Trois-Rivières. Affaire d'Alexis Vadeboncoeur. (corps de police)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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Le 2 février 2012, Quatre policier de la ville (Barbara Provencher, Dominique Pronovost, Marc-André Saint-Amant et Keven Deslauriers) tabassent Alexis Vadeboncoeur, 19 ans qui venait de commettre un vol à main armée dans une pharmacie Jean Coutu de Trois-Rivières. Les constables Barbara Provencher et Dominique Pronovost forment un couple dans la vie civile.
Dans leur rapport de l'événement, les 4 policiers ont écrit que le suspect avait résisté à son arrestation, que leur vie était menacée et qu'ils avaient dû utiliser la force nécessaire pour l'arrêter.
L'agent de sécurité du Cégep de Trois-Rivières a remis aux enquêteurs la vidéo de l'intervention filmée par les caméras de surveillance de l'établissement. On y voit l'agent Pronovost être le premier à donner un coup de pied à Vadeboncoeur, puis on levoit asséner un coup à Vadeboncoeur avec son arme de service, mais le constable dit avoir frappé le suspect avec son poignet.
Le 22 février 2013, la vidéo a été montrée lors de l'enquête sur la détention provisoire du jeune homme. On y aperçoit le jeune homme courant dans le parking vers la caméra et deux personnes qui hésitent au loin. Le jeune homme s'arrête et laisse tomber quelque chose sur le sol , puis s'accroupie sur le sol ; une auto-patrouille arrive dans le parking, le conducteur en sort et se dirige vers le suspect ; celui-ci se met à plat vendre sur le sol les bras étendus ; la personne qui est descendue de l'auto-patrouille qui semble avoir une arme pointée vers le suspect s'en approche et lui a assène un coup de pied à la tête, puis se met à le frapper à coups de poing. 3 autres personnes se joignent au premier et frappent tant qu'ils le peuvent à coups de pied et de poing sur l'homme qui reste toujours à plat-ventre sur le sol ; une seconde auto-patrouille arrive sur les lieux, et alors, 2 autres personnes se joignent aux premières et, comme celles-ci, se ruent sur le suspect ; la vidéo nous montre l'action de ces braves personnes qui agissent à l'instar des joueurs de football qui s'agglutinent sur un porteur de balon déjà à terre ; les 4 premières personnes étaient des policiers qui ont été suspendus avec solde pendant l'enquête que mènera la Sûreté du Québec sur leur action, mais pas sur l'action des deux autres qui sont venus les rejoindre et ont fait la même chose que les premiers. La direction des poursuites criminelles et pénales a accusé Vadeboncoeur de vol qualifié, de braquage avec une arme à feu, de port de déguisement, de possession de stupéfiants pour fins de trafic et d'entrave au travail des policiers.
La vidéo a été publiée en février 2013 ; Francis Gobeil, directeur de la sécurité publique de Trois-Rivières s'est dit ébranlé par ce qu'il a vu alors que le président de la Fraternité des policiers de Trois-Rivières a avoué comprendre que la population soit choquée par ce qu'elle a vue ; il dit cependant que ce qui a été montré n'est qu'une partie de l'intervention policière et que ce n'est pas à nous de juger ; il faut laisser l'enquête policière faire son travail, c'est possible qu'il y ait des accusations qui soient portées ; les policiers ont droit à la présomption d'innocence comme tout autre citoyen ; s'ils ont fait ce que la vidéo a montré, ils devraient normalement être accusés de voies de fait avec lésion (une dent fêlée et douleur aux testicules qui ont reçu un coup de pied de l'un des 6 braves qui n'ont pas hésité à dire dans leur rapport que Vadeboncoeur avait entraver le travail d'un policier. Le directeur Gobeil soutient qu'il s'agit d'une action isolée ; on souhaite que la population comprenne que ce qu'on voit dans la vidéo n'est pas le reflet du service de police de Trois-Rivières, ni des services de police du Québec.
