Québec (province). Meurtres et homicides - 1608-1979

Un article de la Mémoire du Québec (2012).

  • Voir également Guerres des gangs.


  • Éphémérides -


1608
Jean Duval, serrurier venu de France en Acadie en 1606 est condamné en 1608 pour avoir comploté avec 3 autres personnes de tuer Samuel de Champlain afin de livrer Québec aux Basques et aux Espagnols. Il «fut pendu & estranglé audit Quebecq, & sa teste mise au bout d'vne pique pour estre plantée au lieu le plus eminent de nostre fort & les autres trois renuoyés en France» ; il est la premiére personne pendue par les Européens en Nouvelle-France.

1608-1760
Sous le régime français, 118 personnes ont été exécutées en Nouvelle-France.

1663
En juin 1663, le notaire Jacques Gourdeau de Beaulieu et son valet sont assassinés dans le manoir seigneurial de l'île d'Orléans par un autre valet, Nicolas Duval, qui sera condamné à avoir les mains coupées et à être pendu, puis brûlé sur la place publique le 8 juin 1663.

1666
(Août) Le chef mohawk Agariata, est pendu à Québec pour le meurtre d'un certain Chasyet incendie criminel

1668
Des Français assassinent 6 Onneyouts pour leur voler leurs pelleteries ; le gouverneur de Courcelle arrêtent trois de ces Français et les fait fusiller devant les Iroquois réunis à Montréal.

1669 Simon Galbrun est assassiné le 20 mai 1669 à Ville-Marie (Montréal) ; son épouse reconnue coupable de complicité de meurtre est pendue.

1671
Le 17 novembre 1671, Françoise Duverger (ou Duberger) est pendue à Québec pour complicité du meurtre de son premier mari, Simon Galbrun, et pour avoir tué son enfant né le lendemain de son second mariage, le 29 juin 1671 ; le Conseil souverain la trouva «duement atteinte et convaincue d'avoir celé sa grossesse, de s'estre faict soigner trois fois en divers temps et médicamenter pour faire perdre son fruict, et finalement d'avoir accouchée, tué son enfant et iceluy enterré à l'instant».

1672
(9 juin) Trouvés coupables de l'assassinat par empoisonnement de Julien Latouche, leur gendre, Jacques Bertault et Gillette Banne, sa femme, sont pendus à la prison de Trois-Rivières.

1684
(14 mai) Marie Quequejeu est exécutée par ordre de justice en même temps que son gendre coureur des bois Pierre Doré ou Doret.

1686
(Avril) le soldat Jacques Pourpoint est pendu pour viol et désertion.

1690
(27 mai) Jean Haudecoeur subit le supplice de la roue pour le meurtre du marchand François Poignet dit Beauregard dans la maison de ce dernier à Montréal.

1702
(Octobre) Le soldat Pierre Viau dit Larose est pendu à Montréal pour le meurtre d'un fermier appelé Lachaume.

1705 (26 novembre)
Le tambour Pierre Berge dit Latulipe est pendu à Montréal pour agression sur Suzanne Capelle.

1734
21 juin) Marie-Joseph Angélique est pendue pour l'incendie criminel d'une partie de la ville de Montréal.

1746
Le 1er mars 1746, le notaire Hyacinthe-Olivier Pressé de Trois-Rivières se rend au chenal du Moine à Sainte-Anne-de-Sorel pour régler une mésentente entre Louis Lavallée et Pierre Plante dans la seigneurie de Saurel (81). Une fois le cas réglé, le groupe s'arrête à l'auberge tenue par Jean Leroux dit Provençal et y rencontre l'huissier Pierre-François Rigault qui avait aussi affaire à Sorel. Après quelques verres, Pressé se fâche et accuse Rigault de lui avoir caché son chapeau. Ils sont alors invités par Lavallée à manger chez-lui. Pour retourner à Yamaska où il logeait, Rigault refuse de prendre Pressé dans sa carriole. Ce dernier demande à Joseph Hus dit Millet de le conduire à Yamaska ; alors que les deux voitures passent devant la maison de Pierre Deguire dit Desrosiers, Rigault insulte Pressé. Ce dernier saute de voiture et s'avance le sabre à la main. Il glisse et perd l'équilibre en tentant de frapper Rigault qui pare le sabre avec la main ; Déviée, la lame pénètre dans le ventre du conducteur Joseph Hus dit Millet. On ramène celui-ci à la maison de son père, Marc-Antoine Hus où il décède de sa blessure quelques heures plus tard  ; le notaire Olivier-Hyacinthe Pressé et l'huissier Pierre-François Rigault sont accusés du meurtre de Joseph Hus ; les ayant trouvés coupables, le Procureur du roi à Trois-Rivières condamne le notaire Pressé à l'étranglement et à la pendaison pour meurtre alors que Pierre-François Rigault est condamné au bannissement de la colonie pour complicité de meurtre ; le procès ayant été révisé, Pressé est condamné aux galères à perpétuité et à la confiscation de tous ses biens et Rigault est absout ; après révision par le Conseil supérieur, il s'avère que le décès de Hus dit Millet résultait d'une bagarre entre Pressé et Rigault et que l'épée de Pressé avait tué accidentellement Hus qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment ; le Conseil supérieur annule les sentences imposées par le Procureur de Trois-Rivières. (source : La Dynastie des Hus , par Roland Plante, membre de la Société historique Pierre de Saurel, 2002 et Dictionnaire biographique du Canada, volume III à l'entrée Pressé, Hyacinthe-Olivier)



1752

(6 juin)
Jean-Baptiste Goyer dit Bélisle est supplicié à Montréal pour le meurtre d'un couple et le vol de certains de leur bien.
(14 octobre) Pierre Reverd est exécuté par pendaison sur la place publique de la Basse-Ville de Québec pour fabrication de fausse monnaie.

1761
(Nuit du 7 au 8 mars) Dans la nuit du 7 au 8 mars 1761, un dénommé Paul, homme engagé de la famille Bélanger du rang Saint-Elzéar de l'île Jésus, tue Charles Bélanger, 39 ans, sa femme, Angélique, 34 ans, leurs fils, Charles, 11 ans, et une cousine, Charlotte Bélanger, 11 ans ; le carnage est découvert le matin par des voisins ; Charles Bélanger qui n'était pas encore mort dénonce Paul qui est bientôt retrouvé caché dans le bois environnant ; il est conduit à Ville-Marie où il est jugé et pendu ; son cadavre est encagé et exposé aux vents durant un an en face de la maison du crime.

1763
Le 27 janvier 1763, Marie-Josephte Corriveau assassine son mari, Louis Dodier dans la seigneurie de Saint-Vallier (146b) ; reconnue coupable le 15 avril suivant, elle est pendue le 18 avril ; son cadavre mis dans une cage de fer est exposé aux vents au carrefour des chemins de Lauzon et de Bienville jusqu'au 25 mai 1763.

1797
Le 21 juillet 1797, David McLane, un homme d'affaires de Providence (Rhode Island), est pendu à Québec après avoir été reconnu coupable de trahison par un jury composé de 12 Anglais et présidé par le juge William Osgoode ; il aurait fomenté la révolution chez les Canadiens français ; pour donner un exemple au peuple, le «corps du supplicié fut descendu au pied de l'échafaud ; le bourreau en trancha la tête, la prit par les cheveux et la montrant au peuple, cria : «Voilà la tête d'un traître !» Il ouvrit ensuite le cadavre, en arracha les entrailles, les brûla, et fit des incisions aux quatre membres, sans les séparer du tronc».

1825
(24 septembre) François Noël est pendu à la prison de Trois-Rivières pour meurtre.

1826
(10 novembre) John Hart est pendu à Québec.

1829
Le 30 septembre 1829, François Malouin est pendu à Québec pour meurtre.
Le 31 octobre 1829, J.-M. Desjardins est pendu à Québec pour vol par effraction.

1832
Le 25 décembre 1832, Joseph Veau dit Jeanveau, un manoeuvre est sauvagement battu par Charles Gagnon qui tient taverne à L'Abord-à-Plouffe (Laval) sans permis sur la glace de la rivière des Prairies ; la victime, dont l'os temporal fracturé ressortait par l'oeil, avait la mâchoire inférieure fracturée à plusieurs endroits, le bras droit cassé et le gauche mutilé, alors que ses 2 jambes étaient également brisées ; Gagnon abandonna sa victime qui mourut de ses blessures. Rapidement mis sous arrêt, Gagnon fut reconnu coupable de meurtre au début de mars, puis condamné à être pendu en public le 29 mars 1833 sur un échafaud érigé à l'arrière de la prison située sur la rue Notre-Dame près de la Place Jacques-Cartier de Montréal ; le décès ayant été officiellement constaté, le corps fut transporté au McGill College pour y être disséqué ; des membres de la famille ou amis de Gagnon, qui s'étaient introduits dans la chambre de dissection du collège, s'emparèrent du cadavre au cours de la nuit et allèrent demander au curé de la paroisse Saint-Laurent située en face de L'Abord-à-Plouffe, d'enterrer Gagnon dans la terre consacrée du cimetière ; ce que le curé refusa de faire ; au contraire, il avisa les professeurs du McGill College qui rapportèrent le cadavre dans le laboratoire de dissection.

1833
Adolphus Deway, 23 ans, et Euphrasyne Martineau, 18 ans, se marient en janvier 1933 et s'installent sur la rue Saint-Vincent. À peine une semaine après la cérémonie, Deway se met à croire qu'Euphrasyne le trompe ; commencent alors des scènes de ménage dont les voisins peuvent témoigner ; Euphrasyne quitte son mari au bout d'un mois et se réfugie chez son père et son oncle. Deway pouvait cependant la voir de temps à autre. Le 24 mars 1833, après avoir assisté à la messe à l'église Notre-Dame, Deway amène Euphrosyne à son magasin de marchandises sèches à l'angle des rues Saint-Paul et Notre-Dame à Montréal ; s'emparant d'une hache, il s'attaque à sa femme et l'atteint à la tête, puis s'emparant d'un rasoir il lui fait une entaille au cou, elle tombe ; la croyant morte, Deway ferme la boutique et loue une carriole qui l'amène à Champlain dans l'État de New York ; entre temps, Euphrosyne reprend conscience et réussit à se traîner chez le voisin qui appelle un médecin ; celui-ci réussit à arrêter le sang qui coulait de son cou, mais ne peut rien faire au sujet des traumatismes que les coups de hache avaient causés à la tête ; elle fait une fausse couche et meurt 6 jours plus tard ; la nouvelle du décès s'étant rendue à Plattsburg, le shérif y arrêta Deway et des policiers de Montréal allèrent l'y cueillir. Accusé du meurtre de sa femme, Deway est reconnu coupable et condamné à la pendaison. Pendu à la Place Vauquelin entre la Place Jacques-Cartier et le champ de Mars le 30 août suivant.

1835
Le 10 novembre 1835, Louis Marcoux est tué à Sorel au cours de la campagne électorale pour l'élection générale des députés à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada-CABC.

1838
Le 21 décembre 1838, les patriotes Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquette sont pendus à la prison du Pied-du-Courant de Montréal.

1839
Le 18 janvier 1839, les patriotes Pierre-Théophile Decoigne, François-Xavier Hamelin, Joseph-Jacques Robert, Ambroise Sanguinet et Charles Sanguinet sont pendus à la prison du Pied-du-Courant de Montréal.
Le 15 février 1839, les patriotes Amable Daunais, François-M.-T. Chevalier de Lorimier, Charles Hindelang, Pierre-Rémi Narbonne et François Nicolas sont pendus à la prison du Pied-du-Courant de Montréal.
Le 31 janvier 1839, George Holmes, médecin célibataire, assassine Louis-Paschal-Achille Taché de deux balles à la tête ; le médecin était en amour avec Joséphine-Éléonore d'Estimauville, l'épouse de Taché qui avait elle-même inciter sa domestique, Aurélie Prévost dit Tremblay d'administrer de l'arsenic à Taché en 1838 ; sans succès ; la femme fut accusée puis acquittée de l'accusation de tentative de meurtre ; Holmes, qui s'était réfugié aux États-Unis, fut emprisonné pendant quelque mois puis, relâché, il disparut de la circulation alors que la femme se remaria à Québec avec le notaire Léon-Charles Clément qui lui fit 6 enfants.

1840

En avril 1840, Betsey Williams, 20 ans, est arrêtée et accusée du meurtre de son bébé de 5 semaines ; Betsey, déjà mère célibataire de deux autres enfants, est une mulâtre qui vivait avec un amérindien avec qui elle n'était pas mariée et qui l'aurait jetée dehors avec son rejeton ; par crainte de la réaction de son père si elle arrivait chez lui à Saint-André avec un enfant, elle abandonna le bébé près d'un tronc d'arbre renversé dans le Petit-Brûlé de la paroisse Saint-Benoit (Mirabel) ; reconnue coupable de meurtre, elle est condamnée à être pendue le 9 octobre 1840 ; le 28 septembre le journal L'Ami du peuple et des citoyens du district de Deux-Montagnes présentent une pétition au gouverneur Sydenham implorant sa clémence ; la pétition fait état de l'état d'esprit qui empêchait la jeune femme de réellement vouloir la mort de son enfant ; Betsey Williams obtient un pardon conditionnel juste aux dernières minutes qui précédaient son exécution et est condamnée à 3 ans de prison.

1858
Le 18 janvier 1858, Catherine Prévost Desforges est tuée à Saint-Jérôme ; Marie-Anne Crispin, la maîtresse d'Antoine Desforges, l'époux de Catherine Prévost Desforges et Jean-Baptiste Desforges, le frère d'Antoine, sont trouvés coupables de ce meurtre le 20 avril suivant, puis sont pendus à la prison de Saint-Jérôme le 25 juin 1858.

1859
Le 2 avril 1859, Anselme Charron, un homme d'affaires de Saint-Charles-sur-Richelieu, est assassiné à Saint-Hyacinthe ; reconnu coupable de ce meurtre, Jean-Baptiste Beauregard est pendu à la prison du Pied-du-Courant de Montréal, le 16 décembre suivant.

1861
Le 6 septembre 1861, Alexander Burns, du canton de Bolton, près de Knowlton, est pendu à la prison du Pied-du-Courant de Montréal ; il avait été reconnu coupable du meurtre d'un bébé qu'il avait eu avec sa propre fille Mary Jane ; plusieurs de ses autres enfants avaient vu leur père mettre l'enfant dans la neige et le frapper à coups de pied quand ce dernier criait ; sa pendaison, qui avait attiré de nombreux badauds, fut mal exécutée, le bourreau ayant mal fixé la corde, le pendu mourut lentement étouffé plutôt que rapidement en ayant le cou cassé.

1864
Le 22 mars 1864, John Meehan est pendu sur la place publique à Québec.

1866
Le 25 juin 1866, le cadavre de Marie-Aglaé Babin, 28 ans, en état de décomposition avancée, est trouvé sur la rive de la rivière du Lièvre non loin de Buckingham ; Marie-Aglaé Babin était une infirme incapable de se déplacer seule ; au mois de janvier précédent, son frère Joseph, qui en avait soin jusque-là, était venu la déposer chez son autre frère aîné, le révérend Jérémie Babin, un pasteur de la mission St. Stephen à Buckingham ; inconnue de tous et non identifiable, Marie-Aglaé est enterrée sans sépulture et sans mention au registre ; le fossoyeur remarque cependant les pieds difformes du cadavre et le coroner ordonne l'exhumation du corps ; le révérend Babin identifie le corps qui aurait été noyé à la mi-avril précédent et le coroner ayant constaté qu'elle ne pouvait se déplacer seule, quelqu'un avait dû la pousser dans la rivière ; le 23 juillet 1866, Jérémie Babin est accusé de meurtre et emprisonné à la prison de Aylmer ; il prétend avoir donné 50 $ à Moïse Kedoux pour qu'il place sa soeur dans une pension de famille ; l'avocat de Jérémie Babin, Bernard Devlin, le fait acquitter le 26 janvier 1867 ; Jérémie Babin et sa famille adoptent le nom de Abbott (madame Babin était une Abbott, cousine de John Caldwell Abbott) et se réfugie aux USA. Jérémie Babin décède en 1913 ; en 2007, l'historien Raymond Ouimet prétend qu'il sait qui a tué Marie-Aglaé Babin.

1867
Le 3 mai 1867, Modiste Villebrun dit Provencher est pendu à la prison de Sorel pour le meurtre de François-Xavier Jutras.

1868
Le 7 avril 1868, Thomas D'Arcy McGee, député du Parti conservateur de Montréal-Ouest à la Chambre des communes-CdesC, est assassiné à l'entrée de la maison de chambre qu'il habitait sur la rue Sparks à Ottawa. James Patrick Whelan, un tailleur d'habits est accusé d'appartenir au groupe de Féniens irlandais qui complotait le renversement du gouvernement britannique en attaquant le Canada ; reconnu coupable d'avoir tué John D'Arcy McGee, Whelan est pendu à la prison d'Ottawa, puis, sur ordre de John A. Macdonald, il est inhumé sans service religieux dans le sol non consacré de la cour de l'institution carcérale. La famille de Whelan croit toujours que le procès a été bâclé et que le verdict de culpabilité a été injuste ; le fait qu'il n'ait pas reçu les derniers sacrements et qu'il soit enterré en terre non-consacrée est encore une préoccupation pour sa parenté en 2002. L'un de ses lointains parents, Noble Whalen, a ramassé une poignée de terre dans l'ancienne cour de la prison d'Ottawa (devenue le terrain de stationnement de l'Ottawa International Hostel) puis l'a enterré symboliquement dans le Cimetière de la Côte-des-Neiges, près de son épouse et à quelques rangées de la tombe de John D'Arcy McGee.

