) Le colonel Wetherall quitte Saint-Charles et se dirige vers Montréal avec des prisonniers.
(28 novembre) Accusé d'être à la tête d'une compagnie de volontaires chargée d'incendier les maisons des Patriotes, Joseph Armand dit Chartrand est arrêté par un groupe de patriotes dirigé par François Nicolas et comprenant René Garant, Amable Daunais, Joseph Pinsonnault et Gédéon Pinsonnault ; François Nicolas trouve Chartrand coupable et ordonne son exécution sur le champ ; Joseph Pinsonnault tue Chartrand.
(Fin de novembre) Arrestation de Robert Nelson.
(1 décembre) Offre de récompenses à qui permettra l'arrestation de Cyrille-Hector-Octave Côté, Pierre-Paul Demaray, Joseph-François Davignon et Julien Gagnon. Louis-Joseph Papineau et O'Callaghan arrivent à Swanton (New York).
(2 décembre) De retour à Saint-Denis-sur-Richelieu, le colonel Gore ordonne la mise à feu du village après avoir trouvé le corps du lieutenant George Weir.
(3 décembre) Le colonel Gore à la tête d'une troupe de 1 100 soldats entrent dans Saint-Denis, pillent toutes les maisons, saccage l'église et incendie une cinquantaine de bâtiments.
(5 décembre) Proclamation de la loi martiale au Bas-Canada ; Colborne est chargé de sa mise en application. Voulant créer une diversion qui diviserait l'armée de Colborne, un groupe de Patriotes et des agriculteurs recrutés de gré ou de force à L'Acadie, Saint-Valentin, Saint-Luc et Saint-Jean-sur-Richelieu, se réunit à la ferme de Julien Gagnon à la Pointe-à-la-Mule au bord de la rivière Richelieu. Le groupe se met en marche à 20 h vers Swanton (USA) en passant par Phillipsburg, réquisitionne armes et munitions sur son passage et oblige d'autres agriculteurs à le joindre sous peine d'incendie de leurs fermes; on avertit les habitants de Phillipsburg qu'il y aura de la casse au retour des États-Unis.
(6 décembre) Escarmouche de Moore's Corner.
(6 décembre, vers midi) Les Patriotes arrivent à Swanton (USA) ; ils y prennent des armes achetées des Américains et grossissent leurs rangs de réfugiés canadiens qui les attendaient. Pendant ce temps, les habitants de Phillipsburg se préparent au pire, l'armée anglaise envoie un détachement de 200 soldats et un chargement d'armes pour équiper les Volontaires ; on barricade l'église méthodiste ainsi transformée en forteresse.
(6 décembre, vers 15 h) Quatre-vingt Patriotes partent vers Moore's Corner sous la direction du docteur Édouard-Élisée Malhiot assisté des officiers Robert Shore Milnes Bouchette, Julien Gagnon, Pierre Paradis, Jacob Bouchard, Ludger Duvernay, Édouard-Étienne Rodier, J.-Guillaume Beaudriau et Théodore Béchard. Informé de la direction que prennent les Patriotes, le capitaine O. J. Kemp installe 300 Volontaires sur une hauteur près de la croisée des chemins de Phillipsburg-Freligsburg et Swanton-Bedford.
(6 décembre, vers 21 h) Un Volontaire tire le premier coup de fusil et la bataille éclate ; écrasé par le nombre, les Patriotes sont mis en déroute après 15 minutes de combat ; Julien Gagnon, Édouard-Étienne Rodier et le docteur Édouard-Élisée Malhiot sont blessés, mais parviennent à traverser la frontière des États-Unis, Robert Shore Milnes Bouchette y est blessé au talon et fait prisonnier de même que cinq de ses compagnons ; l'un des Patriotes, Hubert Patenaude, est tué dans la maison de Hiram Moore au cours de l'escarmouche.
(7 décembre) Arrestation à Hemingford de Robert McMahon, Joseph Gervais, Olivier Gloutné, Smith Sheldon et Pierre-Rémi Narbonne.
(12 décembre) Le général Colborne offre 4 000 £ pour l'arrestation de Louis-Joseph Papineau, 400 £ pour celle de Demaray, Davignon, Amyot, Franchère, Gauvin, Gauthier et Desrivières. Wolfred Nelson est appréhendé dans le canton de Stukely.
(13 décembre) Environ 150 Mohawks de Kahnawake se mobilise rapidement à la demande de l'armée britannique qui craint que les Patriotes attaquent Lachine.
(14 décembre) Bataille de Saint-Eustache ; oppose le gouverneur Colborne ses 2 000 fusiliers, 120 cavaliers, 9 pièces d'artillerie et les 80 volontaires dirigés par le capitaine Maximilien Globensky, à 600 patriotes dirigés par Amury Girod et Jean-Olivier Chénier ; écrasés par les Anglais, environ 70 Patriotes sont tués, une centaine sont blessés et faits prisonniers alors qu'une soixantaine de bâtiments sont détruits, y compris l'église paroissiale.
(19 décembre) Ordre est donné par le gouverneur d'arrêter tous les Patriotes ; plus de 1 000 personnes sont arrêtées en vertu de cet ordre.