Les 4 policiers seront accusés notamment de voies de fait armée, voies de fait causant des blessures, utilisation d'armes de manière négligente, tentative d'entrave en cachant l'existence d'une vidéo, fabrication de faux documents, contrefaçon de documents et entrave à la justice.
En novembre 2013, Vadeboncoeur entreprend une cure fermée à Upton pour traiter un problème de consommation de drogue, mais il quitte l'endroit sans autorisation en janvier 2014.
En janvier 2014, un mandat d'arrestation est émis contre Vadeboncoeur pour manquement à ses conditions de libération ; il a quitté prématurément la maison de thérapie où il s'était engagé à demeurer pendant 6 mois.
Le 13 mars 2014, Vadeboncoeur est arrêté dans un appartement de la rue Provencher après avoir tenté de se procurer un médicament de type Dilaudil à la même pharmacie que celle où il avait été pris à voler en février 2013.
Le 30 juin 2014, l'enquête préliminaire des 4 policiers accusés commence au palais de justice de Trois-Rivières.
Le 19 octobre 2016, comparaissant à son enquête préliminaire, le constable Marc-André Saint-Amant déclare qu'il ne croyait pas que Vadeboncoeur était en train de se rendre lorsqu'il s'est couché par terre les bras en croix ; le constable pensait que Vadeboncoeur avait un plan dans la tête et aurait pu déplacer latéralement un pied, récupérer son fusil et tirer ou encore, se diriger rapidement à l'intérieur du Cégep ; selon le constable, Vadeboncoeur était trop près de son arme. Ce n'était pas un individu qui se rendait ; comme il fixait la main gauche de Vadeboncoeur du côté de l'arme en s'approchant de ce dernier, Saint-Amant déclare ne pas avoir vu ses collègues frapper l'homme étendu par terre.
Le 30 septembre 2014, la ville de Trois-Rivières s'entend hors-cour pour payer à Vadeboncoeur la somme de 25 000 $ à payer à Vadeboncoeur afin d'éviter que Vadeboncoeur intente une poursuite de 2,43 millions $ contre la ville et 4 de ses policiers pour l'arrestation musclée dont il avait été la victime le 22 février 2013 ; la poursuite alléguait que les 4 agents.
Le 28 novembre 2016, comparaissant à son procès pour voies de fait causant des lésions, entrave à la justice, fabrication et utilisation de faux rapports, l'agente Barbara Provencher déclare que lorsque Vadeboncoeur s'est retrouvé coincé dans le stationnement du cégep, il s'est retourné vers les policiers qui courraient derrière lui ; il a fait quelques pas nonchalants avec l'arme dans la main droite qui pointait vers le sol; l'agente dit qu'elle était stressée et se disait qu'elle n'attendrait pas de se faire tirer pour tirer ; elle perçoit alors les pas de Vadeboncoeur dans sa direction comme un signe d'agression ; puis, avant que Vadeboncoeur se mette en petit bonhomme, jette son arme, puis se couche les bras en croix, l'agente Provencher était certaine qu'il y aurait échange de coups de feu ; elle se sentait comme une cible, mais ne souhaitait que retourner chez-elle après son quart de travail. Interrogée lors de son procès, elle admet s'être fiée à ce que ses compagnons lui avaient dit pour rédiger son complément de rapport ; elle avoue qu'elle n'a jamais vu l'agent Saint-Amant pousser du pied l'arme de Vadeboncoeur ; elle a appris ce fait lorsque les coaccusés se sont rencontrés dans la salle de rassemblement du poste de police après l'arrestation de Vadeboncoeur, pour jaser et relâcher la pression ; elle a considéré d'emblée que ses collègues disaient la vérité.




Voir aussi Trois-Rivières . Affaire du décès du détective Louis-Georges Dupont (corps de police). (C) (J)

(Source (La Presse, 15 mars 2014, page A18)

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