1869
Le 20 septembre 1869, Eugène Poitras est pendu pour le meurtre de Jean-Baptiste Ouellet.

1875
Le 13 août 1875, George Clarke, un agent de la Police provinciale de Québec, est tué par un charretier en face de l'hôtel Saint-Louis à Québec.

1877
Le 29 septembre 1877, Lazare Doré, un policier de la Police provinciale, est tué en poursuivant un criminel dans la Beauce.

1878
Le 13 décembre 1878, Cyprien Costafrolaz est pendu à la prison de Saint-Jean-sur-Richelieu pour le meurtre de Mathew Mathevon.

1879
Le 10 janvier 1879, Michael Farrell est pendu à la prison de Québec pour le meurtre de Frank Conway.

Le 26 juin 1879, à la suite d'un appel des résidents d'un logement du Griffintown qui se plaignaient de bruits sourds provenant de l'étage supérieur, la police se rend au 242 de la rue William, à l'angle de la rue Murray et y découvre Susan Kennedy endormie sur son lit ensanglanté puis le corps décapité de Mary Gallagher, dont la main sectionnée était à côté du cadavre et la tête dans une boîte à ordures ; Gallagher et Kennedy étaient deux prostituées rivales ; elles ont rencontré le 24 juin précédent le débardeur Michael Flanagan avec qui elles ont bu de l'alcool en abondance ; On croit que Flanagan avait préféré Mary Gallagher et que ce fait aurait enragé Susan Kennedy. Susan Kennedy avait laissé ses compagnons d'orgie, mais ceux-ci s'étaient rendus chez-elles deux jours plus tard ; Susan Kennedy et Michael Flanagan sont accusés du meurtre de Mary Gallagher ; en octobre 1879, le jury accepte la version de Flanagan à l'effet que tout était en ordre lorsqu'il a quitté l'appartement, mais il ne croit pas la version de Susan Kennedy à l'effet que le meurtre aurait été commis par un capitaine de bateau dont on ne trouvait pas la trace ; en octobre 1879, Susan Kennedy est condamnée à être pendue le 5 décembre suivant, mais cette sentence a été commuée en emprisonnement à vie ; elle a été libérée en 1885 après avoir passé 16 ans en prison ; une légende veut que le fantôme étêté de Mary Gallagher revient tous les sept ans, le 27 juin à la recherche de sa tête dans le Griffintown ; c'est la légende de Mary sans tête.

Le 15 août 1879, la lutte entre les débardeurs irlandais et les débardeurs canadiens-français pour l'embauche au port de Québec aboutit à l'affrontement ; deux Canadiens français sont tués et une trentaine de personnes des deux camps sont blessées ; le conflit aboutit à une entente qui oblige les employeurs à embaucher un nombre égal d'Irlandais et de Canadiens français pour tout chargement ou déchargement d'un vaisseau.

1881
Le 28 janvier 1881, Cléophas Lachance est pendu à la prison d'Arthabaska pour le meurtre de Odélie Désilets.
Le 9 décembre 1881, Hugh Hayvern, 28 ans, est pendu à la prison de Montréal pour le meurtre de Thomas Salter.

1882
Le 13 janvier 1882, François Moreau, 38 ans, est pendu à la prison de Rimouski pour le meurtre de son épouse Démérise Roy.
Le 24 novembre 1882, William Richards est pendu à Sweetsburg (Cowansville) pour le meurtre de Joseph Jackson.

1883
Le 16 avril 1883, Timothy Milloy, 40 ans, est pendu à la prison de Montréal.

1885
En 1885, John Beatty, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.
En 1885, John Malone, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.

1888
Le 22 juin 1888, Donald Morrisson harcelait le major Malcolm McAulay qui avait saisi la ferme familiale sur la colline Ness (là où est situé le Centre hospitalier Lac-Mégantic) à Lac-Mégantic ; McAulay avait engagé le chasseur de tête américain, Lucius Le Jack) Warren, pour arrêter Morrisson ; ce dernier tua Warren à Lac-Mégantic ; arrêté le 21 avril 1889, et fut condamné à 18 ans de travaux forcés et mourut au Royal Victoria Hospital de Montréal le 19 juin 1894 ; le corps de Morrisson est enterré dans le Cimetière Gisla de Milan au Québec.

1889
Le 20 juin 1889, Nathaniel Randolf Fritz Dubois, 35 ans, est pendu à la prison de Québec pour le meurtre de son épouse, Marie Dubois.

1890
Le 12 décembre 1890, William Wallace Blanchard est pendu à la prison de Sherbrooke pour le meurtre de Charles Calkings.
Le 19 décembre 1890, Rémi Lamontagne est pendu à la prison de Sherbrooke pour le meurtre de son beau-frère.

1895
Le 1 mars 1895, Valentine Shortis, 20 ans et 11 mois, un immigrant irlandais employé de la Montreal Cotton Co. de Valleyfield, pénètre dans le bureau de la paie où 4 hommes préparaient les enveloppes de paie des employés ; comme ils le connaissaient, les hommes le laissèrent entrer et ils le lui remirent lorsqu'il demanda à voir un revolver chargé gardé dans un tiroir du pupitre où l'on comptait l'argent ; dès qu'il eut le revolver en main il tira sur Hugh Wilson, l'un des hommes, puis sur un autre qui se précipitait vers le téléphone ; les 2 autres hommes se réfugièrent dans la voûte ; Shortis mit alors le feu à des objets accumulés près de la porte de la voûte afin de faire sortir les 2 hommes ; Wilson n'était que blessé, Shortis lui tira une balle dans la tête pour l'achever ; lorsque le gardien de nuit se présenta, Shortis le tua également ; finalement, la police arriva et arrêta Shortis. Au mois d'octobre 1895, Shortis subit son procès pour les meurtres de 2 hommes, Wilson ayant survécu malgré tout à ses blessures ; le procès dura 29 jours au cours desquels la défense plaida la déficience mentale de Shortis, un homme violent et imprévisible qui avait déjà tiré du pistolet dans la foule à une piste de course en Irlande ; le 3 novembre 1895, il est cependant reconnu coupable des 2 meurtres et condamné à être pendu le 3 janvier 1896 ; bien que ce verdict et cette sentence aient été jugés conformes par le public, la défense présenta une demande de commutation de peine au Gouvernement du Canada dirigé par Mackenzie Bowell ; la veille de Noël, 5 ministres votèrent pour maintenir la sentence et 5 pour la commuer en emprisonnement à vie ; quelques jours plus tard, on reprit le vote alors que 2 ministres qui n'avaient pas participé au vote du 24 décembre précédent étaient maintenant présents ; le vote fut de 7 à 5 en faveur de la pendaison ; le gouverneur général du Canada, Lord Aberdeen, insista pour qu'un nouveau vote soit pris par le cabinet des ministres ; cette fois encore le vote fut égal pour et contre la pendaison ; lorsque le résultat du vote fut présenté à Aberdeen, celui-ci décida que la pendaison soit «commuted to imprisonment for life as a criminal lunatic» ; en 1937, 42 ans après son emprisonnement, Shortis, qui pendant cette période avait été interné de prisons en asiles et vice versa, fut libéré et il mourut 4 ans plus tard d'une crise cardiaque à Toronto.
Le 13 juin 1895, madame Demers est trouvée morte dans sa résidence de Montréal ; son mari subit deux procès pour meurtre mais il est acquitté faute de preuve.

1898
Le 20 mai 1898, Thomas Nulty est pendu à la prison de Joliette pour les meurtres de trois de ses soeurs et de l'un de ses frères.


1899
Cordélia Viau et Samuel Parslow sont exécutés à la prison de Sainte-Scholastique pour le meurtre de Isidore Poirier, le mari de Cordélia Viau, assassiné le 21 septembre 1897 à Saint-Canut.

1900
En 1900, Stanislas Lacroix, un homme jaloux, assassine sa femme et un vieillard à Montebello. Le 21 mars 1902, Stanislas Lacroix est pendu dans la cour de la prison de Hull pour le meurtre de son épouse et du vieillard. Un public composé de 150 personnes munies de laissez-passer assistent à son exécution alors que environ 3 000 badaux s'entassent à la porte de la prison. Certains affirment qu'il s'agit de la dernière exécution publique au Canada ; d'autres indiquent que Théophile Bélanger a été exécuté en 1904 à la prison de Sainte-Scholastique (Mirabel) devant un public composé d'une cinquantaine de personnes munies de laissez-passer ; la dernière exécution sur la place publique au Canada serait l'exécution le 27 novembre 1885 de 8 Cris à Battleford, dans l'ouest du Canada.
Le 6 juillet 1900, David Dubé est pendu à la prison de Québec pour le meurtre de Thomas Mooney.

1901
Le 13 juin 1901, les cadavres d'Ada Maria Mills Redpath, 56 ans, et de son fils Clifford Redpath, 24 ans, sont trouvés dans la maison familiale au 1065 rue Sherbrooke Ouest à Montréal ; les deux personnes étaient décédées des suites de blessures par arme à feu ; madame Mills Redpath était la veuve de John Redpath, fondateur de la Redpath Sugar Refinery, et la fille de John Easton Mills, le quatrième maire de Montréal ; personne n'a été arrêté en relation avec ces décès, la police n'ayant même pas été appelée ; les cadavres, qui avaient été découverts le jeudi étaient enterrés dès le samedi suivant ; les théories avancées pour expliquer les décès sont multiples : le fils aurait tué sa mère par compassion vu les douleurs constantes que l'arthrite rhumatoïde lui causaient, puis il se serait suicidé pour éviter la honte au reste de la famille ; le coroner conclut pour sa part que Clifford avait fait une crise d'épilepsie et était temporairement fou au moment de la mort de sa mère ; selon certains, madame Redpath aurait tenté de se suicider et son fils aurait été mortellement blessé en tentant de l'en empêcher.
Le 23 décembre 1901, Joseph-Ernest Laplaine est pendu à la prison de Montréal pour le meurtre de Valérie Charbonneau.

1902
Le 21 mars 1902, Stanislas Lacroix est pendu à la prison de Hull pour le meurtre de son épouse et d'un vieillard commis en 1900 à Montebello.
Le 13 juin 1902, Thorval Hanson est pendu à la prison de Montréal pour le meurtre de Éric Marotte.

1905
En 1905, à Montréal, J. M. O'Connell, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.

1906
Le 24 novembre 1906, un travailleur italien est battu et poignardé à mort par 5 hommes à la Pointe-du-Moulin-à-Vent, dans le Vieux-Port de Montréal.

1908
En 1908, les policiers de Montréal, J.-A.-E. Guilbault, et George Shea sont tués à Montréal alors qu'ils sont en devoir.

1910
Le 6 mai 1910, Jules Fortin et Daniel O'Connell, des policiers de Montréal, sont tués à Montréal par Timothy Candy, un immigrant venu de Liverpool ; Candy sera pendu malgré l'intervention de Médéric Martin en sa faveur ; le 18 novembre 1910, Timothy Candy est pendu à la prison de Montréal pour le meurtre des deux policiers.

1911
En 1911, Jules Plourde, 20 ans, se dispute avec son voisin, Louis Dion, et le tue d'une balle dans le cou à Fraserville (Rivière-du-Loup) ; reconnu coupable de meurtre, Plourde est condamné à être pendu le 20 mars 1912 ; le bourreau, John Radclive, étant récemment décédé, aucun nouveau bourreau n'avait été nommé et le shérif de Rivière-du-Loup se préparait à assumer lui-même cette lourde tâche lorsque le gouverneur général commua la peine de mort en emprisonnement à perpétuité pour le jeune criminel qui finit ses jours à la prison de Saint-Vincent-de-Paul (Laval).
Le 26 mai 1911, Francesco Grevola (ou Grivora) est pendu à la prison de Montréal pour le meurtre de Giuseppe Chine.

1912
Le 9 août 1912, Victor Denis est tué par une balle à l'oreille droite au 415 de la rue Cadieux à Montréal  ; au cours d'une dispute avec Ranco au sujet du payement de consommations de boissons, Ranco avait donné un coup de pied à la bouche de Rosso ; ce dernier avait alors acheté un revolver et des munitions pour tuer Ranco ; Denis essayait de tirer Engie Ranco, 24 ans, hors de portée du tir de Samuel Rosso ; lorsque celui-ci a tiré, c'est Denis qu'il a atteint. Après le tir, Rosso s'était réfugié dans l'étable d'une cour de la rue Sainte-Élisabeth et avait caché son arme dans la mangeoire d'une stalle. La police trouva facilement Ranco, son arme et ses munitions.
Le 13 décembre 1912, Antonio Ferduto, 26 ans, est pendu à la prison de Montréal pour le meurtre de Louis Hotte.
Le 20 décembre 1912, Carlo Baptista est pendu à la prison de Montréal pour le meurtre de Salvatore Macaruso.

1913
Le 17 janvier 1913, à Montréal, Sylvio Yacovloff est pendu à la prison de Bordeaux (Montréal).
Le 23 février 1913, à Montréal, François Vautour et son épouse sont assassinés à coups de hache dans leur logement du 187 de la rue Grand Trunk du quartier Pointe-Saint-Charles ; ces meurtres n'ont jamais été élucidés.

1914
Le 24 janvier 1914, William Campbell est pendu à la prison de Bordeaux (Montréal).
Le 10 mars 1914, Honoré Bourdon, un policier de Montréal, est tué par balles ; les présumés assassins sont des voleurs pris en flagrant délit par le constable Bourdon et son collègue, le constable Auguste Guyon, blessé grièvement lors de l'incident ; Joseph Beauchamp, Arthur Foucault, Alphonse Foucault et Ismaël Bourret seraient ceux qui auraient fait feu sur les deux constables.
Le 22 mai 1914, Tomasso Bernardi est pendu à la prison de Bordeaux (Montréal) pour le meurtre de Luighi Scrolli.
Le 20 octobre 1914, vers 18 h, à Montréal, explosion d'une bombe, rue Frontenac, près de la rue Forsyth où demeurent des immigrants venus de plusieurs pays en guerre en Europe, dont des Russes et des Polonais d'une part et des Autrichiens, d'autre part ; bilan : 2 morts et 9 logements détruits ; les logements visés étaient occupés par des personnes d'origine russe et polonaise.

1915
Le 21 mai 1915, Antonio Delano est pendu à la prison de Bordeaux (Montréal) pour le meurtre de Giuseppe Greco.
Le 28 mai 1915, Otaian Dichoff est pendu à la prison de Salaberry-de-Valleyfield pour le meurtre de Marcho Ichoff.

1916
Le 24 novembre 1916, Paul Renaud, 21 ans, est pendu à la prison de Saint-Jean-sur-Richelieu pour le meurtre de Albert Wing commis au cours d'un vol à main armée.

1918
Le 5 avril 1918, Roméo Bolduc est pendu à la prison de Sorel pour le meurtre de Zotique Bourdon.
Le 27 septembre 1918, Giuseppe Neuccera est pendu à la prison de Bordeaux (Montréal) pour le meurtre de Giovanni Bettioli

1919
Le 12 septembre 1919, Antonio Sprecasso, 20 ans, est pendu à la prison de Bordeaux (Montréal) pour le meurtre de Alfred James Roberts.

1920
En 1920, W. La Durantaye, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.

En 1920, Thomas artefac, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.

Le 23 janvier 1920, Allan Murdoch, 19 ans, Patrick Delorme, 27 ans, et Roméo Lacoste, 19 ans, sont pendus à la prison de Bordeaux (Montréal) pour le meurtre d'Alcide Payette commis au cours d'un vol à main armée.

Le 12 février 1920, Aurore Gagnon, 10 ans, meurt des suites des sévices infligés par sa belle-mère et par son père. Sa belle-mère, Marie-Anne Houde, reconnue coupable de meurtre, est condamnée le 23 avril 1920 à être pendue le 1er octobre 1920, soit après qu'elle aura donné naissance à l'enfant qu'elle porte à l'époque de sa condamnation ; le 8 juillet 1920, Marie-Anne Houde donne naissance en prison à un couple de jumeaux ; le 29 septembre 1920, la peine de mort de Marie-Anne Houde est commuée en emprisonnement à perpétuité ; atteinte d'un cancer généralisé, elle est mise en liberté le 3 juillet 1935, puis elle décède chez la soeur de son premier mari à Montréal le 13 mai 1936. Le père d'Aurore, Télesphore Gagnon, 37 ans, reconnu coupable par un jury d'homicide involontaire (Manslaughter), est condamné à l'emprisonnement à perpétuité par le juge Joseph-Alfred Désy ; au début de 1926, Gagnon est libéré ; suite au décès de Marie-Anne Houde, Télesphore Gagnon se remarie en 1938 (8 janvier) à Marie-Laure Habel de Sainte-Philomène, il mourra en 1961 (30 août) à Sainte-Philomène. La vie d'Aurore Gagnon inspire les comédiens Henri Rollin et Léon Petitjean qui la portent au théâtre dans une pièce intitulée Aurore, l'enfant martyre ; jouée de 1921 à 1951 à Montréal, en province et ailleurs au Canada, on évalue à environ 1 800 000 le nombre de personnes qui ont vu cette pièce. Un film intitulé La Petite Aurore, l'enfant martyre et réalisé par Jean-Yves Bigras, sort en salles en 1951, malgré les objections de Télesphore Gagnon, et connaît un succès immédiat. Son histoire est de nouveau filmée sous le titre Aurore en 2005.