(21 décembre) Arrestation de François Ranger, Louis-Mars Decoigne, François Surprenant et Jean-Baptiste Tremblay pour le charivari du 26 octobre chez Timoléon Quesnel.
1838
Immigration de 4 992 sujets britanniques au Canada.
(5 janvier) Le président des USA proclame la neutralité de son pays en rapport avec la situation au Canada ; il menace de poursuite quiconque compromettrait cette neutralité.
(15 janvier) Le gouverneur Gosford cède ses pouvoirs à Colborne qui devient administrateur des Canadas.
(10 février) Le Parlement britannique décide de suspendre l'Acte constitutionnel de 1791 jusqu'au 1 novembre 1840.
(28 février) Robert Nelson veut envahir le Bas-Canada à partir des USA à la tête de 600 à 700 Frères Chasseurs, mais les Américains, craignant la menace de leur président, s'abstiennent ; seuls des réfugiés canadiens franchissent la frontière et se rendent dans les environs de Caldwel's Manor (Noyan) pour y entendre Robert Nelson proclamer l'indépendance de la république du Bas-Canada. Informés que des Volontaires venaient dans leur direction, ils doivent retourner aux USA, leurs armes ayant été confisquées par les douaniers américains lors de leur entrée au Canada. En rentrant aux USA, Robert Nelson et Cyrille-Hector-Octave Côté sont arrêtés et accusés de violation de neutralité ; les deux sont libérés quelques jours plus tard.
(Mars) Fondation de l'association des Frères Chasseurs par Robert Nelson et quelques notables canadiens.
(27 mars) Le gouverneur Colborne proclame la suspension de la constitution du Bas-Canada et nomme le Conseil spécial chargé d'administrer les affaires courantes.
(30 mars) Le gouvernement britannique charge lord Durham d'enquêter sur les incidents et leurs causes et de lui faire rapport dans les meilleurs délais.
(29 mai) Arrivée de lord Durham au Canada.
(30 mai) Lord Durham suspend le Conseil spécial de Colborne.
(28 juin) À la suite de consultations, une ordonnance de Lord Durham reconstitue le Conseil spécial, condamne à l'exil aux Bermudes Robert Shore Milnes Bouchette, Rodolphe Trottier Desrivières, H.-A. Gauvin, J.-H. Goddu, Siméon Marchesseault, Luc-Hyacinthe Masson, Wolfred Nelson et Bonaventure Viger, interdit de séjour sous peine de mort, les fugitifs Thomas Storrow Brown, George Étienne Cartier, l'abbé Étienne Chartier, Cyrille-Hector-Octave Côté, Joseph-François Davignon, Pierre-Paul Demaray, Ludger Duvernay, Julien Gagnon, Louis Gauthier, Edmund Burke O'Callaghan, Louis-Joseph Papineau, Louis Perrault, Édouard-Étienne Rodier, John Ryan père, et John Ryan fils ; la même ordonnance accorde une amnistie complète à tous les autres détenus et fugitifs à la seule condition de fournir des cautions.
(31 août) François Nicolas, Jean Beaulieu, Amable Daunais, René Garant, Gédéon Pinsonnault et Joseph Pinsonnault sont inculpés du meurtre de Joseph Armand dit Chartrand commis le 27 novembre 1837.
(Septembre) L'ordonnance de lord Durham du 28 juin est désavouée par le gouvernement britannique qui annule ainsi la déportation aux Bermudes, l'interdiction de rentrer au Canada sous peine de mort, et l'amnistie octroyée aux autres Patriotes.
(7 septembre) Un jury francophone, considérant que sa mort résulte d'un acte de guerre, acquitte les accusés du meurtre de Joseph Armand dit Chartrand commis le 27 novembre 1837.
(26 septembre) Après avoir dit au curé Noël-Laurent Amiot de la paroisse de Saint-Cyprien que les Frères Chasseurs se réunissaient à Napierville et qu'ils préparaient l'invasion du Bas-Canada, Michel Moisan explique la procédure du serment d'allégeance aux Frères Chasseurs, la peine imposée à ceux qui trahiraient le secret et les signes pour se reconnaître entre eux, il révèle également que des armes en provenance des États-Unis sont déjà ou seront bientôt cachées dans certaines fermes en vue de l'offensive qui devrait avoir lieu le 1 octobre 1838 dans le Haut-Canada et entre le 8 et le 15 octobre 1838, dans le Bas-Canada. Le même jour, le curé Amyot communique cette information à son évêque, Mgr Lartigue; ce dernier informe le général Colborne le 27 septembre 1838 ; Colborne a donc amplement le temps de prendre les dispositions nécessaires pour contrer l'action des Frères Chasseurs. On sait maintenant que la date fixée pour l'attaque a été repoussée aux 3 et 4 novembre 1838 dans le Bas-Canada.
