Sikhisme (religion)

Un article de la Mémoire du Québec (2012).

  • Les Sikhs du Québec sont originaires du Pendjab (Inde) où ils forment 1,9 % de la population.


  • Éphémérides -


1699 Guru Gobind Singh fonde la branche orthodoxe de la religion sikhe.
1897 Des soldats sikhs de l'armée indo-britannique sont invités à venir faire une visite aux soldats canadiens ; certains décident de demeurer en Colombe Britannique.
1903 Arrivée des premiers immigrants sikhs au Canada ; ils s'établissent à Vancouver, Colombie-Britannique.
1907 L'immigration indienne est interdite au Canada sauf en ce qui concerne les dépendants et les membres de la famille d'un immigrant déjà établi au Canada. Le navire japonais Komagata Maru transportant 376 hommes, femmes et enfants sikhs qui désiraient immigrer au Canada est repoussé vers la mer par les autorités canadiennes et plusieurs d'entre eux périssent de faim, de soif et de maladie.
1947 Le Canada lève l'interdiction de l'immigration indienne.
1981 Selon Statistique Canada, il y avait 67 715 Sikhs au Canada dont 4 525 au Québec.
1991 Selon Statistique Canada, la religion sikh compte 147 440 adhrants au Canada dont 4 525 au Québec.
1994 La Cour fédérale du Canada affirme que les agents de la Gendarmerie royale du Canada qui sont de religion sikhe peuvent continuer de porter leur turban au travail.
2000 La British Columbia est forcée d'amender son code de la route pour dispenser les Sikhs de porter un casque à moto, parce que cela les obligerait à enlever leur turban.
2001 Selon Statistique Canada, la religion sikh compte 8 220 adhérants au Québec.
2002 La Cour Supérieure du Québec décide que le kirpan, couteau rituel sikh, peut être porté dans les écoles malgré l'interdiction réglementaire d'avoir des armes imposée par les règlements.
2003 Il y aurait au Québec 17 temples sikhs appelés gurudwaras (porte du gourou) dont les plus importants sont situés à Dollard-des-ormeaux, Verdun, LaSalle et dans l'arrondissement Parc-Extension de Montréal. La population de religion sikh est évaluée entre 12 000 et 15 000 au Québec.
2006 (2 mars) Dans une décision unanime d'un banc de 8 juges, la Cour suprême du Canada autorise, à certaines conditions (cousu, invisible, petit), le port du kirpan, couteau rituel sikh dans les écoles dont les règlements interdisent aux élèves d'avoir un couteau sur leur territoire.
2011 (18 janvier) Quatre membres du World Sikh Organization of Canada se voient refuser l'entrée à l'Assemblée nationale parce qu'ils refusent de laisser leur kirpan au vestiaire ; un comité de l'Assemblée nationale étudiait le projet de loi 94 qui portait sur les demandes d'accommodement dans l'administration publique et dont certains articles affirmaient que ceux qui donnent ou reçoivent des services devront le faire à visage découvert, une façon d'interdire le port de la burqa ou niqab (voile intégral).

Le dixième guru du sikhisme, Gobind Singh (1666-1708), établit la Khalsa à laquelle on accède par la célébration de l'amrit (équivalent du baptême chez les catholiques).

Selon leur interprétation de la tradition, après l'amrit, la khalsa oblige certains sikhs à obéir en permanence aux cinq K :
le kesh, c'est-à-dire, ne pas se couper les cheveux, ce qui est le symbole de la perfection de la création de Dieu ;
le kangha, c'est-à-dire, porter constamment un peigne, généralement dans les cheveux, ce qui est le symbole de la propreté ;
le kara, c'est-à-dire, porter un bracelet de fer au poignet de la main dominante, ce qui est le symbole du lien entre l'individu et son guru et le symbole du contrôle des émotions ;
le kachera, c'est-à-dire, porter comme sous-vêtement un pantalon qui s'arrête aux genoux, ce qui est le symbole de la continence et de la vertu ;
le kirpan, c'est-à-dire, une dague de petite taille portée dans un étui en bandoulière qui ne doit jamais être utilisée à des fins offensives ou douteuses, ce qui est le symbole de la volonté divine de la lutte pour la justice et contre l'oppression

En 2006, la Cour suprême du Canada renverse un jugement unanime de la Cour d'appel du Québec concernant le port du kirpan à l'école.
Les faits - Le code de vie de l'école Sainte-Catherine-Labouré interdisait de porter une arme sur les lieux. Le kirpan étant une arme blanche, l'école permit à un élève de religion sikh de porter un kirpan, mais à la condition que celui-ci soit sous ses vêtements et dans un étui cousu pour la cacher à la vue des autres élèves et pour qu'il soit difficile d'accès pour les élèves qui voudraient le lui enlever ; la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys renversa cette décision et la famille du jeune sikh s'adressa à la Cour supérieure du Québec pour que le droit d'obéir à la règle de la religion sikhe était un droit fondamental reconnu par la charte canadienne des droits et libertés ; la juge Grenier de la Cour supérieure accepta la plaidoirie des Sikhs en précisant que le conflit entre le droit à la sécurité de la personne devait s'accommoder raisonnablement du droit de pratiquer une coutume reconnue d'une religion ; la Commission scolaire contesta ce verdict devant la Cour d'appel du Québec qui renversa le jugement de la juge Grenier ; la famille du jeune sikh, qui avait alors abandonné l'école publique pour l'école privée à cause de ce conflit, s'adressa à la Cour suprême qui, à son tour, jugea que l'enfant, dont personne n'avait établi un caractère violent, était brimé dans son droit de fréquenter l'école publique à cause de sa pratique religieuse et ordonna à la Commission scolaire de trouver les accommodements raisonnables requis pour assurer la sécurité des élèves tout en permettant l'exercice de la pratique religieuse de certains de ses élèves comme l'avait fait l'école.

  • Bibliographie -


Profils des principaux groupes religieux du Québec (Les Publications du Québec, 1995).

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