Le 13 juillet 1920, Nick Debeka et George Morari sont pendus à la prison de Québec pour le meurtre de Theodor Kostinian commis au cours d'un vol à main armée.

Le 20 juillet 1920, Blanche Garneau, 21 ans, quitte le magasin où elle travaille pour rentrer chez-elle dans le village de Stadacona de Québec ; son cadavre est découvert le 28 juillet suivant, dans la vase sur la rive de la rivière Saint-Charles ; elle avait été violée, puis assassinée ; le 2 novembre 1921, William Palmer et Raoul Binet sont acquittés des accusations d'avoir tué Blanche Garneau ; Palmer avait un alibi solide et Binet admit avoir menti en disant qu'il avait vu Palmer tuer la jeune fille ; Binet est condamné à 5 ans de prison pour parjure ; le journaliste John Roberts fonde le journal The Axe et offre une récompense de 5 000 $ pour toute information qui conduirait à faire condamner les meurtriers de la jeune fille ; son journal fait état d'une rumeur à l'effet que le fils de l'un des personnages les plus haut placés de la province pourrait être l'assassin, que le fils d'un autre personnage public serait impliqué et que deux membres de la Législature seraient responsables ; Roberts est accusé de libelle diffamatoire à l'endroit de la Législature ; Roberts est amené à la barre de l'assemblée législative qui le condamne à un an de prison pour offense à la dignité de ses membres ; le premier ministre, Louis-Alexandre Taschereau institue une commission royale d'enquête pour faire la lumière sur des allégations de cover-up (tentative d'étouffer l'affaire) ; cette commission blanchit les fils des députés Charles-Abraham Paquet et Martin Madden que les rumeurs visaient ; les assassins de Blanche Garneau n'ont jamais été découverts.

1922
En 1922, Aldéric Mayer, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.
Le 9 juin 1922, Mike Prosko, 25 ans, est pendu à la prison de Québec pour le meurtre de Theodor Kostinian commis au cours d'un vol à main armée commis avec Nick Debeka et George Morari pendus à Québec le 13 juillet 1920.
Le 16 juin 1922, Henry Frazer est pendu à la prison de Saint-Jean-sur-Richelieu pour le meurtre de Joseph Sénécal commis au cours d'un vol à main armée.
Le 6 juillet 1922, Osias Riopel est pendu à la prison de Sainte-Scholastique (Mirabel) pour le meurtre de Marie De Grandpré.

1923
En 1923, Jean-B. Beaudry, un policier de Montréal, est tué par balles alors qu'il est en devoir.
Le 7 décembre 1923, Raoul Brodeur, 27 ans, est pendu à la prison de Sweetsburg pour le meurtre de Henry Boyer.
Le 14 décembre 1923, Gustave Dubé est pendu à la prison de Montmagny pour le meurtre de son épouse, Célina Fortin.

1924
Le 25 mars 1924, Wilfrid Saintonge, 19 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Nestor Gavrilowitch.
Le 1 avril 1924, Henri Cléroux, responsable du transport d'argent pour la Banque d'Hochelaga, est victime d'un vol à main armée sur la rue Ontario Est à Montréal ; bilan : 2 morts, Henri Cléroux, et Harry Stone, l'un des voleurs ; le 2 mai, Edward Baker, Leo Davis, Tony Frank, Frank Gambino, Giuseppe Serafini, Mike Valentino, l'ex-policier Louis Morel, John Moreno et Kim Rifkin) sont accusés de vol à main armée et de meurtre relativement à ces événements ; Louis Morel, Tony Frank, Giuseppe Serafini, Frank Gambino, Mike Valentino et Leo Davis sont trouvés coupables, puis condamnés à mort ; le 24 octobre suivant, Louis Morel, Tony Frank, Giuseppe Serafini et Frank Gambino sont pendus à la prison de Bordeaux ; les sentences de mort prononcées contre Mike Valentino et Leo Davis sont commuées en sentence d'emprisonnement à vie par le gouvernement du Canada.
Le 11 juillet 1924, Walter Muir, 24 ans, est pendu à la prison de Salaberry-de-Valleyfield pour le meurtre de Henri Laviolette.

1925
Le 19 juin 1925, Henri Messier, 19 ans, est pendu à la prison de Sorel pour le meurtre de Émile Pelletier commis au cours d'un vol à main armée.
Le 26 octobre 1925, à Rougemont, Charles Bernard et son épouse sont assassinés par des cambrioleurs avec lesquels ils se sont battus et qui sont partis sans rien voler.

1926
Le 19 février 1926, Joseph Mauro, 25 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Donald Carragher commis au cours d'un vol à main armée.
Le 10 juin 1926, Ulric Germain, 46 ans, est pendu à la prison de Rimouski pour le meurtre de son épouse, Marie-Louise Germain.

1927
En 1927, Thomas Ellis, un policier de Montréal, est tué alors qu'il était en devoir.
En 1927, Armand Desjardins, policier de Montréal, est tué alors qu'il était en devoir.
Le 5 août 1927, Georges Merle est pendu à la prison de Bordeaux (Montréal) pour le meurtre d'André Morel.
Le 12 août 1927, Alexandre Lavallée, 73 ans, est pendu à la prison de Trois-Rivières pour le viol et le meurtre de sa fille.
Le 19 août 1927, Eugène Bigaouette, 42 ans, est pendu à la prison de Québec pour le meurtre de sa mère, Marie-Anne Boivin.
Le 10 novembre 1927, Charles-Cyrille Proulx, 38 ans, un agriculteur est assassiné par balle sur sa ferme de Masham ; Ezras Giroux est recherché pour répondre de ce meurtre.

1928
En 1928, Jules-M. Projean, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.
Le 23 mars 1928, George C. McDonald est pendu à la prison de Salaberry-de-Valleyfield pour le meurtre de Adélard Bouchard commis au cours d'un vol à main armée.

1929
Le 11 janvier 1929, Pepitone Gaetano, 44 ans, est pendu à la prison de Chicoutimi pour le meurtre de John McNally.
Le 8 février 1929, Joseph Chabot, 38 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre d'Alphonsine Fiset.
Le 23 août 1929, Marie Beaulne, 42 ans, et son amant Philibert Lefebvre, 32 ans, sont pendus à la prison de Hull pour le meurtre par empoisonnement de Zéphir Viau, le mari de Marie Beaulne.
Le 30 août 1929, Ernest Messier, 38 ans, est pendu à la prison de Bordeaux (Montréal) pour le meurtre de son épouse, Rose-Anna Paquin.
Le 20 décembre 1929, Laurence Ménard, 18 ans, et Normand Ménard, 22 ans, sont pendus à la prison de Bordeaux (Montréal) pour le meurtre de John Durham commis au cours d'un vol à main armée.

1930
En 1930, Roger McGown, un policier de Montréal est tué alors qu'il est en devoir.
En 1930, Dollard Pelletier, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir ; le 19 décembre 1930, Paul Bélisle, 26 ans, est pendu à la prison de Bordeaux (Montréal) pour le meurtre du policier Dollard Pelletier.
En 1930, Alexandre Picard, un policier de Lachine, est tué alors qu'il est en devoir.
En 1930, Arthur Nantel est tué par balles dans sa boutique de L'Annonciation ; sa femme Maria Jolicoeur et l'amant de celle-ci, Édouard Thomas, 24 ans, sont accusés de meurtre relativement à ce décès ; les deux se dénoncent mutuellement ; Maria Jolicoeur sera acquittée et Édouard Thomas reconnu coupable et condamné à mort ; le 22 mai 1931, Édouard Thomas, 25 ans, est pendu à la prison de Mont-Laurier pour le meurtre d'Arthur Nantel.
Le 11 juillet 1930, Salvatore Laradello, 30 ans, est pendu à la prison de Bordeaux (Montréal) pour le meurtre de Vincenzo Dantoni.
Le 22 septembre 1930, Napoléon Nadon, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.
Le 17 octobre 1930, Ray Cortland, 22 ans, est pendu à la prison de Saint-Hyacinthe pour le meurtre de Mark Ward.

1931
En 1931, Paul Beaucage, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.
En 1931, Philias Poirier, un policier de Verdun est tué à Verdun alors qu'il est en devoir.
En 1931, Léo Villeneuve, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.
Le 20 février 1931, Antonio Poliquin, 27 ans, est pendu à la prison de Sherbrooke pour le meurtre de son épouse, Maria Ciminero.
Le 15 mai 1931, Albert Vincent, 28 ans, est pendu à la prison de Sherbrooke pour le meurtre de Edmond Trudeau.
Le 22 mai 1931, Édouard Thomas, 25 ans, est pendu à la prison de Mont-Laurier pour le meurtre d'Arthur Nantel commis en 1930 à L'Annonciation.
Le 26 juin 1931, Thomas McHugh, 30 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre d'Arthur Reed commis au cours d'un vol à main armée.
Le 20 novembre 1931, Alphonse Bureau, 27 ans, est pendu à la prison de Québec pour le meurtre de son épouse, Yvonne Poulin.

1932
En 1932, Patrick Keogh, un policier de Verdun est tué alors qu'il est en devoir.
Le 5 février 1932, Joseph Lebel, 57 ans, est pendu à la prison de Trois-Rivières pour les meurtres de Jean-Baptiste Bellerose et d'Antoinette Bellerose.
Le 19 février 1932, William Wilkinson, 21 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Marcel Dupré commis au cours d'un vol à main armée.
Le 8 avril 1932, Austin Cassidy, 30 ans, est pendu à la prison de Hull pour le meurtre de William Marshal.
Le 6 mai 1932, Albert Saint-Pierre, 39 ans, est pendu à la prison de Sherbrooke pour le meurtre de René Malloy.
Le 9 novembre 1932, le cadavre d'Alexandre Mondoux, un bûcheron est trouvé dans un buisson près du chemin Aylmer à Hull. Mondoux avait été arrêté pour s'èetre trouvé illégalement sous une plate-forme dans la cour du Canadian Pacific Railroad et avait été conduit au palais de justice d'Ottawa où il avait été libéré ; au moment de son arrestation, Mondoux avait sur lui 40 $ en argent et en monnaie ainsi que des pièces anglaises, un billet de 20 $ décoloré au centre, 6 billets de 2 $ et 5 billets de 1$ canadien. Le 12 novembre 1932, Thomas Carroll, un manoeuvre, est arrêté à Hull en relation avec le meurtre d'Alexandre Mondoux

1933
Le 13 janvier 1933, Albert Préville, 31 ans, est pendu à la prison de Joliette pour le meurtre d'Exima Prescott.
Le 20 janvier 1933, Alfred Coulombe, 42 ans, est pendu à la prison de Trois-Rivières pour le meurtre de Marie-Louise Valcourt.
Le 5 mai 1933, Herman John dit Charlie Schwartz, 25 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de John Jarvis.

1934
Le 12 janvier 1934, Philias Pelletier, 30 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de sa cousine, Marie Pelletier.
Le 6 avril 1934, John McNamara, 31 ans, un marin venu de Liverpool (Angleterre) est blessé mortellement par une balle dans le dos sur la rue de Vitré, près de la rue De Bullion à Montréal ; McNamara décède de sa blessure le 9 avril suivant au Montreal General Hospital ; Edward King, résidant au 1039, Saint-Hubert, est arrêté et accusé de meurtre relativement à ce décès ; alors que les deux hommes déambulaient sur la rue de Vitré, King aurait sorti un revolver et aurait simulé un hold-up sur McNamara, le revolver se serait déchargé accidentellement.
Le 27 avril 1934, Philippe Trottier, 29 ans, est pendu à la prison de Québec pour le meurtre de son épouse, Mary Ann Webster.
Le 18 mai 1934, Ildège Blais, 25 ans, est pendu à la prison de Trois-Rivières pour le meurtre de son père, Adélard Blais.
Le 21 août 1934, à Montréal, Charlie Feigenbaum est tué par balles près de son automobile, à l'angle des rues Mont-Royal et de l'Esplanade à Montréal ; son assassinat avait été commandé par l'un des rois de la pègre de l'époque, Harry Davis ; Feigenbaum avait la charge de centaines de machines à sous de Davis dans les Laurentides  ; condamné à 5 ans de prison pour trafic de matériel sans payer de douanes, il avait négocié sa sortie prématurée de prison en dénonçant l'activité de Davis à la police et en témoignant contre lui à son procès pour trafic de drogues à l'issue duquel, Davis avait été condamné à la prison.
Le 26 octobre 1934, le postier Joseph Rosario Bilodeau, 44 ans, entre à l'Hôtel des postes de Québec ; congédié de cette institution un an et demi plus tôt, il vient discuter d'un éventuel réengagement ; il est introduit dans le bureau de Jean-Baptiste Morin, le maître de poste qui l'a congédié ; Bilodeau demande qu'Octave Fiset, surintendant des facteurs, et les cadres supérieurs Moïse Jolicoeur et Louis-Napoléon Santerre soient aussi présents parce qu'ils avaient contribué à son congédiement ; Morin convoque ces trois cadres ; Santerre n'est pas disponible ; quand les autres sont là, Bilodeau sort un révolver et tire 8 balles sur les 3 hommes ; Octave Fiset meurt sur le coup ; Jolicoeur et Santerre sont sauvés à l'hôpital. À la nouvelle des événements, un certain monsieur Gauvin, le beau-frère de Bilodeau, révèle à la police que ce dernier était parti avec sa fille, Yvette Gauvin et ses 2 soeurs, Marie Bilodeau, 62 ans, Rosalie Bilodeau, 63 ans, et que l'on n'a pas revu ces dernières depuis lors ; interrogé par la police, Bilodeau avoue avoir tué les trois femmes et indique qu'elles gisent dans le bois de Saint-André ; les policiers qui ont été mis en présence des cadavres viennent avertir Gauvin du décès de sa fille ; Gauvin les informe alors du fait que Bilodeau avait aussi amené ses 2 fils, Gaston Gauvin et Fernand Gauvin ; questionné sur le sort de ces deux hommes, Bilodeau avoue les avoir tués d'une balle à la nuque et laissés dans le même bois, un peu à l'écart des cadavres des 3 femmes. Déclaré sain d'esprit, Bilodeau est reconnu coupable de meurtre le 29 janvier 1935 et condamné à être pendu le 12 avril suivant. Le 14 juin 1935, Joseph Rosario Bilodeau est pendu à la prison de Québec.

1935
En 1935, Joseph-Adrien Lamarche, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.
Le 29 mars 1935, Tomassina Sarao, 45 ans, Angelo Donafrio, 20 ans, et Leona Gagliardi, 29 ans, sont pendus à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Nicolas Sarao ; Nicolas Sarao, le mari de Tomassina, qui aurait été tué pour récupérer le produit d'une assurance sur sa vie.
Le 5 avril 1935, Michael Bradley, 43 ans, est pendu à la prison de Campbell's Bay pour le meurtre de ses parents, de son frère, de sa soeur et de son oncle.
Le 3 mai 1935, Joseph Alsero, 28 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Graziella Viens.
Le 14 juin 1935, Joseph Rosario Bilodeau, 38 ans, est pendu à la prison de Québec pour le meurtre de Octave Fiset et de 6 autres personnes.
Le 14 juin 1935, Alexandre Savard dit Bergeron est pendu à la prison de Rimouski pour le meurtre de sa fille naturelle.

1936
Le 3 avril 1936, Gérard Gouin, 24 ans, est pendu à la prison d'Arthabaska (Victoriaville) pour le meurtre de Joseph Tardif commis au cours d'un vol à main armée.
Le 5 juin 1936, Armand Marchand, 30 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de sa maîtresse, Jeanne Lemaire.
Le 27 novembre 1936, Roland Sinclair dit Leclerc, 26 ans, est pendu à la prison de Québec pour le meurtre de Lucien Malo commis au cours d'un vol à main armée.

