Boulachanis (John ou Jamie)

Un article de la Mémoire du Québec (2020).

  • Le 10 août 1997, Robert Tanguay, 32 ans, de Rigaud, est porté disparu.

À l'automne de 2001, le cadavre de Robert Tanguay est trouvé dans une sablière de Rigaud ; Tanguay avait reçu plusieurs balles de calibre .22 à la tête.
Louise Tanguay, la soeur de Robert va visiter Dominique Drouin, la conjointe de Robert Tanguay pour l'inviter à une réunion de famille. Quand elle frappe à la porte, Louise Tanguay apperçoit John Boulachanis en sous-vêtement sortant de la chambre à coucher que Robert Tanguay et Dominique Drouin avaient partagée pendant des années. Louise Tanguay attend un peu ; alors Dominique Drouin sort de la chambre vêtue d'un baby-doll sexy presque transparent ; quelques heures plus tard, Louise Tanguay retourne chez son frère afin de confronter Dominique Drouin et lui faire révéler le nom de l'homme qu'elle avait vu chez-elle en sous-vêtements. Boulachanis et un autre homme étaient impliqués dans le vol d'automobiles qu'ils démantelaient et revendaient en pièces détachées. Deux semaines plus tard, Dominique Drouin déguerpit avec ses deux jeunes enfants.
Quelques semaines après la découverte du cadavre, Michel Bourdage, 43 ans, de Saint-Lazare est arrêté et accusé du meurtre de Tanguay.
En 2003, un homme dont la cour ne permet pas de révéler le nom reconnaît sa culpabilité à l'accusation d'homicide involontaire et est condamné à 12 ans de prison ;
Le 16 juin 2011, John Boulachanis, 37 ans, qui figure sur la liste des dix criminels les plus recherchés au Québec est arrêté puis détenu en Floride jusqu'au le 15 septembre 2011, jour de son extradition vers le Canada sous l'inculpation du meurtre de Tanguay ; John Boulachanis serait un trafiquant d'héroïne d'origine grecque ;
En mai 2016, Boulachanis est toujours recherché ; la police croit qu'il s'est réfugié en Grèce ou aux États-Unis. (La Presse, 30 mai 2015, page A16). Le meurtre de Tanguay semblait être le résultat d'un règlement de compte.
Le 29 mai 2015, Me Dimitrios Strapatsas, le procureur de Boulachanis est arrêté et interrogé par les agents de la Sûreté du Québec-SQ qui le soupçonnent d'avoir comploté avec John Boulachanis, l'un de ses clients de façon à nuire à une affaire d'entrave à la justice dans laquelle Boulachanis serait impliqué depuis janvier 2015.
John Boulachanis, 37 ans, serait un trafiquant d'héroïne d'origine grecque ; en mai 2016, Boulachanis est toujours recherché ; la police croit qu'il s'est réfugié en Grèce ou aux États-Unis. (La Presse, 30 mai 2015, page A16).
Le 19 octobre 2016, un homme de 58 ans, dont le nom est interdit de publication, témoigne au procès de Boulachanis à l'effet que ce dernier avait donné l'ordre de transporter Tanguay dans une sablière commerciale de Rigaud. Rendu à la sablière, Boulachanis aurait abattu Tanguay par balles à la tête. Le témoin déclare qu'il croyait que Boulachanis voulait intimider Tanguay qu'il soupçonnait d'être un informateur de police qui faisait couler des renseignements sur son réseau de vols d'automobiles. Sous serment, il avait déclaré à la police que lui, Boulachanis et une autre homme avaient creusé un trou dans la sablière pour y enterrer le cadavre d'un chien qui avait été tué après avoir mordu Boulachanis ; selon le témoin, ce serait une coincidence que le trou était prêt pour recevoir la victime de Boulachanis et y ont inhumé le cadavre de Tanguay.
Au cours du procès de Boulachanis, la soeur de Tanguay affirme qu'à peine une semaine après la disparition de Tanguay, elle s'était rendue visiter Dominique Drouin et qu'il lui était apparu que sa belle-soeur venait juste de coucher avec Boulachanis, quelques jours après que Tanguay avait été tué. Réal Séguin affirme que Boulachanis lui avait dit qu'il couchait avec Dominique Drouin, la femme de Tanguay, que Madame Drouin était lasse de se battre avec Tanguay : Boulachanis lui aurait confié qu'il avait demandé à un individu nommé Costa de le débarrasser de Tanguay. Séguin raconte aussi comment sa propre femme avait admis avoir couché avec Boulachanis au cours de l'hiver 1997 ; Séguin et sa femme avaient divorcé depuis lors.
Séguin avait été présenté à Boulachanis environ 2 ans avant sa disparition et ils partageaient les mêmes intérêts dans le vol de voitures ; Séguin admet qu'il était un prolifique voleur d'autos pendant une décennie ; et il avait l'air de se vanter de n'avoir jamais été pris par la police ; en 1997, il avait ralenti la cadence de ses vols parce qu'il avait subi l'amputation de la jambe gauche à la suite de deux accidents ; Boulachanis aurait dit à Séguin que Tanguay mangeait des pissenlits par la racine (façon du milieu de dire qu'il avait été tué et enterré). Boulachanis est condamné
Le 19 novembre 2016, le tribunal apprend que Madame Amanda Jones, 36 ans, la copine de Boulachanis, aurait été arrêtée par la police après que des témoins eurent allégué que le couple avait tenté de les empêcher de témoigner.
Le 30 novembre 2017, le juge Marc-André Dagenais reconnaît Me Strapatsas, 44 ans, coupable d'avoir «participé activement » à une machination du meurtrier John Boulachanis, son ancien client ; après avoir été reconnu coupable du meurtre de Robert Taguay commis en 1997, Boulachanis est condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 25 ans de sa peine derrière les barreaux.
Le 9 février 2018, le juge Marc-André Dagenais condamne Me Dimitrios Strapatsas à 18 mois de prison pour avoir aidé un meurtrier à dévoiler l'identité d'un délateur ; le meurtrier, avec l'aide d'un co-détenu et de la conjointe de ce dernier, s'était arrangé pour que toute la déclaration vidéo du délateur se retrouve sur internet en échange de 200 $ donnés à la femme ; Strapatsas conteste le verdict du juge Dagenais et demande à la Cour d'appel du Québec d'annuler le verdict.
En 2020, John Boulachanis souhaite subir une opération et un traitement hormonal qui changeront son sexe ; d'homme, John Boulachanis devient femme, adopte le prénom de Jamie et demande d'être transféré de la prison pour hommes à une une autre prison. La commission des libérations conditionnelles croyant que le risque d'évasion serait trop élevé refuse de la transférer dans une prison pour femmes où la surveillance est moins accrue ; N.B. Après le meurtre, Boulachanis avait fui le pays pendant 13 ans et avait réussi à s'évader d'un fourgon blindé ; de plus, en 2015, des agents avaient trouvé dans sa cellule une panoplie d'équipement artisanal pouvant servir à planifier une évasion.


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