Ordre des pharmaciens (ordre professionnel)

Un article de la Mémoire du Québec (2020).

  • Éphémérides -


1535-1536
Premier hiver passé en Nouvelle-France par les Européens dirigés par Jacques Cartier ; plusieurs sont atteints du scorbut ; les Amérindiens les traitent avec une potion préparée à partir de l'écorce et des feuilles de l'anneda (pruche ou sapin beaumier).
1617
Louis Hébert est invité par Champlain à devenir le premier apothicaire à s'établir en Nouvelle-France.
1627
Au décès de Louis Hébert, la colonie ne compte aucun apothicaire.
1639
Fondation de l'Hôtel-Dieu de Québec par madame de Combalet, nièce du cardinal de Richelieu ; Marie Guenet de Saint-Ignace, Anne le Cointre de Saint-Bernard et Marie Forestier de Saint-Bonaventure, trois soeurs augustines formée à Dieppe, France, prennent charge de l'Hôtel-Dieu de Québec.
1644
Fondation de l'Hôtel-Dieu de Montréal par Jeanne Mance avec le soutien financier de madame de Bullion.
1647
Ouverture d'une apothicairerie au Collège des jésuites de Québec ; le frère Florent Bonnemère la dirige ; l'apothicairerie possède une importante bibliothèque médicale (130 volumes) et une quantité impressionnante de remèdes destinés à être vendus aux chirurgiens ou aux particuliers et distribués aux pauvres.
1659
Soeur Catherine Macé et Soeur Marie Maillet, des Hospitalières de La Flèche (France) dirigées par Soeur Judith Moreau de Brésoles, viennent prendre charge de l'Hôtel-Dieu de Montréal ; cette dernière avait la réputation d'être maître dans l'art de composer des remèdes.
1686
Le frère Bonnemère parti en 1683 est remplacé par le frère Boussat comme apothicaire du Collège des jésuites.
1692
Fondation de l'Hôpital général de Québec et de l'Hôpital général de Montréal.
1697
Fondation de l'Hôtel-Dieu de Trois-Rivières ; sa gestion est assurée par les ursulines.
1699
Claude Boiteux de Saint-Olive s'installe à Montréal comme apothicaire ; il semble avoir été le seul à pratiquer cette profession à Montréal sous le Régime français.
1711
Le frère Boussat quitte le Collège des jésuites Saint-Charles-Garnier.
1721
Les frères Charles et Jean-Jard Boispineau prnnent la direction de l'apothicairerie du Collège des jésuites Saint-Charles-Garnier.
1759
Alexandre-Joseph Arnoux est nommé maître apothicaire de Québec.
1760
La Nouvelle-France est conquise par les Anglais.
1761
Alexandre-Joseph Arnoux rentre en France.
1764
Joseph Dauquin, un apothicaire d'origine savoyarde, tient boutique à Montréal. Les Écossais, Henry Taylor et James Johnston, fondent une apothicairerie dans la ville de Québec.
1767
Après le décès de Joseph Dauquin, sa veuve épouse Guillaume Fontaine qui reprend le commerce du décédé.
1773-1780
Jean-Baptiste Chrétien exerce à titre d'apothicaire ou de médecin dans la ville de Québec.
1784
Charles Blake et Henry Loedel ouvrent une apothicairerie à Montréal.
1786
John Rowand, assistant chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Montréal, ouvre une apothicairerie à Montréal.
1788
Défense est faite à quiconque «de vendre ou distribuer des médecines en détail, ni en ordonner pour malades, dont il tirera profit, ni exercer la médecine et la chirurgie... sans avoir auparavant obtenu une permission de Son Excellence le Gouverneur, ou le Commandant en chef alors».
1792
Joseph Brown est le premier candidat à qui est octroyé le titre de druggist.
1801
Lewis Lyman obtient le titre de druggist et donne naissance à une importante dynastie de Lyman dans le domaine de l'importation et de la vente en gros de médicaments au Canada.
1804
Le pharmacien allemand Friedrich Willhelm Sertürner isole la morphine de l'opium.
1812
Bernard Courtois, chimiste et pharmacien français découvre l'iode à partir des cendres de varechs.
1818
Les pharmaciens français Pierre-Joseph Pelletier et Joseph Bienaimé Caventou découvrent la strychnine.
1820
Les pharmaciens français Pierre-Joseph Pelletier et Joseph Bienaimé Caventou découvrent la quinine qui sera d'abord utilisée pour combattre les fièvres paludéennes.
1831
La Chambre d'assemblée du Bas-Canada-CABC adopte une loi qui règlemente l'accès et la pratique de la médecine, de la chirurgie, de l'accouchement et de la pharmacie. La profession de druggist ou apothicaire est limité à la vente les articles qui leur sont demandés ; ils ne peuvent vendre des poisons vifs que si l'acheteur présente un certificat de quelque juge de paix, médecin, curé ou ministre spécifiant son identité et sa profession ; ils sont soumis à l'inspection de leur établissement.