1937
Le 24 janvier 1937, J.-Léopold Châteauneuf, un agent de la Sûreté de la province de Québec, est tué à l'occasion d'une perquisition pour localiser un criminel sur la rue Saint-Jean, à Québec.
Le 26 février 1937, Omer Girard, 34 ans, est pendu à la prison de Hull pour le meurtre de 3 personnes au cours d'un vol à main armée.
Le 9 juillet 1937, Bernard Honorat, 28 ans, est pendu à la prison de Québec pour le meurtre du policier Louis Châteauneuf.
Le 24 juillet 1937, le cadavre recouvert de pierres de Hyacinthe Côté, un homme d'affaires de Saint-Hyacinthe, est découvert par des ramasseurs de fraises des champs, au fond d'un fossé les mains ligotées derrière le dos ; Lionel Gauthier et Exélophat Benoît sont trouvés coupables de ce meurtre et condamnés à la pendaison ; la Cour du banc du roi change la condamnation de Gauthier en emprisonnement à perpétuité ; le 22 avril 1938, à Montréal, Exélophat Benoît est pendu à la prison de Bordeaux.
Le 17 août, 1937, à Montréal, Gaétan Choquette est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Adrienne Dulude.

1938
Le 5 mai 1938, à Montréal, Georges Dagenais, 22 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Joseph Benoît commis au cours d'un vol à main armée.

1939
En 1939, Adélard Allard, un agent du Service de police de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.
Le 18 janvier 1939, Lucien Bourgela, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.
Le 20 janvier 1939, à Montréal, Louis Viau, 44 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de son épouse, Marie-Louise Viau.


1940
Le 23 février 1940, Marie-Louise Cloutier et Achille Grondin sont pendus à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Vilmont Brochu, l'ancien mari de Marie-Louise Cloutier.
Le 20 décembre 1940, Zénon Limoges, 34 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre d'Alphonsine Labrie.

1941
Le 12 septembre 1941, Gordon Campbell Smythe, 46 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Jean-Baptiste Beaudry.

1942
Le 23 janvier 1942, Arthur Simoneau, 37 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de son épouse, Lucienne Boulé.
Le 27 mars 1942, Raymond Gagné, 24 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de George Roberts.

1943
Le 19 mai 1943, P.-E. Champagne, un agent du Service de police de Montréal est tué alors qu'il est en devoir.
Le 4 juin 1943, à Montréal, Laurent Lamirande, 20 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour les meurtres de deux femmes commis au cours d'un vol à main armée.
Le 20 août 1943, Lucien Valiquette, 25 ans, et Roger Beaudoin, 22 ans, sont pendus à la prison de Bordeaux pour le meurtre de François Mingan commis au cours d'un vol à main armée.

1944
Le 15 mars 1944, à Montréal, Fernand Clermont est pendu à la prison de Bordeaux.

1945
Le 2 mars 1945, à Montréal, Albini Picard est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de son ex-amie-de-coeur, Jeanne-d'Arc Marion.

1946
Le 15 février 1946, Roland Charles Chassé, 43 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le viol et le meurtre de John Benson, 9 ans.
Le 12 juillet 1946, Ovila Samson, 53 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour les meurtres de Léon et Marie-Anne Tougas.
Le 25 juillet 1946, Harry Davis, un Juif roumain né en 1898 et émigré à Montréal en 1908 sous le nom de Chaskel Lazarovitch est assassiné de 5 balles tirées par Louis Bercowitz à qui il avait refusé d'accorder le droit d'ouvrir une affaire de book-making ; Berkowitz a été condamné à 15 ans de prison pour homicide involontaire après avoir expliqué qu'il avait entendu une rumeur à l'effet que Davis, l'un des chefs de la pègre montréalaise, avait donné un contrat de le tuer à un tueur de New York.
Le 23 août 1946, Edsel Harris, 19 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Aldéric Brodeur commis au cours d'un vol à main armée.
Le 18 octobre 1946, Paul-Henri Déry, 25 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de sa tante, Cordélia Vermette.

1947
En 1947, Maurice Trudeau, un policier de Lachine, est tué alors qu'il est en devoir.
Le 18 juillet 1947, à Montréal, Léo Couture est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de son beau-père.

1948
En 1948, à Huntingdon, Ken Bevin, 18 ans, et Gervin Patenaude 18 ans, tuent le chauffeur de taxi Lucien Brunette ; les deux meurtriers sont condamnés à la pendaison.
Le 21 mai 1948, à Montréal, Sylvio Albert, 35 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de sa maîtresse, Tilly Deprato.
Le 24 septembre 1948, Adrien Beaulne, 55 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Joseph-Edmond Gagné.
Le 23 septembre 1948, vers 14 h 15, à Montréal, Douglas Perreault, Donald Perreault et Noël Cloutier sont surpris à commettre un vol à main armée à la succursale de la rue Notre-Dame Est de la banque Canadienne nationale à Longue-Pointe (Montréal) par les agents Paul-E. Duranleau et Nelson Paquin ; les voleurs abattent les deux agents ; accusés du double meurtre, ils sont trouvés coupables par un jury, puis condamnés à être pendus par le juge Wilfrid Lazure. Le 11 mars 1949, Noël Cloutier, 24 ans, est pendu à la prison de Bordeaux ; le 17 juin 1949, Douglas Perreault, 26 ans, est pendu à la prison de Bordeaux ; le 24 novembre 1949, Donald Perreault est pendu à la prison de Bordeaux.

1949
Le 10 juin 1949, à Montréal, Roland Asselin, 37 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Ulric Gauthier.
Le 22 juillet 1949, à Montréal, Maurice Lebel, 28 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de deux hommes.
Le 26 août 1949, John Boyko, 55 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Dominic Tadesco.
Le 9 septembre 1949, vers 10 h 45, à Sault-au-Cochon, à 70 km au nord de Québec un avion DC-3 de la Quebec Airways (Canadian Pacific Airlines), parti en retard de l'aéroport de L'Ancienne-Lorette à 10 h 25 à destination de Baie-Comeau, explose en plein vol et s'écrase sur le flanc du cap Tourmente située au lieu-dit de Sault au Cochon ; l'explosion fait 23 morts (les 17 passagers et les 4 membres de l'équipage) ; une bombe artisanale (20 bâtons de dynamite reliés à un réveil-matin et une pile) fabriquée par Généreux Ruest, faisait partie des bagages placés dans la soute avant de l'avion ; Marguerite Ruest Pitre avait été recrutée par Albert Guay, un bijoutier de Québec, pour mettre la bombe à bord de l'avion ; Guay voulait se débarrasser de son épouse Rita Morel, l'une des passagères du vol, profiter ainsi d'une assurance de 10 000 $ pour payer ses dettes et convoler avec Marie-Ange Robitaille, une jeune fille de 17 ans dont il était amoureux. Albert Guay est arrêté le 23 septembre 1949, reconnu coupable en février 1950, et pendu le 19 janvier 1951 à la prison de Bordeaux. Généreux Ruest, 51 ans, est pendu le 25 juillet 1952 à la prison de Bordeaux. Marguerite Ruest Pitre, 43 ans, est pendue le 9 janvier 1953 à la prison de Bordeaux ; Marguerite Ruest Pitre est la dernière femme pendue au Canada.

1950
Le 5 mai 1950, à Montréal, Roger Trudel, 34 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre d'Angelo Desjardins commis au cours d'un vol à main armée.
Le 25 mai 1950, Alexander Gamman, un agent de la Royal Canadian Mounted Police (RCMP), est tué par projectiles d'arme à feu alors qu'il tente d'arrêter Thomas Rossler qui vient de commettre un vol à main armée à la Bank of Toronto, sur le boulevard Dorchester (René-Lévesque) à Montréal ; reconnu coupable de ce meurtre, Rossler est pendu à la prison de Bordeaux le 15 décembre 1950.
Le 23 juin 1950, à Montréal, Marcel Marcotte, 30 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Marcel Boileau.
Le 3 juillet 1950, Clément Belval, policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.

1952

Le 14 mars 1952, à Montréal, Gaston Gervais, 32 ans, et Marcel Gervais, 26 ans, sont pendus à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Maxime Gélinas.

Le 2 mai 1952, Thomas Luckey, 23 ans, et Thomas Mullins, 23 ans, sont pendus à la prison de Bordeaux pour le meurtre de William Sloan commis au cours d'un vol à main armée.

1953

Le 9 janvier 1953, Marguerite Ruest Pitre, 43 ans, à la prison de Bordeaux ; Marguerite Ruest Pitre est la dernière femme pendue au Canada.

Le 6 mars 1953, Peter Mentenko, 27 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de son demi-frère, G. Henechuk.

Le 27 mars 1953, Maximilien Ciesla, 23 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Aurélien Houde commis au cours d'un vol à main armée.

Le 12 juin 1953, Rhéal-Léo Bertrand, 39 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de son épouse, Marie Trépanier.

Le 28 août 1953, Roland Genest, 27 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de sa maîtresse, Marie-Paule Langlais.

Le 23 octobre 1953, à Montréal, découverte d'un cadavre décapité, les mains et les pieds coupés et ficelé dans une couverture de laine à l'arrière des numéros 3412 et 3414 de la rue Bourbonnière ; le 30 octobre suivant l'un des pieds est trouvé à Saint-Gérard-Majella et l'autre à Saint-Paul-de-Joliette ; le 13 novembre suivant, les cols bleus de L'Assomption trouvent la tête dans un fossé longeant l'ancienne route 40.

Le 30 octobre 1953, Kenneth Ford, 38 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de son épouse, Norma Ford.

1954

En 1954, Paul Bourk, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.

Le 18 juin 1954, Fortunat Dubuc, 53 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de son épouse, Adrienne Dubuc.

Le 1 octobre 1954, Clifford Sherwood, 9 ans, et George Gumby disparaissent alors qu'ils se rendent à leur école de Verdun ; en 1955, un torse en décomposition avancée fait surface dans le fleuve Saint-Laurent, mais, Frances Sherwood, la mère de Clifford, se dit convaincue qu'il ne s'agit pas du corps de son fils ; en 2009, Frances Sherwood décède à l'âge de 90 ans sans avoir eu des nouvelles de son fils.

1955

Le 11 février 1955, Lucien Picard est pendu à la prison de Bordeaux pour les meurtres de six personnes.

Le 22 juillet 1955, Adrien Lebeau, 38 ans, et Marcel Bouchard, 29 ans, sont pendus à la prison de Bordeaux pour le meurtre d'Oliva Courville commis au cours d'un vol à main armée.

Le 19 août 1955, Venant Clavet, 27 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Jean-Paul Pelchat commis au cours d'un vol à main armée.

1956

Le 10 février 1956, Wilbert Coffin, 41 ans, est pendu à la prison de Bordeaux (Montréal) pour le meurtre de 3 chasseurs américains.

Le 26 octobre 1956, Ovila Boucher, 32 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Georges Harbour commis au cours d'un vol à main armée.

Le 30 novembre 1956, Edmond Gagné, 20 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de sa tante, Irène Ouellet.

1957

En 1957, Charles Houle, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.

Le 6 avril 1957, Fernand Vachet, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.

1958

Le 23 septembre 1958, J.-Davila Lévesque, un policier provincial est tué alors qu'il est en devoir.

1959

En 1959, un important pégrard, Frank Petrula, est assassiné.

Le 27 février 1959, Hector Poirier, 52 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de Jean-Claude Perrault commis au cours d'un vol à main armée.

1960

Le 11 mars 1960, Ernest Côté, 36 ans, est pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre d'Alexander Herron commis au cours d'un vol à main armée.

1961
Le 5 mai 1961, Marcel Lacombe, un policier de Montréal est tué alors qu'il est en devoir.

Le 24 août 1961, Gérard Bernier, agent de la Police provinciale de Québec, est assassiné à sa résidence de Cap-Saint-Ignace.

Le 16 novembre 1961, William Guerguwicz, un agent du Service de police de Montréal est tué alors qu'il est dans l'exercice de ses fonctions.

1962
Le 9 janvier 1962, à Montréal, Roger Robidoux, un policier provincial, est tué lors d'une perquisition.

Le 13 février 1962, à Montréal, Jean-Paul Tremblay, un trafiquant de drogues est assassiné dans son appartement de la rue Fleury Ouest.

Le 17 juin 1962, Émeute au pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul ; bilan : 1 mort et 27 blessés parmi les détenus, et des dommages de 3 M $ causés par des incendies allumés simultanément dans 6 bâtiments de l'établissement correctionnel dont 200 cellules.

Le 22 octobre 1962, Maurice Cloutier, un trafiquant de drogues, est assassiné en pleine rue de Montréal ; il était une relation du caïd Lucien Rivard .

Le 14 décembre 1962, à Saint-Laurent (Montréal), Denis Brabant et Claude Marineau, des policiers de Saint-Laurent, sont tués par balles ; trois malfaiteurs (Jean-Paul Fournel, 39 ans, Jules Reeves, 30 ans, et Georges Marcotte, 35 ans) sont pris sur le fait à commettre un vol à main armée dans une succursale bancaire de la ville de Saint-Laurent ; les deux agents arrivent sur les lieux deux minutes après l'alerte donnée par un employé de la banque et sont abattus par la mitraillette de Georges Marcotte vêtu d'un costume de père Noël ; appréhendé le premier, Jean-Paul Fournel dénonce ses complices, mais il est tout de même condamné à l'emprisonnement à perpétuité en 1963 ; Georges Marcotte est reconnu coupable de meurtre et condamné à mort en 1963 (sa sentence est commuée en emprisonnement à vie en novembre 1964 ; libéré en 1981, il s'établit en Ontario sous le nom de Georges Duviver) ; Jules Reeves, victime d'une embolie cérébrale à la suite de son arrestation, est déclaré inapte à subir un procès ; il meurt en prison en 1973.

1963
Le 20 avril 1963, à Montréal, explosion d'une bombe à l'arrière du centre de recrutement de l'Armée canadienne, au 772, rue Sherbrooke Ouest ; le Front de libération du Québec-FLQ revendique la paternité de l'attentat qui a causé la mort du gardien de nuit, William Vincent O'Neil .

Le 20 avril 1963, à Québec, un résident de Pont-Rouge, Léo-Paul Dion, pédophile connu, attire Guy Luckenuck, 12 ans, de Kénogami, l'agresse sexuellement, l'étouffe et l'enterre sur un terrain lui appartenant.

Le 3 mai 1963, à Laval, Raymond Tellier, un gardien de prison est tué à l'occasion d'une prise d'otage dans le pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul (Laval).

Le 5 mai 1963, Léo-Paul Dion s'empare de Alain Carrier, 8 ans et de Michel Morel, 10 ans, les agresse sexuellement, les tue et enterre leurs corps ; le 26 mai 1963, Léo-Paul Dion s'empare de Pierre Marquis, 13 ans, l'agresse sexuellement, le tue et enterre son corps.

1964

Le 23 août 1964, Margot Turner, une escorte (prostituée) et ancienne effeuilleuse de 36 ans accompagnée de Ronald Fishman, 23 ans, entrent dans le bar Le Cabaret près du boulevard Saint-Laurent ; Roland et Jacques Poirier, deux membres du gang des quatre frères Poirier qui contrôlait alors la Main étaient déjà assis au bar. Jacques Poirier dit à Turner qu'elle fait la belle vie pendant que son ancien chum son frère, le boss de la famille est en prison en Ontario ; il lui reproche également d'avoir des relations avec le gang Canasta ; Turner réplique que les Poirier ne sont plus les rois de la Main ; l'un des Poirier frappe Turner en plein visage et la frappe sur la tête avec une bouteille jusqu'à ce qu'elle perde conscience et s'afaisse dans un bain de sang, puis Poirier retourne s'asseoir au bar. Fishman, le compagnon de Turner, la relève et sort du bar avec elle pour la conduire à l'Hôpital Royal Victoria. Les Poirier les rejoignent dans le parking de l'hôpital. L'un des Poirier s'empare de Margot Turner et entoure son cou d'un cable qu'il serre en riant ; Fishman plaide pour la vie de Margot et promet qu'il ne trahira pas Poirier ; Roland Poirier réplique  »C'est certain que tu ne diras rien à personne.» Lorsqu'il revient à lui à l'Hôpital, Fishman demande si Margot est à l'Hôpital; le personnel infirmier appelle la police. Le cadavre d'une femme avait été découvert dans le quartier Côte-des-Neiges. Les Poirier sont arrêtés, jugés et reconnus coupables de meurtre et condamnés à la pendaison ; la Cour d'appel ordonne un nouveau procès en 1966 ; de nouveau reconnus coupables, ils échappent à la corde parce que la peine de mort avait alors été abolie et ils sont condamnés à la prison à perpétuité.

Le 17 septembre 1964, Rocky Brunette, qui aurait été chargé par Lucien Rivard de remettre 20 000 $ à Me Pierre Lamontagne pour qu'il renonce à l'extradition de Rivard vers les USA, est abattu parce qu'il n'a pas remis l'argent comme il le devait ; le 25 septembre 1964, le juge Claude Prévost ordonne l'extradition vers le Texas de Lucien Rivard, Raymond Jones, Julien Gagnon, et Charles-Émile Groleau ; leurs avocats s'adressent à la Cour d'appel. T.C. Douglas, chef du Nouveau parti démocratique, accuse Raymond Denis et Guy Lord, ex-adjoints du ministre de la Justice, Guy Favreau, d'avoir entravé la Justice en offrant un pot-de-vin à Me Pierre Lamontagne pour qu'il ne s'oppose pas à la demande de libération sous caution de Lucien Rivard et de ses complices ; le 25 novembre 1964, le gouvernement du Canada annonce la création d'une commission royale d'enquête présidée par le juge Frédéric Dorion pour faire enquête «sur les allégations relatives à des incitations irrégulières et à des pressions abusives auxquelles on aurait eu recours en vue d'influencer l'avocat qui s'occupe de la requête en extradition de Lucien Rivard».

