Québec (province). Crises. Crise d'Oka 1990

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

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  • Voir également Oka (municipalité).


  • Éphémérides -


1648 Les Iroquois anéantissent la nation huronne dont les membres sont ou tués ou fuient vers la région des Grands-Lacs.

1676 Les sulpiciens fondent, sur le mont Royal, une mission destinée à soustraire leurs néophites iroquois, algonquins et hurons à la mauvaise influence des Français avec lesquels ils ont tendance à se mêler.

1680 Nouvelle guerre entre, d'une part les Iroquois appuyés par les Anglais, et d'autre part, les Français et leurs alliés amérindiens.

1692-1693 La sévère et constante riposte française affaiblit graduellement les Iroquois.

1696 Les sulpiciens déménagent leur mission amérindienne du pied du mont Royal à un nouveau site au bord de la rivière des Prairies, près des rapides du Sault-au-Récollet.

1701 Signature de la Grande Paix de Montréal qui consacre la défaite des Iroquois ; début du retour des Algonquins qui s'étaient réfugiés plus au nord.

1717 (17 octobre) Concession d'une seigneurie (3 1/2 lieues de front sur le lac des Deux-Montagnes sur 3 lieues de profondeur) à la Compagnie de Saint-Sulpice de Paris «pour y transporter la mission des Sauvages du Sault-au-Récollet dans l'île de Montréal dont ils sont chargés, à condition qu'ils feront à leurs dépens toute la dépense nécessaire pour le changement de la dite mission et d'y bâtir aussi à leurs dépens une église et un fort de pierres pour la sûreté des Sauvages» ; la seigneurie, appelée Lac-des-Deux-Montagnes est traversée par la Grande et la Petite rivière du Chêne, la rivière du Nord et la rivière au Prince. Arrivée des premiers colons blancs.

1721 La Compagnie de Saint-Sulpice de Paris déménage la mission du Sault-au-Récollet dans sa seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2), construit une église et y installe ses néophytes amérindiens dans deux villages dont l'un, à l'ouest, est assigné aux Iroquois, et l'autre, à l'est, aux Algonquins et aux Nipissingues.
Ouverture des registres de la paroisse de L'Annonciation.

1733 La population des deux villages amérindiens est de 500 habitants.
(26 septembre 1733) Le territoire de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2) est augmenté par 2 lieues de front par le gouverneur Beauharnois et l'intendant Hocquart.

1740-1742 Construction du Calvaire sur la Montagne par le sulpicien Hamon Guen de la mission du Lac-des-Deux-Montagne ; comprend 4 oratoires et 3 chapelles dans lesquels les sulpiciens installent des peintures achetées en France ; ils se servent de ses peintures pour illustrer les cours de catéchisme qu'ils donnent aux amérindiens.

1763 Signature du Traité de Paris qui marque le début du régime britannique au Canada.

1764 La Compagnie de Saint-Sulpice de Paris cède ses seigneuries canadiennes (Île-de-Montréal, Lac-des-Deux-Montagne, Saint-Sulpice) aux sulpiciens de Montréal.

1776 Construction de la première église de L'Annonciation. Soucieux de préserver les peintures qui ornent le Calvaire, les sulpiciens décident de les déménager dans l'église et de les remplacer par des bas-reliefs qu'ils commandent au sculpteur François Guernon ; Guernon doit reproduire sur le bois les peintures françaises.

1815 La seigneurie compte 661 lots ou concessions.

1838 La mission compte 343 Iroquois, 372 Nipissingues, 374 Algonquins et 200 Canadiens.

1840 Incorporation des Ecclésiastiques du Séminaire de Saint-Sulpice de Montréal ; confirmation de leur titre au fief et seigneurie de l'Île-de-Montréal et au fief et seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2).

1853 Pour diminuer la tension qui règne sur le territoire de la seigneurie, le gouvernement du Canada-Uni crée les réserves de Maniwaki et de Doncaster et invite les Algonquins et les Iroquois de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2) à s'installer respectivement dans l'une et dans l'autre.

