Gauvreau (Marcelle)

Un article de la Mémoire du Québec (2021).

  • Femme de lettres née à Rimouski en 1907 (28 février 1907).

Études (Arts et Science ; 1920-1924) au couvent Mont-Sainte-Marie de Montréal, puis à la faculté des Lettres et de Philosophie de l'Université de Montréal-UdeM (1929) ; elle abandonne cette faculté pour étudier les sciences de la nature (1929-1931), puis enfin elle étudie à temps plein à l'Institut botanique de Montréal (certificat de botanique générale et un certificat de botanique systématique, 1932).
Cours de zoologie et de pédagogie des sciences naturelles avec le profeseur Henri Prat et des cours de paléobotanique, de botanique économique, de biologie générale et floristique donné par le frère Marie-Victorin ; cours de bibliothéconomie à la McGille University.
Fondatrice de l'École du Réveil (programme d'initiation à l'histoire naturelle destiné aux enfants de quatre à sept ans
Décès en 1968 (16 décembre 1968).

  • Publications :


Plantes curieuses de mon pays (1943)
Les algues marines au Québec (mémoire de maîtrise, 1956)
Plantes vagabondes (1959)
Plantes curieuses (1960)
Lettres au frère Marie-Victorin ; correspondance sur la sexualité humaine (Le Boréal, 2019).

  • Bibliographie :


Marcelle Gauvreau (1907-1968). (Louise Chauvette ; Biographie d'une québécoise scientifique au milieu du XXe siècle ; mémoire de maîtrise en histoire (1991)
Marcelle Gauvreau, femme de science et éducatrice (1907-1968) ; (Gilles Janson : cahier 34, Société historique et culturelle du Marigot, décembre 1996) ;

Commentaire :

La correspondance secrète, à la fois intime et scientifique, échangée pendant 10 ans, entre 1935 et 1944, par le frère Marie-Victorin et son assistante Marcelle Gauvreau, fait partie d'un fonds d'archives conservé à l'UQAM. C'est donc grâce au Service des archives et de gestion des documents de l'UQAM que le professeur du Département d'histoire Yves Gingras a pu avoir accès à ces lettres, dont il vient de publier une partie (celles écrites par Marie-Victorin) sous le titre Lettres biologiques, recherches sur la sexualité humaine (Boréal). La révélation au grand jour de cette correspondance fait l'objet d'une émission d'Enquête diffusée le 8 février à Radio-Canada, qui montre d'ailleurs le professeur au travail dans les locaux du Service des archives.

«Cette correspondance est une contribution majeure à l'histoire sexuelle du Québec, sur laquelle on a très peu de choses, mais aussi à son histoire intellectuelle et religieuse», affirme le professeur, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Grand spécialiste de Marie-Victorin, «l'intellectuel québécois le plus avant-gardiste de son époque», Yves Gingras a déjà publié, sous le titre Science, culture et nation (Boréal, 1996) des textes choisis du célèbre botaniste, auteur de la Flore Laurentienne et fondateur du Jardin botanique de Montréal. S'il revient à la charge avec la publication de ces lettres à Marcelle Gauvreau, c'est non seulement en raison de leur valeur historique, mais aussi pour prévenir une lecture «voyeuriste» ou «sensationnaliste» de cette étonnante correspondance.

«Ce genre de correspondance sexuelle peut être mal compris si on ne fait qu'en publier des extraits hors contexte, dit Yves Gingras. C'est pourquoi j'ai trouvé important de publier les lettres dans leur ensemble, accompagnées d'une longue introduction qui explique l'évolution de la pensée de Marie-Victorin sur la sexualité à travers ses échanges avec Marcelle Gauvreau.»

Désir inassouvi
La plus grande partie des «lettres biologiques» sont de nature scientifique, mais il est clair que l'amitié des deux épistoliers se teinte d'un désir inassouvi. Si leur amour, d'après les lettres, demeure platonique, on ne peut s'empêcher de sursauter quand le religieux encourage sa correspondante à vivre des expériences de masturbation ou qu'il lui confie les expérimentations sur l'orgasme féminin qu'il a lui-même menées auprès de prostituées cubaines! Les extraits, publiés sur le site de Radio-Canada, sont éloquents à ce sujet.

«Pour Marie-Victorin, rien de ce qui est humain n'est interdit à la curiosité scientifique. »

YVES GINGRAS,

Professeur au Département d'histoire ; UQÀM

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