1965

Le 28 février 1965, Réjean Lavoie, un fier-à-bras, est abattu à Montréal ; en mars 1964, il avait dirigé un groupe qui avait administré une raclée au caïd Lucien Rivard qui venait d'être arrêté à Chomedey (Laval).

Le 19 octobre 1965, à Montréal, André Lamothe, Ovila Boulet, Jean-Jacques Gagnon et Fernand Quirion sont trouvés coupables de 4 meurtres reliés à des incendies criminels.

Le 26 novembre 1965, Hilaire Blais, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.

1966

En 1966, Jacques Rousseau, un dessinateur de mode de 45 ans, aurait assassiné son épouse ; il avoue son crime lors de l'enquête du coroner ; accusé de meurtre, il est libéré sous un cautionnement de 10 000 $ ; il forfait son cautionnement et demeure introuvable jusqu'en 2002 alors qu'on apprend que, souffrant de la maladie d'Alzheimer, il est hospitalisé en Floride sous le nom de L. Bruce Lyon ; le 4 février 1981, il avait tenté de tuer sa seconde femme en l'étouffant dans sa voiture à Montréal, puis une seconde fois en l'attirant dans une chambre d'hôtel de New York ; en février 2002, ses empreintes digitales permettent de l'identifier en Floride où il doit 384 000 $ pour son hospitalisation depuis le 7 février 2000 ; le véritable L. Bruce Lyon, un animateur de radio de Dallas Le Texas) aurait fait faillite à cause de l'utilisation de son nom par Rousseau ; en 2002, Rousseau est remis aux autorités canadiennes qui l'hospitalisent dans une résidence pour victimes de la maladie d'Alzheimer ; en octobre 2003, il est déclaré inapte à subir son procès pour le meurtre de sa première femme.

Le 22 février 1966, à Montréal, François Payette, un avocat criminaliste, est abattu par balles dans son automobile sur la rue Laverdure, près du métro Henri-Bourassa.

Le 25 février 1966, Marcel Bernier est reconnu coupable du meurtre de sa maîtresse, Laurette Beaulieu, perpétré à Shawinigan en 1962, et est condamné à la pendaison ; la sentence de mort de Bernier est commuée en peine de prison à vie. Une enquête révèle plus tard que, le 8 août 1961, Bernier avait assassiné Denise Therrien, 16 ans, qu'il avait attirée chez lui à Shawinigan sous prétexte de garder ses enfants.

Le 5 mai 1966, à Montréal, Gaétan Desrosiers, 18 ans, un membre de la cellule felquiste dirigée par Pierre Vallières et Charles Gagnon, dépose une bombe dans le bureau du manufacturier de soulier LaGrenade, rue Rachel, dont les employés sont en grève ; la bombe explose et Thérèse Morin, la secrétaire de la direction, est tuée sur le coup et 6 autres personnes sont blessées ; ayant plaidé coupable à des accusations d'homicide involontaire relativement à cette affaire, Serge Demers, André Lavoie, Claude Simard, Gérard Laquerre, Marcel Faulkner et Réal Mathieu sont condamnés à des peines d'emprisonnement variant selon l'importance de leur implication.

Le 14 juillet 1966, à Montréal, Jean Corbo, 16 ans, un membre du FLQ qui s'apprête à poser une bombe dans le local de la Dominion Textile à Montréal, est tué sur le coup lorsque la bombe éclate entre ses mains.

1967

Le 12 avril 1967, Maurice Smith, un policier de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.

Le 19 septembre 1967, Monica Proietti dite « Machine-Gun Molly» ou «Monica la Mitraille», 27 ans, est abattue par la police de Montréal à l'angle de la rue Dickson et du boulevard Pie-IX après avoir perpétré un vol à main armée de 3 000 dollars à la Caisse populaire Saint-Vital, au 11 117, boulevard Saint-Vital, à Montréal-Nord ; libérée sous caution, elle était soupçonnée d'avoir perpétré 30 vols à main armée, mais son avocat, Léo-René Maranda, avait réussi à la faire libérer ; sa mère et 4 de ses frères étaient morts dans un incendie, et sa cousine et meilleure amie, Isabelle Blais, avait été assassinée. Georges Hébert Germain écrit un roman basé sur sa vie, mais il la nomme Sparvieri par respect pour les membres de sa famille ; un film relatant sa vie est réalisé en 2003.

1968

En 1968, Howard Christie, un agent du Service de police de Pointe-Claire est tué à Pointe-Claire alors qu'il est en devoir.

Le 4 mai 1968, à Montréal, Robert Allard, un copain de Richard Blass, est assassiné par Vincenzo «Jimmy» Di Maulo et Giuseppe Aruani sous les yeux de la police qui arrête les deux tueurs sur le champ. En 1970, Vincenzo «Jimmy» Di Maulo est condamné à l'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 12 ans de sa peine derrière les barreaux. En 1994, alors qu'il est en libération conditionnelle depuis 1981, Di Maulo est arrêté à la suite d'une opération policière au cours de laquelle la GRC opérait un bureau de change sur la rue Peel à Montréal et transformait l'argent déposé par les bandits pour construire sa preuve. Libéré sous conditions en 2004, Di Maulo, 64 ans, se voit refuser en 2007 par la Commission nationale des libérations conditionnelles la permission de rencontrer son frère Giuseppe «Joe» ; même si ce dernier avait subi une opération chirurgicale, la Commission a considéré qu'il était toujours un membre influent de la mafia montréalaise et que son frère ne pouvait le voir.

Le 8 mai 1968, Gilles Jean, un agent du Service de police de Montréal, est tué alors qu'il est en devoir.

Le 23 juillet 1968, à Montréal, le cadavre de Norma Vaillancourt, une enseignante de 21 ans, est trouvé dans son appartement de Montréal ; la jeune femme avait été violée, puis étranglée ; ses seins portaient des marques de dent ; les cadavres de Shirley Audette, 20 ans, Marielle Archambault, 20 ans, et de Jean Wray, 24 ans furent découverts dans des conditions identiques dans les semaines qui suivirent ; en 1971, le cadavre de Elizabeth Portheous, 33 ans, est découvert à Calgary(Alberta) dans les mêmes conditions ; Wayne Boden, un commis voyageur, est appréhendé relativement au décès de madame Portheous ; le modus operandi le relie aux meurtres des quatre Montréalaises et l'empreinte de ses dents trouvée sur les seins des victimes l'identifie clairement comme l'agresseur ; il avoue être l'auteur de trois de ces homicides et est condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 25 ans de sa peine derrière les barreaux ; le 30 mars 2006, Boden décède au pénitencier de Kingston, Ontario.

Le 31 octobre 1968, soir de l'halloween, Roland Giguère, un homme d'affaires de Sherbrooke propriétaire d'un restaurant à consommation rapide Poulets Frits à la Kentucky - PFK est abattu par balles alors qu'il rentrait chez lui à la fin de sa journée de travail ; l'un de ses enfants a vu un individu portant masque d'halloween sortir d'une haie de cèdres et abattre son père qui venait de sortir de son automobile. Le 8 février 2006, la police de Sherbrooke interroge un homme dans la soixantaine relativement à ce décès.

1969

En 1969, Réal Brunet, policier de Saint-Laurent, est tué alors qu'il est en devoir.

En 1969, un homme de 22 ans est abattu de 12 balles dans son appartement de la rue Jean-Talon Est à Montréal ; Giuseppe Armeni et Vincenzo Di Maulo sont impliqués dans cet assassinat. Dénoncé par le délateur Sylvain Garand en 2006, Armeni a été condamné en 2007 à 19 ans de prison par le juge Richard Wagner pour importation de 761 kg de cocaïne pure à 85% ; le 25 août 2011, la Cour d'appel refuse de modifier la sentence du juge Wagner ; Arménie ayant été condamné à trois reprises pour importation et trafic de drogues.

Le 12 mai 1969, Gilles Boutin, un policier de Montréal, est tué lors une collision survenue à l'angle des rues Papineau et Villeray alors qu'il tentait d'intercepter un évadé de l'Institut Leclerc.

Le 19 juin 1969, à Montréal, un cycliste arrêté par un policier de la Communauté urbaine de Montréal-CUM (enlève l'arme de ce dernier et le tue.

Le 9 octobre 1969, à Montréal, Robert Dumas, un caporal de la Sûreté du Québec, est tué par balle au cours d'une manifestation violente alors que les policiers de Montréal sont en grève.

1970

Le 6 février 1970, Doris Faucher, née en 1942, et son conjoint, Majella Bouchard sont assassinés ; un certain Le Bourhis, ex-copain de Doris Faucher et père de l'enfant de celle-ci, Éric Le Bourhis-Bouchard, est accusé de ces meurtres,

Le 22 septembre 1970, André Lahaise est assassiné de 22 coups de couteau ; Conrad Brossard, 22 ans, qui s'est évadé d'une maison de transition de Montréal dans laquelle il purgeait une peine de 7 ans de prison infligée en 1966, est arrêté le 4 novembre 1970 et accusé du meurtre de Lahaise.
Le 26 mars 1971, Brossard est reconnu coupable de meurtre, puis condamné à l'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 20 ans de sa peine derrière les barreaux.
En 1980, profitant d'une sortie de groupe, Lahaise s'évade du pénitencier de Cowansville et commet une tentative de meurtre ; sa victime, Marc Lapierre, abandonnée dans un bois de Tracy le 12 juillet 1980, survit à une balle dans le foie et à 13 coups de couteau ; arrêté, Lahaise est accusé de tentative de meurtre, puis condamné, le 23 mars 1982, à 23 ans de prison. En février 1987, Lahaise est mis en sémi-liberté ; il commet une tentative de meurtre sur la conjointe d'un de ses co-détenus.
En 1988, Brossard il est condamné à la prison à perpétuité.
En février 2002, Brossard obtient une semi-liberté et séjourne à la maison de transition Radisson de Trois-Rivières.
Le ou vers le 30 avril 2002, alors qu'il bénéficie d'un programme de réinsertion en travaillant comme bénévole à la résidence Cooke du Centre hospitalier de soins de longue durée de Trois-Rivières, il agresse sexuellement, puis assassine Cécile Clément, une femme qu'il avait rencontrée alors qu'elle faisait du bénévolat auprès de sa mère hospitalisée dans cette institution ; Cécile Clément avait accepté qu'il la reconduise chez elle.
Le 4 mai 2002, Brossard est appréhendé par la police et est accusé le 6 mai de vol de véhicule, de séquestration, d'agression sexuelle armée, de possession d'une arme prohibée et du meurtre de Cécile Clément.
Le 12 août 2003, Brossard est condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 25 ans de sa peine derrière les barreaux.
Le 19 décembre 2003, le rapport d'une enquête entreprise pour savoir comment un criminel de la trempe de Brossard pouvait être en liberté conditionnelle, blâme la division québécoise des Services correctionnels du Canada qui, malgré un casier judiciaire chargé, n'avait fait aucune évaluation psychologique sérieuse pour déterminer s'il était un psychopathe.
En octobre, le garçon de table Gilles Lemire est abattu de 7 balles provenant de deux armes différentes ; Louis-Philippe Bourgeois, 23 ans, est arreté relativement à ce meurtre et un autre homme de 23 ans est aussi arrêté pour répondre de ce meurtre.

Le 31 octobre 1970, Yves Geoffroy est condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de son épouse.

Le 30 novembre 1970, Denise Vouligny, 22 ans, une serveuse est assassinée de 6 balles à la tête ; Claude Duhamel, 28 ans, est aperçu par des policiers qui patrouillaient dans les environ d'un champ où il avait creusé une fosse et y avait jeté la victime qu'il s'apprêtait à enterrer.

1971

Il y a eu 124 homicides au Québec en 1971.

Le 12 mars 1971, vers 5 h 20, 3 personnes sont trouvées mortes à la boîte de nuit Casa Loma, rue Sainte-Catherine Est à Montréal par un patrouilleur du Service de police de Montréal ; André Vaillancourt, le gérant et barman du bar Jacques-Antonin, retrouvé derrière son bar, Jacques Verrier, un ami de Vaillancourt, et Jean-Claude «Ti-Caille» Rioux ; Jean-Marc Morin, est accusé des meurtres d'André Vaillancourt et de Jacques Verrier, alors que Jos Di Maulo, Jos Tozzi et Julio Ciamarro sont accusés du meurtre de Jean-Claude Rioux ; les deux procès sont tenus séparément ; grâce au témoignage de la petite amie de Rioux, les jurés trouvent Di Maulo, Tozzi et Ciamarro coupables du meurtre de Rioux ; la même témoin donne une version totalement différente de celle qu'elle a donnée au premier procès, disant même que ce n'était pas l'accusé qui avait tué Verrier et Vaillancourt, mais Rioux, la Cour acquitte Morin ; à la suite de ce témoignage contradictoire, un nouveau procès est ordonné dans le cas de Di Maulo, Tozzi et Ciamarro ; au cours de son témoignage, la témoin revient à sa première version des faits, mais personne ne la croit et les accusés sont acquittés le 1 février 1972.

Le 27 juin 1971, le gardien de prison, Paul Gosselin, gardien de prison au Centre fédéral de détention de Sainte-Anne-des-Plaines, est tué par arme à feu par un détenu qu'il avait amené à l'Hôpital Queen Mary de Montréal pour y soigner un ulcère sanglant à l'estomac ; Paul Gosselin avait permis au détenu d'aller aux toilettes où ce dernier avait pris possession d'un pistolet et l'avait abattu à son retour ; ce meurtre entraîne le débrayage de 24 heures des 6 500 gardiens dans 49 pénitencier fédéraux au Canada ainsi que la grève du zèle des 1 400 gardiens de prisons provinciales au Québec.

Le 16 juillet 1971, Carole Marchand, 12 ans, et Chantal Côté, 13 ans, sont assassinées à Cap-de-la-Madeleine ; Ludger Delarosbil, originaire de la Gaspésie est accusé de ces meurtres.

Le 5 octobre 1971, à Montréal ; embauché en 1970 par la compagnie Dupont à ses bureaux de la rue Dorchester Ouest à Montréal, en vertu d'un programme d'aide à d'anciens détenus pour crimes mineurs, Vincent Meloche est congédié pour insolence par son patron immédiat George Matthews ; le 6 octobre, armé d'une carabine à canon tronçonné, il revient au siège social et assassine George Matthews, Thomas Crawley, le gérant de la division dans laquelle il travaillait qui avait maintenu le congédiement, et Gaétan Langlois, un autre dirigeant de l'entreprise ; ayant plaidé coupable aux accusations de meurtre prémédité, il est condamné à l'emprisonnement à perpétuité ; cependant, la Cour d'appel refuse son plaidoyer de culpabilité et ordonne la tenue d'un procès à la suite duquel il est reconnu coupable et condamné de nouveau à l'emprisonnement à perpétuité ; son avocat obtient de la cour d'appel que la culpabilité soit réduite à celle de meurtre non prémédité ; il sort de prison en 1990 ; le 15 octobre 2001, on trouve son cadavre calciné à l'angle des rues Papineau et Bélanger à Montréal ; il s'était suicidé en s'aspergeant d'essence, puis en mettant le feu à ses vêtements.

Le 12 octobre 1971, Réal Chartrand qui venait de commettre un hold-up à la succursale Saint-Augustin (Mirabel) de la Banque Provinciale du Canada, est pris en chasse par les policiers Gabriel Labelle et Gilbert Martin de la Sûreté municipale de Sainte-Thérèse ; Chartrand abandonne son véhicule et, armé d'un pistolet Commando Mark III de calibre .45, prend la fuite à pied ; l'agent Labelle tire trois coups de semonce, Chartrand se retourne et tire deux fois dans la direction des agents ; le policier est atteint par 2 balles dont l'une à l'épaule gauche qui dévie puis lui traverse le poumon et le coeur ; Chartrand continue sa fuite et atteint une maison du boulevard des Ormes où il prend en otage une jeune fille de 13 ans, Hélène Sanche ; il se rend finalement à la police sans avoir brutalisé son otage ; le policier Labelle décède de ses blessures, Chartrand est accusé de meurtre, puis condamné à mort à la suite de son procès ; la sentence de mort est commuée en peine d'emprisonnement à perpétuité par le Gouverneur général ; Chartrand, décédé en 2003, fut le dernier condamné à mort au Canada, le Parlement ayant suspendu l'application de la peine capitale en 1969, puis l'ayant abolie en 1975.

Le 5 novembre 1971, Bernard Charlebois, un policier du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal-SPCUM, est tué par balles.

Le 16 décembre 1971, Jean-Guy Sabourin, un agent du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal-SPCUM, est tué par balles alors qu'il est en devoir.

1972

Le 4 avril 1972, une bombe éclate à la délégation commerciale de Cuba à Montréal, une personne est tuée et 7 autres sont blessées ; la police appréhende 7 officiels cubains et en accuse six autres de possession d'armes et d'entrave au travail des policiers.

