Cannon (Lawrence John)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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  • Homme de loi (avocat) né en 1852 à Québec.

Études au Séminaire de Québec, au Collège de Nicolet et à l'Université Laval à Québec-ULQ.
Sous-procureur général et greffier en loi du Conseil exécutif de la province de Québec (1891-1905).
Juge à la Cour supérieure du Québec-CSQ, district de Trois-Rivières (1905-1910), puis district de Québec (1910-1921).
Président de la Commission d'enquête Cannon sur l'a police de Montréal (1909).
Père de Lawrence Arthur Cannon et de Lucien Cannon. Décès en 1921 à Québec.


  • Crédits -


Les cours de justice et la magistrature du Québec, Volume 2 (Ignace Deslauriers, juge retraité de la Cour supérieure du Québec, Direction des communications du ministère de la justice du Québec, Bibliothèque nationale du Québec, 1992)
Dictionnaire des parlementaires du Québec 1792-1992 (Presses de l'Université Laval, 1993)


  • Distinctions -


Le nom du canton Cannon proclamé en 1904 et situé au nord de Pointe-des-Monts dans la région de Duplessis (Côte-Nord) honore sa mémoire.


Le juge Cannon termine la rédaction de son rapport le 13 décembre 1909. Il y précise, dès le début, que la preuve qui lui a été présentée lui permet de se « former une idée exacte des abus et des irrégularités existant dans l'administration civique de Montréal ». Suivant le déroulement de l'enquête, il aborde en premier lieu l'organisation et le fonctionnement de la police. Le juge conclut qu'il existe un système de tolérance généralisé à l'égard des maisons de prostitution, des maisons de jeux ainsi que pour la vente d'alcool le dimanche, que les nominations et les promotions se font moyennant rémunération et que le chef de police est parfois « un instrument par trop servile, entre les mains de certains échevins ». Il prône l'abolition de la Commission de police, formée d'échevins qui supervisent le département de police, et l'augmentation des effectifs policiers. Quant au département du feu, le juge s'attaque là aussi au système de vente des emplois qui se trouve entre les mains d'entremetteurs, d'échevins et d'officiers de la brigade [V. Zéphirin Benoit]. Son commentaire sur la situation est sans équivoque : « Il est difficile de concevoir un plus vile métier. » La preuve concernant le département de la voirie l'amène à conclure que celui-ci doit être entièrement réorganisé si l'on veut qu'il devienne économique, efficace et honnête. Le juge Cannon propose l'abolition de la Commission de la voirie qui le chapeaute.
Quand il fait ces recommandations, Cannon sait que le Bureau des commissaires, qui marque la fin des commissions échevinales, a été approuvé par la population. Il note donc que cette nouvelle instance « devra apporter un remède aux abus existants ». D'autres preuves de corruption ou de favoritisme concernant d'autres instances sont mentionnées par le juge. Par exemple, l'abandon de poursuites contre des laitiers fournissant des produits de mauvaise qualité l'amène à qualifier cette décision municipale « d'intervention quasi-criminelle des échevins » car, selon lui, elle met en danger la santé de la population. Au terme de son enquête générale, le juge Cannon conclut que l'« administration des affaires de la Cité de Montréal, par son Conseil depuis 1902, a été saturée de corruption provenant surtout de la plaie du patronage » et que la diminution du nombre d'échevins et la création d'un bureau de contrôle amélioreront l'administration municipale. Ses recommandations concernant la création d'un « conseil composé d'échevins, représentant la Cité toute entière » ainsi que les poursuites et amendes pour les personnes visées par l'enquête n'auront pas de suite. En février 1910, les candidats appuyés par le comité des citoyens prennent le contrôle du conseil de ville. Tous les échevins incriminés par le rapport sont défaits ou ne se représentent pas. Le Bureau des commissaires sera maintenu jusqu'en 1918.
Le 6 juillet 1910, le juge Lawrence John Cannon est muté au district de Québec, où il remplit sa fonction jusqu'à son décès en 1921.

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