(3 novembre) Lord Durham s'embarque pour l'Angleterre. Les Frères Chasseurs de Saint-Constant dirigés par Joseph Robert tuent un certain Aaron Walker, un Volontaire loyaliste. Plusieurs rassemblements ont lieu aux endroits où l'on avait présumément entreposé des armes, mais les armes ne s'y trouvant pas, les hommes se dispersent et retournent chacun chez-soi.
(4 novembre) 75 Frères chasseurs dont Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquette sont arrêtés par les Mohawks de Kahnawake où ils cherchent des armes ; les Mohawks les remettent aux autorités anglaises. Joseph Dumouchel et Jean-Baptiste-Henri Brien mènent l'attaque à Beauharnois ; ils capturent le seigneur Edward Ellice et sa famille ; dirigés par François-Xavier Prieur, un autre groupe rend le vapeur Henry Brougham inutilisable pour le transport de troupes. Robert Nelson arrive à Napierville avec deux officiers français, dont Charles Hindelang, qu'il avait engagé aux États-Unis ; les Patriotes qui s'y étaient réunis en vue d'un grand assaut sur Saint-Jean s'attendaient pourtant à le voir arriver avec un grand nombre d'Américains. Robert Nelson proclame de nouveau la république du Bas-Canada. Denis-Benjamin Viger est incarcéré.
(6 et 7 novembre) Bataille de Lacolle ; oppose le colonel Oklowski et 170 Patriotes au capitaine Scriver et 400 volontaires loyalistes; vainqueurs de l'escarmouche du 6 novembre, les Patriotes perdent celle du lendemain et dénombrent 9 tués.
(7 novembre) Chevalier de Lorimier et François-Xavier Prieur à la tête d'environ 200 Frères Chasseurs de Beauharnois se rendent à Sainte-Martine rejoindre 300 autres Patriotes dirigés par le docteur Perrigo ; un détachement de quelques centaines de Volontaires et de soldats de l'armée régulière attaque le camp Baker ; bilan ; 2 morts et plusieurs blessés parmi les attaquants.
(9 novembre) Bataille de Odelltown; la dernière bataille de l'insurrection; 500 à 600 Patriotes conduits par Robert Nelson, Médard Hébert et Charles Hindelang s'opposent à 1 000 Volontaires loyalistes dirigés par Lewis Odell et Charles McAllister; 200 hommes de troupe de l'armée régulière prêtent main-forte aux Volontaires. Défaits, les Patriotes dénombrent une douzaine de tués et une quinzaine de blessés. Les vainqueurs perdent 8 des leurs et comptent 15 hommes blessés gravement. Repliés à Napierville, les Patriotes apprennent que Colborne se dirige vers eux avec 2 000 hommes de troupe
(9 novembre, vers 20 h) Craignant que leurs troupes les livrent à Colborne, les officiers généraux des Patriotes quittent secrètement Napierville vers 20 h.
(10 novembre) Ne trouvant pas leurs chefs, les Patriotes réunis à Napierville se dispersent. Édouard-Élisée Malhiot qui avait réuni près de 1 000 Frères Chasseurs à Saint-Bruno-de-Montarville décide de ne pas attaquer Sorel comme il devait le faire selon le plan d'invasion ; il ordonne la dispersion de ses hommes lorsqu'il apprend celle des autres groupes. Vainqueurs, les Volontaires loyalistes incendient les maisons et les bâtiments de ferme de ceux qu'ils soupçonnent d'être des Frères Chasseurs à L'Acadie, Saint-Athanase, Saint-Édouard, Lacolle, Saint-Valentin et Napierville.
(27 novembre) Colborne forme une Cour martiale pour juger les personnes accusées de participation à l'insurrection; les accusés n'ont pas droit aux services d'avocat devant cette cour qui doit prononcer la culpabilité ou l'acquittement ; la sentence du coupable est automatiquement la pendaison que le gouverneur peut exécuter ou commuer selon son bon vouloir ; à la suite de protestations, deux avocats anglophones, Louis Thomas Drummond et Charles Hart, sont assignés d'office à la défense des accusés.
(28 novembre) Début des audiences de la Cour martiale.
(21 décembre) Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquette sont pendus à la prison du Pied-du-Courant à Montréal.
1839
(Milieu de janvier) 882 Patriotes ont été faits prisonniers depuis la Bataille de Odelltown, le 9 novembre 1838.
(18 janvier) Pierre-Théophile Decoigne, François-Xavier Hamelin, Joseph-Jacques Robert, Ambroise Sanguinet et Charles Sanguinet sont pendus à la prison du Pied-du-Courant de Montréal ; les cadavres des pendus sont inhumés dans la partie du cimetière Saint-Antoine réservée aux excommuniés (square Dominion, près du monument à John A. Macdonald).
