Michaud (Yves)

Un article de la Mémoire du Québec (2020).

  • Homme de lettres (journaliste) né en 1930 (13 février) à Saint-Hyacinthe.

Études à l'École Saint-François-Xavier de Rivière-du-Loup, à l'École Girouard de Saint-Hyacinthe, au Séminaire de Saint-Hyacinthe et au Centre international de journalisme de l'Université de Strasbourg (journalisme).
Rédacteur et directeur du journal Le Clairon de Saint-Hyacinthe (1954-1962), de l'hebdomadaire La Patrie (1962-1966) et du quotidien Le Jour (1973-1976).
Député du Parti libéral du Québec-PLQ (1966-1969) à l'Assemblée législative du Québec-ALQ, puis député indépendant (1969-1970) de Gouin à l'Assemblée nationale du Québec-ANQ.
En 1969, il constitue, avec Antonio Flamand, René Lévesque, et Jérôme Proulx, une opposition de circonstance au projet de loi 63 qui confère aux parents la liberté du choix de la langue d'enseignement à leurs enfants ; le groupe tente de faire retarder l'adoption de ce projet de loi en organisant un filibuster,
L'obstruction parlementaire (parfois connue sous son nom américain filibuster), est une technique parlementaire visant à retarder le plus possible l'adoption d'une loi à l'aide des moyens réglementaires de la chambre. Cette tactique dilatoire peut consister à prononcer délibérément d'interminables discours pour faire obstruction à un débat.
Candidat du Parti libéral du Québec-PLQ défait dans le comté de Gouin le 12 mai 1970.
En 1970, Robert Bourassa le nomme Haut commissaire pour la coopération au ministère des affaires intergouvernementales du Québec ; il occupera ce poste jusqu'en 1973.
En 1973 (29 octobre), il est candidat du Parti québécois-PQ défait dans le comté de Bourassa aux élections générales provinciales.
Éditeur du journal Le Jour fondé par le Parti québécois (1973-1976).
Conseiller en affaires internationale auprès du premier ministre René Lévesque (1978-1979)
Délégué général du Québec à Paris (1979-1984).
Président et directeur général du Palais des congrès de Montréal (1984-1987).
Président fondateur (1995-2001) de l'Association de protection des investisseurs et épargnants du Québec-APIEQ.
Le 14 décembre 2000, il est l'objet d'un blâme proposé sous l'impulsion du premier ministre Lucien Bouchard, puis voté unanimement par l'Assemblée nationale pour des propos qu'elle a jugés racistes qu'il aurait tenus à l'endroit de la communauté juive du Québec lors des audiences des États généraux sur le français à Montréal.
Michaud considère qu'il a été condamné sans aucune forme de procès et prétend que l'Assemblée nationale a abusé de ses pouvoirs. Michaud a été accusé d'avoir banalisé l'Holocauste sur les ondes de la radio où il avait soutenu en substance que «le peuple juif n'était pas le seul à avoir souffert, que les Arméniens, les Palestiniens et les Rwandais avaient également souffert. Michaud n'a jamais eu l'opportunité de se défendre.
En 2001, fondation de Solidarité-Yves-Michaud pour contrer la condamnation de l'Assemblée nationale.
En 2005, La Cour supérieure refuse d'invalider la décision de l'Assemblée nationale.
Yves Michaud, qui reconnaît n'avoir que peu de chances de convaincre les magistrats du plus haut tribunal du pays de l'entendre, demande à la Cour suprême de déterminer si une assemblée législative a « le pouvoir, par voie de résolution, de blâmer ou réprimander un citoyen pour avoir exprimé des idées qu'elle juge inacceptables ».
Le 14 décembre 2011, il affirme que «Le 14 décembre 2000, une folie collective a frappé les prêtres de notre temple des lois. Onze ans après, les choses demeurent en l'état. Il y a encore de beaux jours à venir pour notre Parlement de bouffon» ; il réitère sa demande d'excuses formelles de la part de l'Assemblée nationale du Québec-ANQ ; il demande aussi que la dite assemblée adopte une modification à ses règlements prohibant à jamais un viol aussi public et éhonté de la réputation de l'un ou l'autre de ses citoyens ; sur les 66 députés du Parti québécois qui ont voté en faveur de ce blâme, 55 ont présenté des excuses personnelles à M. Michaud ; 44 députés du Parti libéral du Québec-PLQ ont participé au vote mais aucun d'entre eux n'a présenté d'excuse à M. Michaud. (Le Devoir, 14 décembre 2011) ; l'Assemblée nationale n'aurait pas cru bon de modifier ses règlements dans le sens de la demande de Michaud.
Le 14 décembre 2015, Monsieur Michaud fait savoir qu'il envisage de porter sa cause devant la Commission des droits de l'homme de l'Organisation des Nations Unies pour obtenir le retrait de la motion «scélérate» de l'Assemblée nationale du Québec adoptée à l'unanimité à son endroit le 14 décembre 2000.
Solidarité Yves Michaud souhaite que Pierre Karl Péladeau se charge de présenter une pétition en faveur de l'ancien député, journaliste et diplomate suivie d'une motion sans préavis qui lui offrirait des excuses ; le 14 décembre 2015, Monsieur Péladeau n'avait pas encore pris de décision à ce sujet. (Le Devoir, 14 décembre 2015, page A4)