1832
Des bureaux sanitaires sont mis sur pied à Montréal et à Québec.
Au cours de l'épidémie de choléra, ces bureaux se réservent le pouvoir d'importer les médicaments nécessaires pour combattre l'épidémie et créer des dépôts de remèdes au détriment des apothicaires et druggists.
1847
Création du Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec qui remet aux médecins le contrôle de leur profession et des autres branches de l'art de guérir (accouchement, dentisterie, pharmacie, chirurgie).
1860
L'Allemand Niemann isole la cocaïne.
L'Université Laval à Québec-ULQ permet à ceux qui veulent devenir pharmaciens de s'inscrire à la plupart des cours que prévoit la Loi de pharmacie.
1864
Le Collège des médecins obtient le droit de faire passer des examens d'admission à l'étude de la pharmacie.
1867
Fondation de la Montreal Chemists Association.
1868
Création du Montreal College of Pharmacy à l'instigation de la Montreal Chemists Association.
1870
Fondation de l'Association pharmaceutique de la province de Québec qui incorpore de facto tous les chemists et druggists actifs dans la province et remplace la Montreal Chemists Association.
Les Canadiens-français constituent de 20 % 30 % des étudiants au Montreal College of Pharmacy
1875
Adoption de la Loi sur la pharmacie qui donne aux pharmaciens le contrôle de leur profession assorti du titre réservé et du monopole de la pratique (vente au détail et préparation sur prescriptions et composition des drogues ou des poisons énumérées sur la liste suivante : arsenic, tartre émétique, cyanure, aconit, opium, ergot de seigle, strychnine et tous les poisons végétaux alcaloïdes et leurs sels ; les médecins et les chirurgiens continuent cependant à pouvoir d'exercer la pharmacie; les médicaments patentés sont spécifiquement esclus de cette liste ; pour avoir droit au titre et à la pratique de la pharmacie, un stage de 4 années auprès d'un pharmacien licencié est requis ainsi que la réussite de cours de chimie de matière médicale et botanique donnés dans une institution reconnu par l'Association pharmaceutique.
(1er juillet 1875) Entrée en vigueur de l'Acte concernant le revenu intérieur, une loi fédérale qui vise à contrer la falsification des substances alimentaires, de l'alcool et des drogues.
1876
Le Montreal College of Pharmacy prend le contrôle de la formation des futurs praticiens.
1883
(3 octobre 1883) Ouverture de l'École de pharmacie de Montréal.
1888
Le Montreal College of Pharmacy donne des cours de chimie et de Materia Medica en français.
Les étudiants canadiens-français du collège y deviennent majoritaires.
1890
Le Conseil de l'Association pharmaceutique est autorisé à déclarer, par voie de règlement interne, qu'une substance quelconque est un poison et que sa vente est réservée exclusivement à ses membres en l'ajoutant à la liste établie en 1875 ; le Conseil ajoutera à cette liste plusieurs médicaments brevetés ou patentés. Seuls des pharmaciens licenciés sont autorisés à ouvrir des pharmacies à Montréal et à Québec.
1899
Un amendement à la Loi sur la pharmacie adopté à la demande de l'Association des épiciers de Montréal et de certains fabricants remet les médicaments brevetés ou patentés sur le marché libre.
1905
Fondation de l'École de pharmacie Laval à Montréal par entre autres, Joseph Contant, Séraphin Lachance, Henry Lanctôt, Alfred J. Laurence, J.-E.-W Lecours, Alphonse-Dolor Quintin et Edmond Vadeboncoeur.
1906
(20 septembre 1906) Inauguration de l'École de pharmacie Laval à Montréal où les cours sont donnés en français.
1908
Adoption par le Parlement du Canada de la Loi concernant les médicaments brevetés ; elle oblige tous les fabricants et importateurs à se procurer chaque année un certificat d'inscription auprès du ministre du Revenu de l'intérieur et de soumettre la liste des médicaments qu'ils comptent mettre en marché au Canada ; ces médicaments ne doivent pas contenir de cocaïne ni d'alcool en excès de la quantité nécessaire à titre de dissolvant ou de préservatif ; si le médicament contient l'une des drogues incluses en annexe à la loi, l'étiquette du produit doit le mentionner clairement.