Le 21 août 1972, Jacques Mesrine, Jean-Paul Mercier et 4 autres détenus s'évadent du pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul.

Le 1er septembre 1972, trois hommes sont expulsés du club de nuit Wagon Wheel situé à l'étage du dessus du Blue Bird Café, sur la rue Union, entre la rue Sainte-Catherine Ouest et le boulevard Dorchester (René-Lévesque) à Montréal ; Marc Boutin, James O'Brien et Gilles Eccles répandent de l'essence dans l'escalier qui mène à l'étage supérieur et mettent le feu qui se propage rapidement dans l'édifice ; les clients du Wagon Wheel se précipitent vers la sortie qui est en feu et s'empilent les uns sur les autres ; bilan : 37 morts par asphyxie, suffocation, brûlures ou piétinement, et 54 blessés gravement. Au cours de son procès, O'Brien explique que les trois copains étaient ivres, qu'ils n'avait pas l'intention de tuer personne mais seulement d'intimider le portier qui les avait expulsés. En décembre 1972, Marc Boutin et James O'Brien plaident coupable à des accusations de meurtre non prémédité et sont condamnés à l'emprisonnement à perpétuité ; plus tard, Gilles Eccles plaide coupable à l'accusation d'homicide involontaire. Les trois hommes ont été libérés sous conditions en 1983.

Le 10 septembre 1972, les garde-chasse Médéric Côté, 62 ans, et Ernest Saint-Pierre, 50 ans deux s'apprêtent à remettre des contraventions à Jacques Mesrine et Jean-Paul Côté de chasse illégale parce qu'ils pratiquent le tir à la carabine sur le chemin de la Petite-Belgique à Saint-Louis-de-Blantford ; Mesrine et Mercier les abattent alors de plusieurs balles ; recherché pour ces meurtres, Mesrine se réfugie au Vénézuela, puis, le 12 septembre suivant, il rentre à Paris où il commet 15 hold-up en 4 mois ; de nouveau appréhendé le 8 mars 1973, Mesrine réussit à s'évader du tribunal qui allait entendre son procès en s'emparant du juge à la pointe d'un revolver ; de nouveau arrêté le 28 septembre 1973, il est détenu jusqu'à la première semaine de mai 1977 où il doit répondre à 13 accusations de vol à main armée et tentative de meurtre ; condamné à 20 ans de réclusion à la prison de la Santé de Paris, Mesrine s'en évade le 8 mai 1978 ; abattu dans une automobile par la police française vers 15 h 15, le 2 novembre 1979, en pleine rue de Paris.

Le 30 septembre 1972, Daniel Rudberg, un jeune ingénieur père de 2 enfants, est poignardé à mort par un adolescent de 14 ans de qui il voulait reprendre un sac à main volé à une dame ; l'adolescent était bourré de LSD ; Sheila Twinkel Rudberg, l'épouse de Daniel Rudberg, fonde le projet LOVE en 1993 pour fournir à des jeunes âgés de 13 à 18 ans dont la vie a été marquée par toutes sortes de violences, dans leur famille ou à l'école, des outils qui leur permettent de rejeter les comportements négatifs et agressifs.

Le 17 novembre 1972, Léo-Paul Dion est assassiné à la prison de Bordeaux par Normand Champagne, un codétenu.

1973

Le 19 janvier 1973, Raymond Boissinot, 43 ans, est abattu de 3 balles de revolver sous les yeux d'une dizaine de clients attablés dans la taverne des Sports, au 111 rue Saint-Vallier Ouest à Québec ; il s'agirait d'un règlement de compte au sein de la petite pègre de Québec ; le 20 janvier, la police arrête René Verreault, 34 ans, qui sera cité comme témoin important à l'enquête du coroner relativement à ce décès.

Le 21 janvier vers 4 h 15, Raynald Bergeron, 36 ans, est abattu d'une balle d'un fusil de calibre .12 au Café Chez Jeannot, 343, rue de l'Église, dans le quartier Saint-Roch à Québec.

Le 3 février 1973, Michel Verreault assassine André Trudel, son compagnon de crime.

Le 1 mai 1973, le journaliste Jean-Pierre Charbonneau, chroniqueur des affaires criminelles au quotidien Le Devoir est l'objet d'une tentative d'assassinat dans la salle des nouvelles de son journal ; Antonio dit Tony Mucci est reconnu coupable de tentative de meurtre relativement à cette affaire.

Le 1 juin 1973, Laurent Fasoli, 40 ans, est assassiné dans un cabaret de Laval en même temps que Patrice Saint-Louis, le propriétaire du cabaret ; la police croit que le tueur, Michel Verreault, était sous contrat émis par le clan Dubois.

Le 14 juin 1973, Richard Larente, un agent du Service de police de Montréal, est tué par balles alors qu'il était en devoir.

Le 3 juillet 1973, Michel Verreault assassine Réal Boisvert.

Le 10 juillet 1973, au cours de la nuit, des coups de feu sont entendus par les résidents d'un édifice d'appartements sur la rue Crépeau à Saint-Laurent (île de Montréal) ; la police découvre le cadavre de Salvatore Sergi, 21 ans, et le corps transpercé de balles de Mario Ciambrone, 27 ans, un trafiquant de drogues qui décède en route vers l'hôpital du Sacré-Coeur du boulevard Gouin ; les 2 victimes faisaient partie du clan Cotroni-Violi.

Le 26 juillet 1973, Yvan «Stuntman» Lapointe, un membre du gang de motards Citoyens de la Terre, est assassiné par Michèle Blouin, la petite amie de Serge «Gallo» Beaulieu, chef du gang de motards Pacific Rebels de l'île d'Orléans.

En septembre 1973, Claude Riendeau, 35 ans, un gardien à l'emploi du transporteur d'argent Brink's est tué au cours d'une attaque à main armée survenue sur la Côte-de-Liesse à Saint-Laurent (île de Montréal) ; au cours de cet événement, un autre gardien de la Brink's est blessé ; en 1974, William «Bill» MacAllister, 31 ans, un membre du gang de l'Ouest, est reconnu coupable de tentative de meurtre relativement à cet incident et condamné à la prison à perpétuité ; le vol avait rapporté 270 000 $ aux bandits ; libéré sous conditions en 1981, MacAllister est arrêté de nouveau à Mont-Rolland le 21 mars 1993, en vertu d'un mandat de la police de Floride qui le recherche pour complot d'importation de drogues des États-Unis au Canada ; extradé aux États-Unis en 1994, il y est condamné à 19 ans de prison en 1995 ; en 2002, les Américains le renvoient au Canada où il reste derrière les barreaux jusqu'à sa libération conditionnelle en 2008 ; les autorités carcérales canadiennes décident de le garder en prison parce qu'il avait manqué aux conditions fixées pour sa libération sur parole en 1981 ; la police avait arrêté Paul Larue, un trafiquant de drogues, qui avait impliqué MacAllister dans le complot d'importation ; le 9 novembre 2006, la Cour suprême du Canada refuse d'entendre son appel de la décision des tribunaux inférieurs de considérer légale son arrestation à son retour des États-Unis en 2002. À la fin de 2008, il est réincarcéré à l'Institut Leclerc pour avoir violé l'une des conditions de sa libération en rencontrant un ami d'enfance dont il savait qu'il avait été reconnu coupable de paris illégaux et en rencontrant un associé des Hells-Angels.

Le 2 septembre 1973, Moreno Gallo, 28 ans, et Tony Vanelli assassinent de 5 balles Angelo Facchino, 26 ans, un trafiquant de drogues travaillant avec le clan des Dubois qui était assis dans son automobile en face d'une boîte de nuit de la rue Saint-Denis près du square Saint-Louis à Montréal ; Gallo et Vanelli sont appréhendés alors qu'ils fuyaient le lieu du meurtre en sens contraire d'une rue à sens unique ; deux policiers militaires qui avaient été témoins de l'incident et avaient suivi les fuyards en avertirent la police de Montréal qui trouva l'arme du crime dans l'automobile ; Gallo, qui a plaidé coupable de meurtre, est condamné en 1974 à l'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 10 ans de sa peine derrière les barreaux et Vanelli, qui a plaidé coupable à l'accusation réduite d'homicide involontaire, est condamné à 7 ans de prison ; Gallo et Vanelli faisaient partie du clan Cotroni-Violi ; Gallo est libéré sous conditions en septembre 1983, Gallo est réincarcéré en 2007 après que la police, lors de l'Opération Colisée, l'eut filmé arrivant au Consenza Social Club et y livrer des liasses de billets de banque à des gens comme Nicolo Rizzutto ; l'Opération Colisée avait mis sous écoute un grand nombre de mafiosi. Le 30 mars 2010, il obtient d'être libéré sous plusieurs conditions, dont le dépôt de 100 000 $ par son épouse qui dirige la boulangerie familiale dans le quartier de la Petite Italie de Montréal. Le 9 avril 2010, jour de sa mise en liberté de jour, il est remis entre les mains de l'Agence des services frontaliers qui entame une seconde procédure d'extradition à son endroit ; la première procédure d'extradition avait été annulée le 17 juin 2009 par un juge de la Cour fédérale à la suite d'une audition tenue à Toronto ; le juge avait déclaré que la procédure manquait d'équité envers Gallo.

Le 11 novembre 1973, des tueurs font irruption dans la maison de Donald Côté, à Sainte-Anne-des-Plaines, et abattent sa conjointe, son enfant et un de ses employés qui dormait sur le divan ; Côté, qui était visé par l'attentat, y échappe en se cachant sous le lit.

Le 14 novembre 1973, les cadavres calcinés et mutilés de Édouard «Eddy» Chiquette et de Robert de Courcy sont découverts dans le coffre arrière d'une automobile en flammes à Montréal ; des mandats d'arrestation avaient été émis contre eux en rapport avec la tuerie de la famille de Donald Côté à Sainte-Anne-des-Plaines le 11 novembre précédent.

1974

Le 1 janvier 1974, Ghislain Fiset, un membre du gang des Pacific Rebels de l'Île-d'Orléans, est trouvé mort dans un banc de neige près de la prison de Orsainville à Charlesbourg.

Le 29 janvier 1974, Mario Bureau, 19 ans, et Mario Demers, 18 ans, des motards originaires des Cantons-de-l'Est sont abattus de rafales de mitraillette M-1 et de décharges de fusil alors qu'ils se trouvaient dans leur voiture, une vieille Ford, en face du 340, rue Sapinière-Dorion à Québec ; Mario Bureau décède de ses blessures, mais Mario Demers survit ; l'une des victimes ressemblait à Réjean Laflamme, un membre des Pacific Rebels, et leur vieille Ford était semblable à celle dont se servaient Jean-Claude Talbot et Serge Létourneau, 2 autres membres de ce gang.

Le 4 février 1974, Serge Létourneau, un membre du gang des Pacific Rebels, est assassiné par l'explosion d'une bombe posée sous le siège de son automobile garée près du Château Frontenac à Québec.

Le 15 mars 1974, Marc Distefano et Michel Lamoureux, membres du gang des Atomes de Sherbrooke, sont assassinés au centre-ville de Sherbrooke par des membres du gang des Gitans de Sherbrooke.

Le 20 mai 1974, les cadavres de Claude Chamberland et de sa petite amie sont découverts calcinés dans une maison mobile incendiée à Laval ; Chamberland était une relation de Claude Ellefsen .

En juillet 1974, le cadavre de Norma O'Brien, 12 ans est découvert dans un champ près de la rue Saint-François de Châteauguay ; la jeune fille avait été battue, violée, puis étranglée. En juillet 1975, le cadavre de Debbie Fisher, 14 ans, est découvert dans un boisé de l'avenue Brisebois à Châteauguay ; la jeune fille avait eu le crâne fracturé ; un homme de 18 ans est arrêté relativement à ces 2 meurtres ; comme il avait 16 ans lors du meurtre de Norma O'Brien et 17 ans lors du meurtre de Debbie Fisher, il est jugé par le Tribunal de la jeunesse en 1976 où il admet sa culpabilité ; parce qu'il était mineur au moment des meurtres, son nom ne peut pas être divulgué ; selon certains, le meurtrier fréquentait l'École polyvalente Louis-Philippe-Paré de Châteauguay.

Le 21 juillet 1974, Jean-Claud'Arbour et Jacques Morin, deux trafiquants de drogues indépendants, sont abattus par deux tueurs dans le restaurant La Fontaine de Joanni ; ils auraient empiété sur le territoire du gang des Devil's Disciples au Carré Saint-Louis à Montréal.

En juillet 1974, le cadavre de Norma O'Brien, 12 ans est découvert dans un champ près de la rue Saint-François de Châteauguay ; la jeune fille avait été battue, violée, puis étranglée. En juillet 1975, le cadavre de Debbie Fisher, 14 ans, est découvert dans un champ de la rue St. Francis à Châteauguay ; la jeune fille avait eu le crâne fracturé ; un homme de 18 ans est arrêté relativement à ces 2 meurtres ; comme il avait 16 ans lors du meurtre de Norma O'Brien et 17 ans lors du meurtre de Debbie Fisher, il est jugé par le Tribunal de la jeunesse en 1976 où il admet sa culpabilité ; parce qu'il était mineur au moment des meurtres, son nom ne peut pas être divulgué ; selon certains, le meurtrier fréquentait l'École polyvalente Louis-Philippe-Paré de Châteauguay.

En août 1974, Bernard Perrault est assassiné d'une balle dans le dos à proximité de la taverne Corner à Montréal ; Georges Ayotte, un bouncer (videur de cabarets) est accusé de meurtre relativement à ce décès.

Le 5 août 1974, à la suite d'un différend avec Roger Fontaine, Réal Lépine est abattu par 3 tueurs au club de nuit Le Caraquet, sur la rue Notre-Dame Ouest à Montréal ; c'est le début d'une guerre sanglante entre deux factions rivales pour le contrôle de la drogue et du prêt usuraire à Pointe-Saint-Charles ; selon une note qu'il laisse avant de mourir d'une overdose, le boxeur Gérald Ratté avoue avoir assassiné Lépine en compagnie de Roger Fontaine et à la demande de Jacques McSween, le bras droit de Lépine.

Le 30 septembre 1974, Raymond «Chapeau» Gagné, un membre du gang de Roger Fontaine, est abattu à la porte du bar-salon Chez Jean-Pierre, dans le quartier Pointe-Saint-Charles de Montréal.

Le 29 août 1974, William Brown, indicateur de la brigade des stupéfiants de la Gendarmerie royale du Canada, est assassiné à Montréal.

Le 5 octobre 1974, Jacques McSween, le chef d'un gang opérant dans le quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal est abattu par des tueurs en face de son domicile de Longueuil ; il aurait déclenché la guerre pour le contrôle de la drogue et du prêt usuraire dans le quartier en voulant éliminer le gang de Roger Fontaine à qui il avait donné une raclée 2 semaines après l'assassinat de Réal Lépine.

Le 30 octobre 1974, à Montréal, Roger «Seven-Up» Lévesque et Raymond Laurin sont assassinés dans le Bar Le Gargantua, rue Beaubien ; Richard Blass les aurait abattus et Edgar Roussel les aurait achevés de balles dans la tête ; Richard Blass reprochait à Roger Lévesque de l'avoir dénoncé à la police et à Laurin d'avoir fait échoué une tentative de vol à la suite de laquelle il avait été condamné à 6 ans de prison. Edgar Roussel est condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 25 ans de sa peine derrière les barreaux.

Le 2 novembre 1974, à Montréal, Aimé Pelletier, un agent du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal-SPCUM, est tué par balles tirées par des voleurs qui tuent un médecin au cours du même incident.

Le 14 novembre 1974, Gilles Legault est assassiné par Roland Simard au cours d'une embuscade dressée au chalet de Jean-Paul «Paulo» Deschênes.

Le 17 décembre 1974, à Saint-Joseph-du-Lac, 5 personnes, tous membres de la famille Dumoulin, sont tuées au cours d'un vol à main armée.

En 1974, 150 meurtres ont été commis au Québec, dont 66 sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal. Une vingtaine de victimes ont été l'objet de règlement de compte de la pègre.

1975

En 1975, le bain sauna gay Aquarius sur la rue Crescent à Montréal est attaqué à la bombe incendiaire ; 3 personnes meurent dans l'incendie dont 2 qui ne seront jamais identifiées.

Le 3 janvier 1975, Michael Kauzna, un citoyen d'origine polonaise. est tué par balles alors qu'il était dans la caisse populaire Saint-Édouard, au 4582, boulevard Sainte-Rose à Laval ; deux voleurs armés de revolvers de calibre .22 se sont présentés dans l'établissement et ont ordonné à tous les clients de lever les mains ; comme M. Kauzna ne comprenait ni le français ni l'anglais, il n'a pas obéi aux ordres, une échauffourée s'ensuivit et les balles partirent ; la victime fut atteinte à la tête ; les voleurs partirent avec 2 000 $.

Le 19 janvier 1975, le cadavre criblé de balles de Philippe Beereens, acolyte de Gilles Forget, le leader du gang des Devil's Disciples, est découvert dans son appartement de la banlieue de Montréal ; il avait menacé de tuer Claude Ellefsen.