1854 (18 décembre) Abolition du régime seigneurial.

1859 Une loi du Parlement britannique sanctionne formellement le droit de propriété des sulpiciens sur les terres de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2). Effrayées par les revendications territoriales des Iroquois qui y vivent, de nombreuses familles algonquines qui y sont établies depuis 150 ans et qui forment le groupe le plus important de la population amérindienne quittent la seigneurie ; ils sont remplacés par des colons blancs appelés par les sulpiciens.

1867 Construction d'un quai pour permettre aux bateaux à vapeur remontant la rivière des Outaouais de livrer courrier et approvisionnements. Ouverture d'un bureau de poste sous le nom de Oka.

1868 Établissement d'une mission de l'Église méthodiste à Oka. Demande des Algonquins de la seigneurie au Gouvernement fédéral de leur reconnaître le droit de propriété sur les terres de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2). Plainte des Iroquois de la seigneurie contre la tyrannie et l'oppression des sulpiciens à leur endroit. La demande des Algonquins et la plainte des Iroquois sont rejetées. Les sulpiciens sont confirmés dans leur droit de propriété. Joseph Onasakenrat, un jeune Mohawk, devient le chef de la bande d'Oka. Joseph Onasakenrat présente une pétition à Lord Monck alors gouverneur du Canada, par laquelle il renouvelle la demande de reconnaissance du droit des Mohawks sur les terres de la seigneurie.

1869 Joseph Onasakenrat abat un orme géant pour illustrer sa contestation du droit des sulpiciens sur le bois de la seigneurie.Apostasie d'une soixantaine d'Iroquois qui passent à l'Église méthodiste. Joseph Onasakenrat et 40 Mohawks se rendent au manoir des sulpiciens et leur enjoignent de quitter les lieux sans délai. Les sulpiciens obtiennent un mandat d'arrêt contre Joseph Onasakenrat qui est arrêté par la police de Montréal le 4 mars 1869. Une nouvelle pétition est présentée au baron John Lisgar, le nouveau gouverneur du Canada. D'autres arbres sont abattus et les clôtures des sulpiciens sont détruites.
Les sulpiciens commencent à vendre des lots à des blancs dans le territoire qui deviendra le village d'Oka.

1875 Construction d'une église méthodiste par les Iroquois de la seigneurie qui seront reconnus coupables d'infraction aux droits des sulpiciens ; ces derniers, prétendant qu'elle a été érigée sans droit, font détruire l'église méthodiste. (20 avril) Constitution de la municipalité de la paroisse de L'Annonciation-d'Oka.

1877 (10 juin) Incendie de l'église et du presbytère de la paroisse de L'Annonciation ; on croit que l'incendie a été allumé par des Mohawks dirigés par leur chef Joseph Atk8irente dit Corinthe ; Joseph Onasakenrat et son père avaient été vus observant l'incendie. (14 juin) Arrestation de 8 amérindiens accusés de déprédation.

1879 (20 juin) Bénédiction de la première pierre d'une nouvelle église de L'Annonciation par Mgr Édouard-Charles Fabre ; la construction par les sulpiciens selon les plans des architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard s'est étalée sur cinq ans de 1879 à 1883.

1880 Joseph Onasakenrat est ordonné ministre de l'Église méthodiste.

1881
Le gouvernement du Canada se porte acquéreur de terres à Gibson (Ontario) et invite les Iroquois de Oka à s'y installer dans des maisons construites par les sulpiciens ; seulement un tiers des Iroquois acceptent de déménager, mais ils reviendront à Oka quelques années plus tard. Après 4 procès, Joseph Onasakenrat est déclaré non coupable des délits que les sulpiciens lui reprochaient ; il décède en février 1981 à l'âge de 35 ans ; à l'époque, plusieurs Mohawks ont pensé qu'il avait été empoisonné par les sulpiciens.