Les premiers diplômes de l'École de pharmacie de Montréal sont remis à messieurs Alfred F. Larose, Louis S. Désautels et Samuel Boulkind.
1917
Le Montreal College of Pharmacy est intégré à la faculté de médecine de la McGill University.
1919
Un amendement à la loi fédérale de 1908 allonge la liste des drogues à déclaration obligatoire et normalise la forme des annonces publicitaires concernant les médicaments breveté.
(8 mai 1919) Rescrit du pape Benoît XV accordant l'autonomie à la succursale de l'Université Laval à Montréal et en la nommant l'Université de Montréal-UdeM.
(22 novembre 1919) Incendie du bâtiment de l'Université de Montréal-UdeM, sur la rue Saint-Denis.
1920 Adoption d'une loi fédérale qui vise à contrôler la fabrication industrielle de médicaments par un directorat des drogues et aliments.
(14 février 1920) Adoption par le Parlement de Québec de la charte civile créant l'Université de Montréal-UdeM ; l'École de pharmacie Laval à Montréal obtient les privilège d'une faculté et peut décerner le baccalauréat de l'Université de Montréal-UdeM.
1924
L'Université Laval crée l'École de pharmacie Laval à Québec qu'elle rattache à la sa faculté des Arts.
1930
Fermeture du département de pharmacie de la McGill University.
1931
Fondation des pharmacies Universelles, une coopérative d'achat en gros de différents produits et d'équipements revendus par la suite au prix coûtant aux pharmaciens membres.
1932
Fondation de l'Independant Retail Druggists Association.
1933
Le conseil de l'Association pharmaceutique exige l'équivalent de la rhétorique ou 2 années d'Art Course pour être candidat au brevet universitaire.
1934
Fondation des pharmacies Modernes une coopérative d'achat comm les pharmacies Universelles.
1935
Fondation de l'Association des pharmaciens détaillants de Montréal.
1942
L'École de pharmacie de l'Université de Montréal-UdeM obtient le statut de faculté dont le premier doyen est Alfred Laurence. L'École de pharmacie de l'Université Laval à Québec-ULQ quitte la tutelle de la Faculté des arts pour être rattachée à la faculté des sciences de la même université.
1944
L'Association pharmaceutique change de nom et devient le Collège des pharmaciens de la province de Québec.
1953 Un amendement à la Loi de pharmacie interdit aux médecins d'ouvrir des pharmacies dans un rayons de 5 milles des villes de Montréal et Québec et dans les municipalités de 20 000 habitants et plus.
1964
La loi prévoit que seuls des pharmaciens licenciés peuvent ouvrir une pharmacie dans les municipalités de 7 000 habitants et plus. L'École de pharmacie (1924) de l'Université Laval à Québec-ULQ est rattachée à la faculté de médecine de cette université.
1973
Adoption de la nouvelle Loi sur la pharmacie dans le contexte d'une révision de toutes les lois constituant des ordres professionnels sous le Code des professions qui sera géré par l'Office des professions du Québec. Le Collège des pharmaciens de la province de Québec devient l'Ordre des pharmaciens du Québec.
1997
(18 décembre 1997) L'École de pharmacie (1924) de l'Université Laval obtient le statut de faculté de cette université.
2005
L'Ordre compte 6 700 membres.

  • Bibliographie -


Histoire de la pharmacie au Québec (Johanne Collin, sociologue et historienne, professeure à la Faculté de pharmacie d e l'Université de Montréal-UdeM. et Denis Béliveau, Musée de la pharmacie du Québec, 1994).
Nouvelle ordonnance : quatre siècles d'histoire de la pharmacie au Québec (Presses de l'Université de Montréal-PUM, 2020)

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