Le 20 février 1975, le cadavre nu et portant des marques de coups de Jacqueline Caron est découvert dans le local de la bande de motards Les Cyclones de Magog à Magog ; le motard Fernand Bélanger l'aurait assassinée par balle de calibre .22 parce qu'elle était sa petite amie et qu'elle l'aurait triché pendant qu'il était en prison ; le 24 février suivant, le cadavre de Bélanger est découvert dans sa cellule ; il s'était pendu à l'aide de son pantalon.

Le 21 janvier 1975, le gérant du Bar Gargantua, rue Beaubien à Montréal est abattu par projectiles d'arme à feu et 12 clients, enfermés dans une petite pièce d'entreposage de caisses de bière, meurent asphyxiés lors d'un incendie allumé par une main criminelle ; le 24 janvier 1975, Richard Blass, soupçonné d'avoir allumé l'incendie du Bar Le Gargantua, est abattu de 20 balles lors d'un échange de coups de feu avec la police à Val-David.

Le 13 février 1975, vers 23 h 10, Roger «Moineau» Létourneau, membre d'un gang dirigé par Jacques McSween, est abattu à l'Hôtel Lapinière de Brossard par 4 tueurs qui font irruption dans l'établissement ; au cours de cet incident, 3 autres personnes perdent la vie et 5 autres sont blessées dont 2 qui n'avait rien à voir avec Létourneau.

Le 6 mars 1975, vers 2 h 15, Mary Shield, 44 ans, est assassinée à coups de couteau alors que deux adolescents s'étaient introduit par effraction au 138, Sunnyside Place à Dollard-des-Ormeaux ; les deux adolescents ont été appréhendés par la police à l'angle du boulevard Gouin et de la rue Lachapelle.

Le 29 mars 1975, à Montréal, Sharon Prior, 16 ans, est portée disparue ; la veille, vers 18 h, elle avait quitté le domicile familial de la rue de la Congrégation dans le quartier Pointe-Saint-Charles à Montréal pour aller rejoindre un groupe d'amis à un restaurant de la rue Wellington ; le 1er avril, le cadavre à demi déshabillé de la jeune fille est trouvé dans un boisé situé près du boulevard Guimond et du chemin du Lac à Longueuil ; l'autopsie révèle que la jeune fille a été violée, puis battue à mort. En 2003, la police de Longueuil rouvre l'enquête sur ce décès, mais ne découvre rien de nouveau au sujet du En 2012, la police ouvre de nouveau le dossier dans l'espoir de recueillir des informations à la suite d'une récompense de 10 000 $ offerte par un inconnu via Jeunesse au Soleil-SunnYouth.

Le 26 avril 1975, le cadavre de Claude Brabant est découvert criblé de balles le long d'un chemin de campagne.

Le 1er avril, le cadavre de Sharion Prior est découvert dans un champ à Longueuil ; elle avait quitté son domicile de Pointe-Saint-Charles le 29 mars précédent pour aller rejoindre un groupe d'amis à un restaurant de la rue Wellington.

Le 9 mai 1975, le cadavre putréfié de Réal Girard, un membre du gang des Devil's Disciples, est repêché des eaux du Saint-Laurent.

Le 3 juin 1975, Gilles Beauvais, un policier de Montréal, est tué par balles alors qu'il est en devoir.

Le 5 juin 1975, à Montréal, cinq jeunes clients d'une brasserie de la rue Iberville dans le quartier Rosemont sont enlevés ; ils auraient été assassinés par Gilles Forget et Guy Filion, puis enterrés quelque part dans la région de Terrebonne.

Le 12 juin 1975, Gilles Forget, leader du gang des Devil's Disciples, et son bras droit, Pierre «Napo» Saint-Jean sont abattus à la Brasserie Iberville à Montréal.

Le 25 juin 1975, à 8 h 25, la Brasserie Iberville est dynamitée par 3 hommes armés qui y font irruption ; ils avaient enfermé dans les toilettes les 11 personnes se trouvant sur les lieux ; ces dernières ont pu se libérer avant l'explosion ; il s'agirait d'une vengeance de la part des amis de Gilles Forget.

En juillet 1975, le cadavre de Debbie Fisher, 14 ans, est découvert dans un boisé de l'avenue Brisebois à Châteauguay ; la jeune fille avait eu le crâne fracturé ; en juillet 1974, le cadavre de Norma O'Brien, 12 ans avait été découvert dans un champ près de la rue Saint-François de Châteauguay ; la jeune fille avait été battue, violée, puis étranglée ; un homme de 18 ans est arrêté relativement à ces 2 meurtres ; comme il avait 16 ans lors du meurtre de Norma O'Brien et 17 ans lors du meurtre de Debbie Fisher, il est jugé par le Tribunal de la jeunesse en 1976 où il admet sa culpabilité ; parce qu'il était mineur au moment des meurtres, son nom ne peut pas être divulgué ; selon certains, le meurtrier fréquentait l'École polyvalente Louis-Philippe-Paré de Châteauguay.

Le 9 juillet 1975, Joseph Michaud, une relation de Gilles Forget est assassiné.

Le 17 juillet 1975, Yvon Saint-Pierre, une relation de Gilles Forget est assassiné.

Le 31 juillet 1975, Pierre McDuff, garde du corps de Claude Ellefsen, est abattu d'une balle en plein visage sur la rue Chapleau à Montréal ; il avait échappé à un attentat à la bombe le 30 mars précédent à son chalet de Piedmont.

Le 23 août 1975, Jean-Guy Giguère, une relation de Claude Ellefsen, est abattu d'une balle de fort calibre alors qu'il s'apprêtait à monter dans son automobile stationnée près de chez lui à Montréal.

Le 24 août 1975, Jean-Pierre Aspirot, un membre du gang des Devil's Disciples est blessé mortellement dans une fusillade au bar-salon L'Astro dans le nord de Montréal.

Le 29 septembre 1975, Pierre Barrette, devenu garde du corps de Claude Ellefsen, est abattu de 2 décharges de fusil de chasse à la tête et au thorax dans son appartement de la 26e avenue du quartier Rosemont à Montréal.

Le 20 décembre 1975, vers 23 h 30, Yvon Houle, 19 ans, et Suzanne Masse, 16 ans, sont tués au croisement de la 18e rue et du boulevard Henri-Bourassa dans le quartier Limoilou à Québec ; un tueur portant cagoule vide son arme à travers la vitre givrée de l'automobile ; Yvon Houle et Suzanne Masse sont atteints de 7 balles ; les circonstances de cet événement font croire à la police qu'il s'agit de victimes d'un tueur à gages qui s'est trompé de cible, que la voiture était semblable à celle de la personne visée et que le givre qui s'était formé sur les vitres de l'automobile occupée par 3 gars et 3 filles ne lui avait pas permis d'identifier la personne qu'il avait pour mission d'éliminer ; la voiture de Yvon Houle, une Valiant, était similaire à celle que conduisait l'un des membres des Pacific Rebels qu'on avait décidé d'abattre ; le tueur a tiré à travers la vitre du côté du chauffeur, tuant les deux jeunes gens avec les mêmes balles ; ces meurtres s'inscrivent dans la Guerres des gangs (Pacific Rebels et trafiquants de narcotiques locaux) qui sévissait à Québec à cette époque ; la police de Québec met la main au collet de Yvan Beaupré, 30 ans, de Val-d'Or, et de Rodrigue Thériault, 25 ans, de L'Assomption (Gaspé) qui sont accusés des meurtres des 2 jeunes gens ; en février 1976, Beaupré est reconnu coupable de meurtre non prémédité et condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 20 ans de sa peine derrière les barreaux ; le 13 mars 1975, Yvan Beaupré franchit les 4 portes verrouillées de la prison de Orsainville et fausse compagnie à ses gardiens en assumant l'identité de son frère, Rodrigue Beaupré, 38 ans, détenu lui aussi à la prison de Orsainville ; Beaupré est repris quelques mois plus tard à Saint-Léonard ; en mars 1984, à cause de la collaboration de Beaupré dans la résolution de plusieurs dossiers, Robert Sansfaçon, substitut en chef du Procureur général du Québec, Me Gilles Blanchard, directeur adjoint des Services correctionnels, Raynald Desjardins assistant directeur de Service de police de Québec, la Sûreté du Québec représentée par Normand Bessette, responsable des enquêtes criminelles et Jacques Larose, l'adjoint de ce dernier, et René Provencher, chef de l'unité des crimes contre la personne, appuient la demande de pardon royal soumise par Beaupré ; le 6 octobre 1990, alors qu'il jouit d'un droit de sortie sans surveillance, Beaupré prend la poudre d'escampette ; Beaupré aurait collaboré avec la justice dans les procès pour meurtres de, entre autres, Gilles Dufresne, Rock Roy, André Pelletier, Daniel Deslauriers. En mars 1976, Thériault est déclaré non coupable de l'accusation qui pesait contre lui. N.B. La condamnation de Gilles Dufresne a été cassée en Cour suprême en 1988. Rock Roy a été acquitté par la Cour d'appel du Québec en 1989.

En 1975, il y a eu 225 homicides au Québec.


1976

En 1976, Yvan Denault, chef du gang des Black Spiders de Montmagny, est tué par le propriétaire de l'auberge des Trois-Chemins qu'il harcelait.

En 1976, deux membres du gang des Popeyes sont tués par l'explosion d'une bombe qu'ils déposaient dans le métro de Montréal pour protester contre les conditions de détention de leurs collègues en prison.

En 1976, Richard Scully, 31 ans, est abattu dans un ascenseur d'un édifice de l'Île-des-Soeurs; il était le frère de Robert Scully.

En 1976, Robert Scully, 36 ans, est tué par l'explosion d'une bombe ; il était le frère de Richard Scully.

Le 14 février 1976, Pietro Sciarra, un gangster d'origine sicilienne et conseiller de Paolo Violi, est abattu à la sortie d'un cinéma de Montréal-Nord où il venait de voir le film The Godfather.

Le 26 février 1976, à Sainte-Brigitte-de-Laval, Michel Bédard, un agent de la Sûreté du Québec, est tué par balles à la suite d'un vol à main armée (environ 5 000 $) perpétré à la Caisse populaire de Sainte-Brigitte-de-Laval ; les voleurs sont rejoints, puis l'agent Bédard, le premier à les confronter, leur demande de lever les bras ; il est abattu d'une rafale de mitraillette ; l'un des assassins, Jacques Marceau, 22 ans, se suicide au lieu de se rendre, alors que son frère, Michel Marceau, 29 ans, est abattu sur place par les autres policiers.

Le 28 juin 1976, Denis «Poker» Racine, 20 ans, assassine un adolescent de 16 ans à la Place des Nations sur l'île Notre-Dame ; il est condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 25 ans de sa peine derrière les barreaux ; au cours de ses 10 premières années de prison, il participe à une prise d'otage qui dure plusieurs jours à l'Institut Archambault, il s'évade du palais de justice de Montréal en tirant une balle dans un mur de la chambre de la Cour d'appel du Québec, il agresse à répétition des gardiens et d'autres détenus ; en 1994, alors qu'il est en maison de transition, il commet un vol dans un magasin d'alimentation et est réincarcéré ; le 10 décembre 2008, la Commission des libérations conditionnelles refuse sa demande de libération parce qu'elle estime que ses chances de réinsertion sociale sont faibles et que son risque de récidive est considéré comme modéré à élevé s'il est libéré.

Le 9 août 1976, à Montréal, Roland Giguère, frère de Jean-Guy Giguère assassiné le 23 août 1975, est assassiné à son tour, en même temps qu'un des employés de sa brasserie de la rue Fleury Est.

Le 10 octobre 1976, un incendie criminel au camp des travailleurs fait 3 morts et 10 blessés à la mine de Mont-Wright.

Le 6 novembre 1976, à Saint-Romain, l'agent Gérard Desfossés de la Sûreté du Québec est assassiné lors d'une vérification de patrouille.

Le 4 décembre 1976, le cadavre de Carmen Waltz, 22 ans, enceinte de 8 mois, est découvert dans l'automobile familiale dans le stationnement du centre commercial Montenach de Beloeil ; la femme aurait été étranglée dans sa résidence, puis abandonnée sur le siège avant de l'automobile familiale ; sa fillette de 2 ans occupait le siège arrière de l'automobile ; le sac à main ouvert et renversé de même que l'intérieur de l'automobile en désordre font croire à un vol qui a mal tourné ; le 10 avril 2008, Michel Laflamme, 54 ans, de Acton-Vale, le veuf de Carmen Waltz, est arrêté puis accusé au palais de justice de Saint-Hyacinthe du meurtre prémédité de son épouse ; ce dénouement est attribué à l'équipe du module des crimes non résolus de la Sûreté du Québec qui avait réouvert l'enquête en novembre 2007.

1977

En janvier 1977, Louise Carrière-Latreille est trouvée morte dans son logement de la rue Langevin, dans le quartier Saint-Henri de Montréal ; Wayne Wells est accusé du meurtre de madame Carrière-Latreille.

En 1977, Louise Camirand, 20 ans, de Sherbrooke est violée puis étranglée ; son corps est découvert à Austin.

Le 8 février 1977, Francesco Frankie Violi est est trouvé mort à son bureau de l'entreprise d'importation et de distribution familiale à Rivière-des-Prairies.

Au printemps de 1977, Louiselle Lévesque est assassinée par Eddy Sullivan, son ancien concubin ; ce n'est qu'en 1984 que l'enquête policière aboutit et que Sullivan est condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 25 ans de sa peine derrière les barreaux.

Le 30 mars 1977, à Sainte-Émélie-de-l'Énergie, Robert Brabant, un agent de la Sûreté du Québec, est tué en poursuivant des criminels à Sainte-Émélie-de-l'Énergie ; il était seul dans l'auto-patrouille ; son décès survient alors que la négociation de la convention collective des agents de la Sûreté porte précisément sur l'obligation d'être deux agents par automobile au moment des patrouilles.

Le 12 septembre 1977, à Saint-Augustin-de-Desmaures, Guy Samson, un agent de la Sûreté du Québec, est tué lors d'une perquisition.

Le 5 décembre 1977, le gang des Popeye's de Montréal, qui comprend Laurent «L'Anglais» Viau, Jean-Pierre «Matt le Crosseur» Mathieu et Jean-Guy «Brutus» Geoffrion, devient le premier chapitre canadien des Hells-Angels ; ils établissent leur quartier général à Sorel.

1978

Le 22 janvier 1978, Paolo Violi, un membre du clan Calabrais de la mafia de Montréal, est abattu par deux tueurs masqués dans son Reggio Bar de Saint-Léonard à Montréal ; les tueurs déposent son cadavre dans le coffre de son automobile.

En avril 1978, le cadavre de Manon Dubé, 10 ans, est découvert à Ayer's Cliff ; elle était disparue de Sherbrooke ; les décès de Louise Camirand, de Manon Dubé et de Theresa Allore font croire qu'un tueur en série sévit dans la région de Sherbrooke.

En 1978, découverte du cadavre de Louise Camirand, 20 ans ; elle était disparue de Sherbrooke ; les décès de Louise Camirand, de Manon Dubé et de Theresa Allore font croire qu'un tueur en série sévit dans la région de Sherbrooke.

En 1978, Sylvie Revah, 21 ans, et Ronald Bourgouin, 24 ans, sont assassinés par des membres du gang des Provençal. En 1982, Bernard «Big Ben» Provençal devient délateur et impute entre autres les meurtres de Sylvie Revah et Ronald Bourgouin en 1978 à Michel Telmosse et Jean-Claude Paquin du gang des Provençal.

Le 28 janvier 1978, le chef présumé du clan calabrais de la mafia de Montréal, Paolo Violi, est assassiné au Reggio Bar, 5880, rue Jean-Talon Est, dans l'arrondissement Saint-Léonard de Montréal ; l'endroit était considéré comme le quartier général du clan calabrais de la mafia de Montréal ; Agostino Cuntrera sera condamné à 5 ans de prison pour avoir comploté ce meurtre, mais l'on croit que le meurtre avait été commandé par le clan sicilien dirigé par Nick Rizzuto.

En Février 1978, les Rockers de Montréal deviennent le chapitre de Montréal du Outlaws Motorcycle Club.

Le 15 février 1978, Yves «Apache» Trudeau abat Robert Côté, un membre du Outlaws Motorcycle Club, à la brasserie Joey, à l'angle des rues Saint-Hubert et de Castelneau ; c'est le début de la guerre entre les Outlaws et les Hells-Angels au Québec.

Le 21 mars 1978, une bombe placée sous l'automobile de Gilles Cadorette, chef du Outlaws Motorcycle Club de Montréal, explose en face d'un bar de la rue Bordeaux à Montréal ; Cadorette est tué sur le coup.