1886
(Mars) Avalanche de sables se détachant du flanc de la montagne et déferlant sur le village ; plus d'un mètre d'épaisseur de sable engloutit littéralement les clôtures et les maisons. Le sulpicien Daniel-Joseph Lefebvre (1829-1915), curé de la paroisse (1885-1915), refusant de transporter le village comme le recommande des ingénieurs montréalais, décide de planter des pins pour retenir les sables ; les sulpiciens payent deux sous et demi par plant de pin que les gens du village, hommes, femmes et enfants, amérindiens ou canadiens, vont cueillir un peu partout dans la région avoisinante ; en deux semaines on plante plus de 100 000 pins sur le penchant des collines selon un plan géométrique tracé par l'abbé Lefebvre.

1905
Le premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, avise les sulpiciens qu'il considère l'affaire d'Oka comme «encore pendante». Le chef mohawk, Joseph Atk8irente dit Corinthe, intente une action devant la Cour supérieure qui la rejette ; la Cour du banc de la reine rejette l'appel de la décision de la Cour supérieure ; le Conseil privé de Londres rejette également l'appel de la décision de la Cour du banc de la reine confirmant une fois de plus le droit de propriété des sulpiciens sur les terres de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2).

1911
Le Conseil privé de Londres (le plus haut tribunal ayant compétence sur les affaires du Canada) déboute les Amérindiens et confirme les sulpiciens «dans tous leurs droits sur la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes (2)».

1918
(28 mai) Constitution de la municipalité de L'Annonciation-Partie-Nord par détachement de celle de la paroisse de L'Annonciation.

1922
Un incendie détruit tous les registres de la paroisse ; les doubles conservés à Sainte-Scholastique (Mirabel) ne remontent qu'à 1786.

1923
La population de la paroisse est de 1 348 âmes.

1936
Les sulpiciens vendent tout ce qui leur reste de propriété à Oka, sauf les terres occupées par les Mohawks.

1942
Constitution de la municipalité de Oka-sur-le-Lac.

1945
Achat par le gouvernement fédéral de tous les terrains des sulpiciens occupés par des Mohawks, dont 500 acres de boisés pour assurer l'approvisionnement de ces derniers en combustible.

1947
La municipalité de Oka devient propriétaire d'un ensemble de terrains sur lesquels elle aménage un parc municipal.

1953
La municipalité de la paroisse de L'Annonciation-d'Oka devient la municipalité de Oka.

1959
La municipalité d'Oka loue une partie du parc municipal au Club de golf Oka, une corporation sans but lucratif.

1975
Soumission par les Mohawks de Kahnawake, Kanehsatake et Akwesasne d'une revendication territoriale globale réclamant la propriété des terres sises le long du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais, y compris les terres de la région du lac des Deux-Montagnes (53 300 ha) comprenant Oka, Saint-Benoît et Pointe-Calumet ; les autorités gouvernementales canadiennes rejettent ces revendications.

1977
La municipalité de L'Annonciation-Partie-Nord devient celle de la paroisse de Oka.

1982
Annexion de la municipalité de Oka-sur-le-Lac par la municipalité de la paroisse de Oka.

1982
Revendication particulière des Amérindiens de Kanehsatake sur les terres de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes.

1986
L'établissement amérindien d'Oka adopte officiellement le nom de Kanehsatake. Le ministre canadien des Affaires indiennes et du Nord propose de prendre en considération les griefs de la bande de Kanehsatake même s'il n'y a aucune base juridique pour l'y obliger ; parmi les terrains revendiqués se trouve le parc municipal d'Oka.

1988
Le bail du Club de golf Oka est renouvelé pour une période de 20 ans.

1989
Ouverture de casinos sous la protection des Warriors Mohawks et malgré une importante opposition des Mohawks résidants sur la réserve de Akwesasne.
(2 mars) Le Club de golf Oka accepte de louer pour 35 ans le terrain de golf qui sera agrandi par l'addition de 45 acres appartenant à Maurice Rousseau. Plusieurs actes de vandalisme sont rapportés au cours du mois de mars ; la tension augmente entre blancs et autochtones.
(22 mars) Le chef des Mohawks, Clarence Cimon, enjoint la ville de ne pas procéder à l'agrandissement du terrain de golf qu'il dit situé sur des terres appartenant aux Mohawks et faisant partie de leurs revendications traditionnelles.
(28 juillet) La municipalité consent à un moratoire de 15 jours avant le début des travaux d'agrandissement du golf. (Septembre à Décembre) Poursuite de négociations entre les Mohawks, la municipalité et les gouvernements fédéral et provincial en vue d'une entente globale visant à régler les litiges concernant les terres contestées.