(15 février) Amable Daunais, François-M.-T. Chevalier de Lorimier, Charles Hindelang, Pierre-Rémi Narbonne et François Nicolas sont pendus à la prison du Pied-du-Courant de Montréal; les cadavres des pendus, à l'exception de celui de Lorimier, sont inhumés dans la partie du cimetière Saint-Antoine réservée aux excommuniés (square Dominion, près du monument à John A. Macdonald) ; Lorimier est inhumé dans un autre endroit du même cimetière propriété d'un de ses amis.
(1 mai) Fin des audiences de la Cour martiale mise en place par Colborne.
(Juin) Publication du rapport de Lord Durham dans le journal The Times de Londres.
(Juin-décembre) Construction d'un important établissement militaire à Saint-Jean-sur-Richelieu afin de contrer toute tentative révolutionnaire ; cet établissement comporte un hôpital de 90 lits et des casernes pouvant abriter 30 officiers, 12 sergents et 800 hommes de troupe.
(28 septembre) Le navire Buffalo quitte Québec avec à son bord 58 Patriotes canadiens-français du Bas-Canada condamnés à être exilés en Australie ; 83 Patriotes et 3 prisonniers de droit commun du Haut-Canada subissent le même sort. (Novembre) Le nouveau gouverneur du Bas-Canada, Charles Edward Poulett Thompson, lord Sydenham, convoque le Conseil spécial du Bas-Canada qui approuve le projet d'union du Haut-Canada et du Bas-Canada proposé par lord Durham. Voir Canada. Constitution.
1840
(10 février) Le parlement du Haut-Canada (Conseil législatif et Chambre d'assemblée), convaincu par Sydenham que l'union des deux Canadas est la solution à ses problèmes financiers approuve le projet d'union proposé par lord Durham.
(25 février) Le navire Buffalo transportant les Patriotes exilés en Australie arrive à Sydney ; les exilés du Haut-Canada sont débarqués ce jour-là.
(11 mars) Les 58 exilés du Bas-Canada débarquent à leur tour du navire Buffalo, à Sydney. (23 juillet) La reine Victoria d'Angleterre sanctionne l'Acte d'Union qui unit le Haut-Canada et le Bas-Canada en une seule province appelée Canada ou Canada-Uni.
1844
(Mai) La reine Victoria accorde le pardon royal aux condamnés pour leur participation aux insurrections de 1837 et de 1838.
1845
(Janvier) Retour au pays de 38 des 58 exilés en Australie.
1846
(18 avril) Une commission du Parlement du Canada-Uni recommande d'indemniser les habitants du Bas-Canada pour les dommages causés par les insurgés ou par les troupes gouvernementales pendant et après les insurrections de 1837 et 1838.
1849
(18 janvier) Lord Elgin, le gouverneur général du Canada-Uni accorde l'amistie générale aux participants aux insurrections de 1837 et de 1838.
(25 avril) Incendie du Parlement du Canada-Uni logé à l'étage du Marché Sainte-Anne à Montréal ; les anglophones tories protestent ainsi contre la Loi d'indemnisation qui accordait des dédommagements à tous ceux qui avaient subi des dommages au cours des insurrections de 1837 et de 1838 y compris les Canadiens français sauf ceux qui avaient pris une part active à ces insurrections.
1854
(18 décembre) Abolition du régime seigneurial.
1858
L'Institut canadien érige un monument en l'honneur des Patriotes au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
1884
Parution de Les Patriotes de Laurent-Olivier David.
1887
Lors du 50e anniversaire des événements, Louis Fréchette consacre plusieurs poèmes à la mémoire des Patriotes dans La Légende d'un peuple.
1937
Lors du centenaire des événements, Gérard Filteau publie Histoire des Patriotes.
Début des années 1960 Les adeptes de l'histoire des Patriotes, puis les mouvements nationalistes et indépendantistes dont le Rassemblement pour l'indépendance nationale-RIN commencent à commémorer annuellement les Patriotes le dimanche précédant le 23 novembre.
1982
Le Gouvernement du Québec dirigé par René Lévesque reconnaît par décret la légitimité de la Journée des Patriotes sans toutefois en faire une journée fériée.
1987
Sous l'impulsion du Club souverain de l'Estrie, une pétition est lancée pour que soit instituée une Journée nationale des patriotes ; 1 116 000 personnes signent cette pétition.
(2 avril) Lors du 150e anniversaire de l'insurrection, les Patriotes tués sont l'objet d'une réhabilitation religieuse de la part de l'Assemblée des évêques du Québec qui permet , entre autres, le transfert des restes du docteur J.-Olivier Chénier dans le cimetière catholique de Saint-Eustache.
2002
(20 novembre) Le Gouvernement du Québec dirigé par Bernard Landry proclame par décret que le premier lundi précédant le 25 mai soit désigné Journée nationale des Patriotes. Au Québec, le 24 mai était jusque-là la fête de Dollard-des-Ormeaux.