Pétition :
Envoi en commission parlementaire du dossier d'Yves Michaud pour étude
Texte de la pétition
CONSIDÉRANT QUE le 14 décembre 2000 les membres de l'Assemblée nationale ont adopté une motion de blâme, sans préavis et sans débat, contre Yves Michaud pour des propos décrits dans cette motion comme «inacceptables» à l'endroit des communautés culturelles et de la communauté juive en particulier, lors d'une séance des États généraux sur la langue française tenue le 13 décembre 2000;
CONSIDÉRANT QUE la transcription des notes sténographiques de cette séance du 13 décembre 2000 démontre de manière prépondérante, selon M. Michaud, qu'il n'a prononcé aucun propos inacceptable à l'endroit des communautés culturelles et en particulier la communauté juive qu'il a, au contraire, dit-il, louangée;
CONSIDÉRANT l'erreur alléguée par M. Michaud;
Nous, soussignés, demandons à l'Assemblée nationale de référer le dossier d'Yves Michaud, pour étude, à la commission parlementaire des institutions ou à toute autre commission que l'Assemblée nationale jugera pertinente.
Date limite pour signer : 13 février 2018
Nombre de signataires : 4693

  • Publications - Liste non exhaustive


Paroles d'un homme libre (essai, VLB éditeur, 2000)
Les Raisons de la colère (essai, Fides, 2005)

  • Bibliographie :


Yves Michaud. Un diable d'homme (Jacques Lanctôt, préfacé par Pierre Karl Péladeau, VLB Éditeur, 2013)

  • Titres honorifiques -


Commandeur de la Légion d'honneur de France (1984).
Médaille de Paris (1984).


Paragraphe important d'un article du Devoir du 16 décembre 2015 sur l'affaire Yves-Michaud

Le Devoir rappelle aussi que lorsqu'il était «président de Québecor, Pierre Karl Péladeau, avait dénoncé l'injustice qu'avait subie, selon lui, Yves Michaud. (...) Aujourd'hui, Pierre Karl Péladeau (alors président du Parti québécois-PQ) juge qu'il faut apporter une modification aux règlements de l'Assemblée nationale « afin que toutes les motions ad hominem soient purement et simplement dorénavant irrecevables». (...). Afin d'invalider la motion de blâme de l'Assemblée nationale, Yves Michaud s'était adressé à la Cour supérieure qui l'avait débouté en 2005 ; la Cour supérieure avait conclu que les parlementaires avaient le droit de condamner quiconque pour ses idées, bonnes ou mauvaises. Dans un jugement de 2006, la Cour d'appel avait été du même avis. La Cour suprême a refusé par la suite d'entendre la cause.»

  • Bibliographie -


L'affaire Michaud : Chronique d'une exécution parlementaire (Gaston Deschênes, Septentrion, 2010).

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