Vallières (Pierre)

Un article de la Mémoire du Québec (2018).

  • Homme de lettres (journaliste et essayiste) né en 1938 à Montréal.

Études au Collège de Chambly et au Noviciat des franciscains de Québec.
En 1958, il entre au noviciat des franciscains de Lennoxville, puis au monastère de cette communauté à Québec sous le nom de Frère Flavien ; quitte cet ordre en 1961.
À l'automne de 1962, il se joint à la communauté des Petits frères de Jésus à Saint-Rémi-de-Provence (France) qu'il quitte en 1963 pour revenir au Canada. Co-directeur de la revue Cité libre (1963-1964).
Embauché comme journaliste au quotidien La Presse en 1963, il est congédié en 1965, lorsqu'il est soupçonné de prendre part à des activités subversives.
Fondateur avec Charles Gagnon de la revue Révolution québécoise en 1964.
Secrétaire du Syndicat des journalistes de Montréal (1964-1965).
Premier permanent du Mouvement de libération populaire (1965).
L'un des dirigeants du groupe Vallières-Gagnon du Front de libération du Québec-FLQ arrêté à New York ; expulsé des États-Unis en janvier 1967, il est appréhendé au moment de son entrée au Canada, accusé de meurtre, mais reconnu coupable d'homicide involontaire par le jury relativement à la mort de Thérèse Morin (5 mai 1966), puis condamné à la prison à vie par le juge Yves Leduc en même temps que Charles Gagnon; le jugement est cassé en appel, mais il est reconnu coupable à la suite d'un nouveau procès, puis condamné à 30 mois de prison ; libéré le 24 juin 1971, il s'est écoulé 44 mois entre son arrestation et sa libération.
L'une des 36 personnes appréhendées le 15 octobre 1970 au moment de la mise en vigueur de la Loi des mesures de guerre, accusées d'être membres du FLQ, puis libérées sans procès après qu'un jury eut acquitté Charles Gagnon dans une cause type.
Son avocat était Robert Lemieux.
Décès en 1998.
Voir Québec (province). Crises. Crise d'octobre 1970.

Dans Nègres blancs d'Amérique, il écrit :

«Je n'ai d'autre prétention, en écrivant ce livre, que de témoigner de la détermination des travailleurs du Québec de mettre un terme à trois siècles d'exploitation, d'injustioces silencieusement subies, de sacrifices inutilement consentis, d'insécurité résignée ; de témoigner de leur détermination nouvelle, et de plus en plus énergique, de prendre le contrôle de leurs affaires économiques, politiques et sociales, et de transformer en une société plus juste, plus fraternelle ce pays, le Québec, qui est leur, dont ils ont formé l'immense majorité des citoyens et des producteurs de la richesse «nationale» sans jamais, pourtant, bénéficier du pouvoir économique et de la liberté politique et sociale auxquels leur nombre et leur travail leur donnent droit».
Ne sont-ils pas, depuis l'établissement de la Nouvelle-France, au XVIIe siècle, les valets des impérialistes, les nègres blancs d'Amérique ?» N'ont-ils pas tout comme les Noirs américains, été importés pour servir de main-d'oeuvre à bon marché dans le Nouveau-Mnde ? Ce qui les différencie : iniquement la couleur de la peau et le continent d'origine. Après trois siècles, leur condition est demeurée la même. Ils constituent toujours un réservoir de main-d'oeuvre à bon marché que les détenteurs de capitaux ont toute liberté de faire travailler ou de réduire au chômege, au gré de leurs intérêts financiers, qu'ils ont toute liberté de mal payer, de maltraiter et de fouler au pied...». (cité par Fernande Roy à la page 36 du numéro 285 de la revue Liberté : Mythes de Chez-nous 1959-2009)

  • Publications - Liste partielle


Nègres blancs d'Amérique (Éditions Parti pris, 1968)
L'Urgence de choisir (1971)
L'Exécution de Pierre Laporte (Québec Amérique, 1977)

  • Crédits :


Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord (Réginald Hamel, John Hare et Paul Wyczynski, Fides, 1989)

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