Patriotes tués à la bataille de Saint-Denis (23 novembre 1837)

Bourgeois, Lévy
Boutillier, Honoré (aussi appelé Bouteillet)
Dudevoir, Joseph
Dufaux, François
Durocher, Benjamin
Lamoureux, François
Lusignan dit Amiel, Antoine
Mandeville dit Romain, André
Minet, Pierre
Patenaude, Jean-Baptiste
Perrault, Charles-Ovide
Phaneuf, Eusèbe
Saint-Germain, Charles

Patriotes tués à la bataille de Saint-Charles (25 novembre 1837)

Une trentaine de Patriotes dont

Barbeau, Théophile
Bellefleur, Abraham-Henri
Boulay, Joseph
Casavant, Luc
Chaume, Henri
Catudal dit Saint-Jean, Louis
Comeau, Joseph
Émery-Codaire, Pierre
Fénix ou Phénix, Joseph
Fénix ou Phénix, Louis
Fontaine, Isaïe
Goddue, Joseph
Gosselin, Gabriel
Guertin, Étienne
Hamiel, Gabriel
Hébert, Amable
Hébert, Jean-Baptiste
Janotte dit Lachapelle, Marc
Lambert, Pierre
Lemoyne, Moyse
Lescaut, Olivier
Lévesque, André
Lévesque, Louis
Loisel, Toussaint
Mingo, François
Pariseau, Moïse
Pariseau, Xavier
Provost, ?
Saint-Jean, Louis
Vandandaigue dit Gadbois, Prudent