Le 21 avril 1978, à Verdun, une bombe placée sous le siège avant de sa Cadillac explose et tue Rolland Quintal, à la porte de son logement ; ce contremaître employé de la compagnie Stelco était inconnu de la police ; Talon, condamné à la prison à perpétuité pour une tentative de meurtre d'un homme qu'il croyait pédophile survenue à la taverne Le Plateau à Montréal en 1968, était en liberté surveillée au moment du décès de Rolland Quintal ; le 8 juillet 1986, pour s'acquitter d'une dette de drogue de 5 000 $ alors qu'il est de nouveau en liberté surveillée, Talon assassine Pierre Marcoux, un gérant de banque de Saint-Lambert ; en 1990, Talon participe à l'attaque d'un avion-convoyeur de la Brink's qui rapporte 15 M $ aux malfaiteurs ; en 1993, Talon et ses compères passent six mois à creuser un tunnel menant à la chambre forte de la Banque de Montréal sur la Place d'Armes dans le Vieux-Montréal, puis abandonnent leur méfait lorsqu'un arbre s'effondre dans leur ouvrage à la suite d'une fuite d'eau ; le 8 juillet 1993, Marcel Talon fait partie d'un groupe de malfaiteurs qui rate un hold-up contre le transporteur d'argent Secur à Saint-Laurent (île de Montréal) ; le 14 décembre 1993, Marcel Talon est arrêté après avoir vendu une bombe de 5 000 $ à des amateurs ; le 14 février 1994, craignant pour sa vie et celle de sa fille qui a reçu des menaces de ses anciens complices, Marcel Talon signe un contrat de délateur, admet sa participation dans le vol de la Brink's et est condamné à 7 ans de prison ; en 1996, Marcel Talon se raconte au journaliste Jean-Louis Morgan qui publie le livre Et que ça saute ! aux Éditions Alain Stanké ; dans ce livre, Talon confesse les meurtres de Roland Quintal et de Pierre Marcoux ; en 2003, Talon, muni d'une nouvelle identité, se fait pincer à voler des chèques du ministère du Revenu pour des remboursements d'impôt et est condamné à 3 ans de prison ; en mars 2004, le film Dernier Tunnel réalisé par Érik Canuel et mettant en vedette Michel Côté, basé sur le percement du tunnel vers la Banque de Montréal en 1993, prend l'affiche au Québec ; le 12 novembre 2004, Talon est accusé du meurtre de Pierre Marcoux commis le 8 juillet 1986 ; le 24 mai 2006, la juge Sophie Bourque de la Cour supérieure du Québec ordonne un arrêt de procédure entreprise contre lui en 2004 par Line Quintal, la fille de Rolland Quintal assassiné par Talon en 1978, parce que, en vertu du contrat de délateur signé en 1994, la Couronne avait renoncé à le poursuivre pour ses actes criminels antérieurs ; Talon est libéré sous conditions le 2 octobre 2006.

Le 26 avril 1978, Athanase «Tom Thumb» Markopoulos, un membre du Outlaws Motorcycle Club, est assassiné par 2 tueurs.

Le 26 mai 1978, Jean Gonthier, une relation du Outlaws Motorcycle Club, est battu à mort par Paul Ringuette, une relation des Hells-Angels ; ils étaient tous deux détenus au pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul (Laval).

Le 11 juillet 1978, une prise d'otage par 5 détenus de l'Établissement correctionnel Laval (Le vieux pen) fait 2 morts, l'agent Guy Fournier et un détenu, et 1 blessé (le directeur adjoint de la sécurité).

Le 15 juillet 1978, à Montréal, Henri Tremblay, 58 ans, est retrouvé poignardé sur le trottoir près de son domicile ; ce n'est qu'en 2002 que la police de Montréal, aidée par la Gendarmerie royale du Canada, réussit à identifier le meurtrier, Guy Tremblay, qui sera condamné à 3 ans de prison le 13 juin 2002 pour homicide involontaire.

Au début de septembre 1978, au cours d'une promenade au bord du lac Saint-Jean, à Saint-Gédéon, Serge McNicoll est transpercé d'une balle qui le tue ; accompagné de Michel Dunn, 26 ans, son confrère et associé dans son bureau d'avocats, il s'exerçait au tir au pigeon d'argile ; l'autopsie rapidement exécutée conclut à l'accident et le corps de McNicoll est enterré ; mais le 12 octobre suivant, le corps est exhumé et examiné de nouveau par des pathologistes qui ne croient pas à l'accident, la victime n'ayant pas été tuée par un coup de fusil mais par une arme de poing et à bout portant ; Michel Dunn est arrêté, puis accusé à Roberval de meurtre prémédité ; reconnu coupable de meurtre non prémédité par un jury, il est condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 13 ans de sa peine derrière les barreaux ; la Cour d'appel ordonne un nouveau procès à l'issue duquel il est de nouveau reconnu coupable en septembre 1981, mais cette fois, il est condamné à un minimum de 20 ans de prison.

Le 3 novembre 1978, Theresa Allore, 19 ans, étudiante au Champlain Regional College de Lennoxville, est portée disparue ; son cadavre est repêché dans une anse de la rivière Coaticook le 13 avril 1979 ; les décès de Louise Camirand, de Manon Dubé et de Theresa Allore font croire qu'un tueur en série sévit dans la région de Sherbrooke.

Le 28 décembre 1978, Gilles Legris est assassiné à Port-Cartier ; le 26 mars 2009, Gérald Gallant admet avoir tué Legris.

Le 12 octobre 1978, Georges Mousseau et Jean Brochu, membres des Hells-Angels, de même que Guy «Gator» Davies, un membre des Wild Ones de Hamilton, sont assassinés au café Tourbillon, rue Beaubien, à Montréal, par des tueurs américains à la solde du Outlaws Motorcycle Club. Les membres Hells-Angels Louis «Ti-Oui» Lapierre et Bruno Coulombe sont blessés au cours du même événement.

Le 10 novembre 1978, Yves «Apache» Trudeau abat Brian Powers, ancien président du Outlaws Motorcycle Club, au domicile de ce dernier dans l'ouest de Montréal.

Le 25 novembre 1978, la police de Montréal abat Jean-Marc Patenaude, un membre du Outlaws Motorcycle Club, garde du corps de «Ziggy» Wiseman, le roi des salons de massage.

Le 8 décembre 1978, à Greenfield-Park, Yves «Apache» Trudeau abat le motard William Weichold qu'il méprend pour un Outlaw.

Le 28 décembre 1978, Gilles Legris est assassiné à Port-Cartier ; le 26 mars 2009, Gérald Gallant admet avoir tué Legris.

1979

En 1979, alors qu'il n'est âgé que de 15 ans, Gino Dupont aurait d'abord emmené une fillette de 4 ans et son frère de 6 ans dans un hangar près du fleuve, il y aurait violé la fillette, puis il aurait tué les deux enfants avant de les jeter dans le fleuve à Trois-Rivières ; ce n'est qu'en 1993 que la police de Trois-Rivières est mise sur la piste de l'assassin à la suite de révélations faites par Dupont à un psychologue alors qu'il était incarcéré pour une autre affaire ; accusé de meurtre, Gino Dupont est reconnu coupable en 1995, puis condamné à l'emprisonnement à perpétuité ; invoquant l'inadmissibilité d'une partie de la preuve de la couronne, la décision de la Cour supérieure est contestée devant la Cour d'appel du Québec ; en 1998, cette dernière maintient la décision de la Cour supérieure ; en 1999, la Cour suprême du Canada refuse d'entendre la cause.

Le 16 février 1979, à la suite d'un vol à main armée dans une résidence de Mont-Royal, Michel Renaud et son frère Pierre Renaud sont pris en chasse par les policiers du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal-SPCUM ; au cours de la fusillade qui s'ensuit, l'agent René Vallée, 28 ans, est tué de plusieurs projectiles d'arme à feu et deux autres agents sont blessés grièvement; peu de temps après, les frères Renaud sont arrêtés, l'un à Porto Rico et l'autre, en Californie ; ramenés à Montréal, ils sont tous deux accusés de meurtre, mais, le 10 octobre 1979, au cours de leur enquête préliminaire, ils s'évadent, en pleine autoroute Décarie, du fourgon cellulaire qui les transportait du palais de justice au pénitentier de Sainte-Anne-des-Plaines ; retrouvés quatre jours plus tard alors qu'ils tentaient de franchir la frontière des États-Unis près de Huntingdon, ils ripostent par une fusillade au cours de laquelle Pierre Renaud est abattu d'une balle en plein front ; Michel Renaud est alors condamné aux États-Unis à cinq ans de pénitencier pour port d'arme ; extradé au Québec à sa sortie de la prison américaine, il est de nouveau accusé du meurtre de l'agent Vallée, mais un jury accepte sa défense imputant le meurtre à son frère et à un autre participant que la police n'a jamais pu trouver, et l'acquitte le 31 mai 1985.

Le 29 mars 1979, à Longueuil, Yves «Apache» Trudeau fait sauter la voiture de Roland Dutemple, un indicateur du Outlaws Motorcycle Club.

Le 3 avril 1979, Yves «Apache» Trudeau abat Robert Labelle à son domicile de Fabreville (Laval); Labelle est un importateur de vêtements, trafiquant de drogues et ancien président des Huns intégrés au gang des Outlaws.

Le 9 mai 1979, Avec Yves «Le Boss» Buteau et Jean-Pierre «Matt le Crosseur» Mathieu, Yves «Apache» Trudeau assassine Donald McLean, membre du Outlaws Motorcycle Club, et sa petite amie, Carmen Piché ; une bombe explose lorsque McLean fait démarrer sa moto.

Le 1 juin 1979, Jeanne-d'Arc Gaulin est assassinée au cours d'un vol à main armée dans son commerce de la rue Saint-Sauveur à Québec ; Réjean Mathurin sera accusé de meurtre prémédité relativement à cette affaire.

Le 22 juin 1979, André Martel est assassinée au cours d'un vol à main armée dans son commerce de la 5e Avenue Ouest à Charlesbourg (Québec) ; Réjean Mathurin sera accusé de meurtre prémédité relativement à cette affaire.

Le 3 juillet 1979, Chantal Dupont, 15 ans, et Maurice Marcil, 14 ans, revenaient à Longueuil par le pont Jacques-Cartier après une journée passée au parc d'amusement de La Ronde ; Gilles Pimparé, 21 ans, et Normand Guérin, 22 ans, attaquent les 2 adolescents, violent la jeune fille, attachent une corde au cou de Marcil et jettent les 2 victimes dans le Saint-Laurent à 60 m plus bas ; l'autopsie révèle que les deux victimes étaient vivantes lorsqu'elles ont atteint les eaux et qu'elles sont mortes noyées ; trouvés coupables de meurtre prémédité relativement à ces décès, Pimparé et Guérin sont condamnés à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 25 ans de leur peine derrière les barreaux ; avant de commettre ces crimes, les deux hommes avaient également violé 2 adolescentes sur le même pont ; le 25 avril 1984, la Cour d'appel ordonne la tenue d'un nouveau procès parce que le choix du premier jury avait été entaché d'illégalité ; en octobre 1984, le premier verdict est confirmé par un nouveau jury ; en 2001, la demande de semi liberté présentée par Pimparé est refusée par la Commission nationale des libérations conditionnelles ; en 2004, Guérin dépose une demande de libération conditionnelle, mais la retire ; en 2005, Pimparé se voit de nouveau refuser une libération conditionnelle ; en décembre 2008, la Commission des librations conditionnelles refuse encore de libérer Pimparé ; en juillet 2011, après 31 ans derrière les barreaux, la Commission considère qu'il est toujours possible que Pimparé récidive et refuse encore de le libérer; Normand Guérin n'a jamais présenté de demande de libération conditionnelle et il est toujours emprisonné en 2011.

Le 10 juillet 1979, Jean-Charles Vincent est assassiné par deux hommes à sa résidence de Saint-Lin.

Le 21 juillet 1979, Lizette Bélanger, une prostituée, est assassinée à Québec ; le 30 juillet 1979, Thérèse Biloque est assassinée par son mari, Gilles Gagnon ; Gilles Gagnon, qui prétendit avoir subi un black-out, s'être levé du lit, être allé à la cuisine chercher un couteau et poignarder sa femme, est reconnu coupable d'homicide involontaire et est condamné à 9 ans de prison ; la police a été mise en présence de preuves suffisantes pour l'accuser, Gagnon est arrêté à son domicile de Chicoutimi le 6 novembre 2008, et doit répondre à Québec du meurtre de Lizette Bélanger.

Le 25 août 1979, les cadavres en état de décomposition avancée de William «Bill» Thériault, 34 ans, et de Diane Verret, 28 ans, sont découverts dans l'appartement de cette dernière au 1845, rue Dollard, à Longueuil ; les deux corps avaient été atteints de plusieurs balles à la tête ; Diane Verret était une danseuse et Thériault, connu de la police pour des offenses au Code criminel, avait admis quelque temps auparavant avoir vendu une arme à feu à un pégrard ; la police croyait qu'il s'agissait d'un règlement de compte entre Thériault et la pègre et que Diane Verret s'était trouvée au mauvais endroit au mauvais moment ; cependant, le 26 mars 2008, Claudette Verret, 60 ans, la soeur de Diane, et son conjoint de l'époque, Normand Janelle, 64 ans, sont appréhendés et accusés de meurtre prémédité et de complot pour meurtre relativement à ces décès ; le mobile du crime serait le produit d'une police d'assurance de 30 000 $ sur la vie de Diane dont la principale bénéficiaire était sa soeur Claudette ; celle-ci est également accusée de menace de mort à l'endroit de Marie-Perle Lapalme, une femme à qui elle avait confié son implication dans ces meurtres et qui fut à l'origine de la réouverture du dossier en 2008 ; la preuve a démontré que dans la nuit du 18 août 1979, Claudette Verret, qui voulait se réconcilier avec sa soeur, s'était rendue chez les victimes en compagnie de Janelle à qui elle avait donné 200 $ pour qu'il achète une arme à feu pour le cas où la visite dégénérerait ; l'arme du crime n'a pas été retrouvée ; le 9 novembre 2009, Claudette Verret est reconnue coupable de meurtres prémédités et condamnée à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 25 ans de sa peine derrière les barreaux ; le 1 décembre 2009, Janelle, qui a été détenu pendant 20 mois en attendant le début et la fin de son procès, est acquitté par un jury qui avait délibéré pendant 5 jours avant d'en arriver à ce verdict ; la preuve de la Couronne contre Janelle reposait essentiellement sur le témoignage pas très solide de Claudette Verret ; en 1980, Janelle avait été condamné à 6 ans de prison pour vol à main armée commis à Montréal.

En octobre 1979, Suzanne Bernier est assassinée dans sa résidence du quartier Nouveau-Bordeaux de Montréal par William Patrick Fyfe.

Le 2 novembre 1979, Jacques Mesrine est abattu par les policiers à Paris.

Le 14 novembre 1979, Nicole Raymond est assassinée dans sa résidence de la rue Lakeshore à Beaconsfield par William Patrick Fyfe.

Le 16 novembre 1979, Tragédie mortelle ; actes criminels ; bilan : 2 morts ; deux adolescents, Chantal Dupont, 15 ans, et Maurice Marcil, 14 ans, qui traversaient le pont à pied vers la rive sud, sont agressés par deux hommes de 25 ans, dont Normand Guérin, qui leur font subir toutes sortes de sévices corporels, puis les jettent dans le fleuve.

Le 28 décembre 1979, à Longueuil, Germaine Tremblay Lambert, 69 ans, est assassinée ; Gilles Rivard, 38 ans, l'aurait étranglé, poignardé et frappé à coups de marteau parce qu'elle refusait d'avoir des relations sexuelles avec lui ; à la fin d'un procès, Rivard est acquitté pour cause d'aliénation mentale et renvoyé à l'Institut Pinel de Montréal pour y être détenu jusqu'à ce que des professionnels jugent qu'il peut être réinséré dans la société civile ; l'âge mental de Rivard avait été évalué à celui d'un enfant de 6 ans et son quotient intellectuel établi à 41 ; en 2005, Rivard est accusé d'avoir agressé sexuellement une fillette de 7 ans avec laquelle il était en amour depuis 2 ans.

Le 31 décembre 1979, lors d'une danse du Nouvel-An, Florent Cantin, 21 ans, met le feu à une guirlande et provoque l'incendie du club social de Chapais entraînant la mort de 48 personnes ; Cantin est reconnu coupable d'homicide involontaire et condamné à 2 ans moins 1 jour de prison.


  • Bibliographie -


Allô Police (Hebdomadaire de Montréal)
Death Dealers (Yves Lavigne, HarperCollins Publishers, 1999)
Hells-Angels at War (Yves Lavigne, Harper-Collins Publishers, 1999)
Hells-Angels: Into the Abyss (Yves Lavigne, HarperCollins Publishers, 1996)
Hell's Angels: Taking Care of Business (Yves Lavigne, HarperCollins Publishers, 1987).
La Filière canadienne (Jean-Pierre Charbonneau, Les Éditions de l'homme, 1975).
La Petite histoire du crime au Québec (Hélène Andrée Bizier. Éditions internationales Alain Stanké, 1981).
Meurtres en série et de masse - Dynamique sociale et politique (Richard Poulin et Uanick Dulong. Éditions Sisyphe, 2009).
Iced: A History of Organized Crime in Canada (Stephen Schneider).

  • Pour en savoir plus -


Dictionnaire des parlementaires du Québec 1792-1992 (direction de Suzanne Allaire et Dominique Johnson, Les Presses de l'Université Laval à Québec, 1993)

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