Québec (province). Scandales. Affaire de la Gaspésia. (Gouvernement du Québec)

Un article de la Mémoire du Québec (2012).

  • Éphémérides -


1912
Établissement d'une usine de pâtes et papiers et d'une scierie à l'embouchure des rivières Petit Pabos et Grand Pabos par la compagnie Saint Lawrence Pulp and Lumber présidée par Percy Milton Chandler.
1915
Construction d'un moulin à papier par l'homme d'affaires américain Percy Milton Chandler et l'industriel de Chicoutimi, Julien-Édouard-Alfred Dubuc; le premier moulin à papier de la Gaspésie.
1916
(13 janvier) Constitution de la municipalité du village de Chandler.
1931
Arrêt de la production à la pulperie de Chandler par la compagnie Saint Lawrence Pulp and Lumber.
1937
Acquisition de la pulperie de Chandler par la Gaspesia Company, filiale de la compagnie Price Brothers dont le papier est utilisé par le New York Times.
1958
(6 février) Le village de Chandler devient ville.
1963
La compagnie Gaspésia Pulp and Paper construit un moulin à papier à côté de sa pulperie et adopte le nom de Gaspesia Pulp and Paper Mill Co. Ltd.
1966-1968
La compagnie Gaspesia Pulp and Paper Mill double sa capacité de production de papier journal.
1974
Regroupement des compagnies Price Brothers et Abitibi Paper sous le nom d'Abitibi-Price ; la Gaspesia Pulp & Paper passe à la nouvelle compagnie.
1997
(Mai) Fusion des compagnies Abitibi-Price et Stone Consolidated sous le nom d'Abitibi-Consolidated ; la transaction est de l'ordre de 4,4 G $ ; le siège social de la nouvelle compagnie est à Montréal ; Stone Containers Corporation détient alors 25,2 % d'Abitibi-Consolidated, le reste des actions étant détenu par de multiples actionnaires.
(Octobre) Stone Containers Corporation annonce sa décision de vendre les 48,8 millions d'actions qu'elle détient dans Abitibi-Consolidated.
1998
Abitibi-Consolidated est classée au 71e parmi les plus grandes entreprises au Canada.
La compagnie Bowater Inc. acquiert la compagnie Avenor du Canadien Pacifique.
(15 juin) Importante grève générale des 5 000 syndiqués d'Abitibi-Consolidated (au Québec : Alma, Beaupré, Chandler, Grand-Mère, Jonquière, La Baie, Lachute, New-Richmond, Portage-du-Fort, Shawinigan et Trois-Rivières).
(26 juillet) Fin de la grève des syndiqués de l'usine Wayagamac d'Abitibi-Consolidated à Trois-Rivières.
(19 novembre) Les travailleurs en grève des usines canadiennes et québécoises d'Abitibi-Consolidated acceptent les dernières offres patronales et retournent progressivement au travail dans les 10 usines en grève depuis le 15 juin 1998.
1999
(1 avril) La compagnie Abitibi-Consolidated annonce la vente d'une participation de 60 % à la compagnie Cédrico dirigée par Gilles Bérubé et un investissement de 100 M $ dans la modernisation de l'usine Gaspésia, la construction d'une scierie, mais la fermeture de l'une des deux machines à papier.
(31 mai) Gilles Bérubé met fin à des discussions avec le syndicat qui refuse d'accepter une diminution de 10 % des salaires et de 25% du fond de pension.
(20 juin) Abitibi-Consolidated annonce de la fermeture pour une durée indéterminée de l'une des deux machines à papier de l'usine Gaspésia ; ce qui signifie la mise à pied de 300 des 560 employés de l'usine.
(28 octobre) Abitibi-Consolidated annonce la fermeture définitive de l'usine Gaspesia et la mise à pied du reste de ses employés.
2000
(19 juillet) Abitibi-Consolidated annonce son intention de vendre l'usine Gaspesia à un consortium formé du Fond de solidarité de la FTQ, de la firme d'ingénierie SNC-Lavalin et de l'entrepreneur Clermont Levasseur, qui veut y produire du papier à magazines.
(15 décembre) L'usine Gaspésia passe au consortium dirigé par le Fonds de solidarité de la FTQ.
2001
(30 octobre) Un nouveau consortium comprenant Le Fond de solidarité de la FTQ, la SGF-Rexfor et la papetière Tembec reporte l'ouverture de la Gaspesia au printemps de 2002 ; avant de s'engager plus à fond, Tembec demande des concession syndicales que le syndicat affilié à la FTQ refuse.
(17 décembre) Les gouvernements provincial et fédéral et le consortium propriétaire de la Gaspésia annoncent un plan de financement du réoutillage et du réaménagement de l'usine pour y fabriquer du papier à magazines à compter de juin 2004 ; le Fond de solidarité investit 70 M $, la compagnie Tembec 35 M $, la Société générale de financement 35 M $, Innovation-papier (Gouvernement du Québec), 58 M $, alors que 70 M $ seront empruntés d'un consortium dirigé par John Hancock Financial Services et 145 millions $ d'Investissement Québec (Gouvernement du Québec) ; on prévoit que l'usine emploira 260 travailleurs au lieu des 560 qui y travaillaient au moment de sa fermeture en octobre 1999 ; le coût total de la conversion devrait atteindre 460 M $, soit près de 1,8 M $ par emploi créé.
2004
(30 janvier) Le consortium annonce un dépassement de coût de l'ordre de 180 à 200 M $ par rapport aux estimés de 2001 et se met sous la protection de la Loi des arrangements avec les créanciers pour une période de 30 jours.
(2 février) Les travaux de construction de l'usine Gaspesia sont interrompus.
(25 février) À la suite de révélations qui établissent à près de 700 M $ le coût de conversion de l'usine, soit 265 M $ de plus que les estimations originales, et à la suite de l'annonce du retrait du consortium prêteur, les partenaires dans la compagnie Gaspésia annoncent qu'ils n'investiront pas les sommes additionnelles requises et qu'ils abandonnent le projet aux liquidateurs.
2005
(6 mai) Publication du rapport de la commission d'enquête sur les dépassements de coût lors de la transformation de l'usine de Papiers Gaspésia présidée par le juge Robert Lesage  ; la commission blâme le gouvernement de Bernard Landry, la Société générale de financement-SGF, le Fond de solidarité de la FTQ et les agents d'affaires des travailleurs de la construction affiliés à la FTQ pour la précipitation du démarrage et la gestion déficiente du chantier ; il dit que «l'intimidation emprunte souvent une forme subtile et parfois vicieuse de violence morale, voire physique, qui brime l'exercice d'une réelle liberté syndicale».
2006
Malgré les efforts du maire de Chandler, aucune entreprise papetière ne manifeste de l'intérêt à acquérir les actifs de la compagnie Gaspésia.
2007
(20 décembre) Les actifs de la Gaspésia sont vendus au prix de 40 M $ au groupe vietnamien Vantek qui démontera une machine à papier pour la réinstaller au Vietnam.

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