Patriotes tués à la bataille de Saint-Eustache (14 décembre 1837)

Biroleau dit Lafleur, Eustache
Bonnet, Joseph
Bourque, Henri
Bouvret, Henri
Campeau, Jean-Baptiste
Chénier, Jean-Olivier
Deslauriers, Joseph
Doré, Auguste
Doré, Jean
Doré, Séraphin
Dubé, François
Dubeau, Pierre
Filion, Nazaire
Forget, Charles
Forget, Étienne
Forget, Jean-Baptiste
Gatien, Pierre
Gauthier dit Larouche, Joseph
Guitard, Joseph
Hémond, Eustache
Lachance, Alexis
Laforest, François
Laforest, Janvier
Lanthier, Eustache
Larouche, Joseph
Lauzé, Jean-Baptiste
Lauzon, Amable
Lebrun dit Laforest, Janvier
Lebrun, Jean-Baptiste
Leduc, Joseph-Jean
Lefebvre, Luc
Maisonneuve, Paul
Marineau
Meloche, France
Monette, Auguste
Morin, Jean
Paquet, Joseph
Plante, François
Raymond dit Labrosse, Eustache
Rhéaume, Charlette
Robert dit Fache, Louis
Roussel, Siméon
Toupin, Jean-Baptiste
Vermette dit Courville, Louis
Vézina, François

Patriotes tués à la bataille de Lacolle (6 et 7 novembre 1838)

Blain, Jacques
Grégoire, Narcisse
Létourneau, Joseph
Mongeau, Joseph
Morin, Joseph
Pilotte, Jean
Poirier, Toussaint
Roy, François
Vézina, Pierre

Patriotes tués à la bataille de Odelltown (9 novembre 1838)

Une douzaine de Patriotes dont

Beloin dit Fortier, François-Xavier
Boyer, Constant
Cusson, Joseph
Granger, Jean-Baptiste
Joubert, Pierre
Lanctôt, Jean-Baptiste
Mailloux, Pierre
Ménard, Joseph
Robert, Albert

Patriotes exilés aux Bermudes par le gouverneur Durham en 1838

Bouchette, Robert Shore Milnes
DesRivières, Rodolphe.
Gauvin, Henri-Alphonse
Goddu, Toussaint-Hubert
Marchesseault, Siméon
Masson, Luc-Hyacinthe
Nelson, Wolfred
Viger, Bonaventure

Patriotes interdits de séjour par le gouverneur Durham en 1838

Brown, Thomas Storrow
Cartier, George-Étienne
Chartier, Étienne
Côté, Cyrille-Hector-Octave
D' Avignon, Joseph-François
Demaray, Pierre-Paul
Duvernay, Ludger
Gauthier, Louis
O'Callaghan, Edmund Burke
Papineau, Louis-Joseph
Perreault, Louis
Rodier, Édouard-Étienne
Ryan, John, père

Ryan John, fils




Patriotes exilés en Australie en 1839

Alary, Michel
Béchard, Théodore
Beaucaire, François Bigonesse dit
Bisson, Constant
Bouc, Charles-Guillaume
Bourbonnais, Désiré
Bourdon, Louis
Bousquet, Jean-Baptiste
Buisson, Constant
Chèvrefils, Ignace-Gabriel
Coupal dit La Reine, Antoine
Défaillette, Louis
Ducharme, Léandre
Dumouchel, Joseph
Dumouchel, Louis
Gagnon, David
Goyette, Jacques
Goyette, Joseph
Guérin-Dussault, Louis
Guertin, François
Guimond, Joseph
Hébert, Jean-Jacques
Hébert, Joseph-David
Huot, Charles
Julien, Louis
Laberge, Jean
Lanctôt, Hippolyte
Langevin, Charles Bergevin dit
Langlois, Étienne
Languedoc, Étienne
Lapensée, Charles Roy dit
Lapensée, Joseph Roy dit
Lavoie, Pierre-Maurice
Leblanc, David Drossin
Leblanc, Hubert Drossin
Lepailleur, François-Xavier
Longtin, Jacques
Longtin, Moïse
Marceau, Jacques
Morin, Achille-Cabriel
Morin, Pierre-Hector
Mott, Benjamin
Newcombe, Samuel
Papineau, André-Montigny
Paré, Joseph
Pinsonnault, Louis
Pinsonnault, Pascal
Pinsonnault, René
Prévost, François-Xavier
Prieur, François-Xavier
Robert, Théophile
Rochon, Édouard-Pascal
Rochon, Jérémie
Rochon, Toussaint
Roy, Basile
Thibert, Jean-Louis
Thibert, Jean-Marie
Touchette, François-Xavier
Trudelle, Jean-Baptiste
Turcot, Louis

Patriotes condamnés à mort et exécutés au Pied-du-Courant

Cardinal, Joseph-Narcisse 21 décembre 1838
Duquette, Joseph21 décembre 1838
Decoigne, Pierre-Théophile18 janvier 1839
Hamelin, François-Xavier18 janvier 1839
Robert, Joseph-Jacques18 janvier 1839
Sanguinet, Ambroise 18 janvier 1839
Sanguinet, Charles 18 janvier 1839
Daunais, Amable 15 février 1839
Lorimier, François-M.-T. Chevalier de 15 février 1839
Hindelang, Charles15 février 1839
Narbonne, Pierre-Rémi15 février 1839
Nicolas, François15 février 1839




Patriotes d'origine anglophone arrêtés au cours de l'insurrection de 1837 dans le Haut-Canada

Allan, William
Anderson, John
Ashley, Alexander
Barclay, A. E.
Bates, John Henry
Brady, A. Charles
Blyth, William
Bone, Charles
Brady, Michael
Brown, Dr Leonard
Campbell, Marc
Catman, George
Culver, Heron R.
Dalton, Moses
Dalton, Thomas
Dalton, William
Dewitt, Charles
Dillon, George
Dillon, Richard
Donegani, John
Dwyer, Michael
Enoch, Jacques
Feenan, Hugh
Flanaghan, Patrick
Forbes, Daniel
Fullum, John
Haskin, L.J.
Hays, Patrick
Hindelang, Charles
Hensley, Joseph
Hull, Henry L.
Johnson, James
McDonald, John
McMahon, Robert
Miller, Freeman
Morrisson, Donald George
Mott, Benjamen
Murphy, J.
Murray, Patrick
Negus, Isaac
Nelson, Wolfred
Newcomb, Dr Samuel
Newcomb, Henry
O'Callighan
Parker, Clancy
Patridge, Abraham W.
Pen, Benjamin F.
Perrigo, James
Putman, George
Reeves, Stephen
Reid, Francis
Reid, Peter
Rober
Scott, Neil
Scott, William H.
Smith, Joseph
Smith, J.S. Ney
Smith, Nathan
Squires, John
Sutherland, Thomas J.
Terrill, John
Thayer
Wadley, Taylor Captain
Ward, Hugh
Watts, James
Webster, John H.
Whitlock, William
Willing, John
Wolfred, Daniel

  • Bibliographie -


La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache (histoire, Charles-Auguste-Maximilien Globensky, 1883).
Les Patriotes de 1837-1838 (histoire, Laurent-Olivier David, Jacques Frenette éditeur, 1884 ; réédité en 1937 et en 2000).
The Birth of Canadian Democracy (Stanley B. Ryerson, 1937).
Commercial Empire of the Saint Lawrence (Donald C. Creighton, Published by McMillan, Toronto, 1956).
Histoire des Patriotes (Gérard Filteau, 1938, réédité par Les Éditions de l'Aurore, Montréal 1975).
Les rébellions de 1837-1838. Les patriotes du Bas-Canada dans la mémoire collective et chez les historiens (Histoire, Jean-Paul Bernard, Boréal Express, 1983).
La Guerre des Patriotes le long du Richelieu (Réal Fortin, Éditions Mille Roches inc., 1988).
Dictionnaire des parlementaires du Québec 1792-1992 (direction de Suzanne Allaire et Dominique Johnson, Les Presses de l'Université Laval à Québec, 1993)
Patriotes et loyaux - Leadership régional et mobilisation politique (histoire, Gilles Laporte, Septentrion, 2004).
La Colère et le chagrin d'un curé patriote (essai, Gilles Boileau, Septentrion, 2010).
Les Rébellions canadiennes de 1837 et 1838 vues de Paris (essai, Aurélio Ayala et Françoise Le Jeune, Presses de l'Université Laval, 2011)

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