1990
(23 janvier 1990) Remplacement du chef Cimon par le chef George Martin qui demande une suspension des négociations.
(5 mars 1990) Le conseil de la municipalité d'Oka met fin au moratoire et autorise l'agrandissement du terrain de golf et permet ainsi l'abattage de quelques-uns des 50 000 pins de la pinède d'Oka.
(7 mars 1990) Le chef George Martin demande une nouvelle prolongation du moratoire jusqu'au 23 mars.
(11 mars 1990) Des Mohawks de la Long House (Maison longue) d'Oka dressent une barricade à l'entrée du Chemin du Milieu menant au terrain de golf et y montent la garde munis d'armes à feu.
(26 avril 1990) Une injonction est émise par la Cour supérieure ordonnant aux membres de la bande de Kanehsatake de ne pas obstruer ni barricader le Chemin du Milieu, de ne pas gêner la circulation sur le dit chemin et de s'abstenir d'y poser des affiches, pancartes ou enseignes.
(1er mai 1990) Devant le risque de violence et la possibilité de blessures aux intervenants, la municipalité reporte l'action qu'elle avait commandée à un entrepreneur d'enlever les barricades ; les Mohawks refusant d'obéir à l'injonction, les discussions, jusque-là locales, prennent une tournure nationale par l'intervention des Warriors (guerriers armés promoteurs des casinos sur les réserves amérindiennes) ; 2 Mohawks, Matthew Pyke, un opposant à l'exploitation de casinos sur la réserve de Akwesasne, et Harold Edwards sont assassinés.
(2 mai 1990) La Sûreté du Québec-SQ, l'Ontario Police Departement et la New York State Police envahissent la réserve de Akwesasne.
(13 mai 1990) Arrestation de 5 Mohawks opposés au casinos sur la réserve d'Akwesasne.
(14 mai 1990) Le cadavre d'un autre Mohawk d'Akwesasne, Douglas Thompson jr, mort d'une blessure profonde faite à l'aide d'un couteau, est découvert à Cornwall ; des accusations de meurtre non prémédité sont portées contre le Mohawk Douglas George, alors que des accusations d'avoir braqué une arme à feu et d'avoir utilisé une arme dans un dessein dangereux sont portées contre David George, le frère de Douglas, tous les deux d'Akwesasne.
(29 juin 1990) Injonction de la Cour supérieure ordonnant l'enlèvement des barricades, le nettoyage du domaine public et l'enlèvement des pancartes et enseignes sur le Chemin du Milieu, à Oka.
(10 juillet 1990) Constatant l'échec de toutes ses tentatives pour faire enlever les barricades par les Mohawks, le Conseil municipal d'Oka demande l'intervention de la Sûreté du Québec-SQ.
(11 juillet 1990, 8 h 47) La Sûreté du Québec-SQ entre en action et l'un de ses agents, le caporal Marcel Lemay, est tué par balles au cours de l'assaut ; à la suite de cette intervention, les Mohawks de Kanehsatake dressent une barricade sur la route 344, à l'entrée d'Oka alors que ceux de Kahnawake en dresse une sur la route 132, bloquant ainsi l'accès au pont Mercier, sur la rive sud du Saint-Laurent. La Sûreté du Québec prend position et assiège Kahnawake et Kanehsatake. En 2014, aucune enquête n'avait permis d'identifier la personne qui aurait fait feu sur le caporal Lemay ; certains prétendent que la balle serait provenue d'un autre agent de la Sûreté du Québec.
(21 juillet 1990) Les pourparlers entrepris après l'intervention du 11 juillet pour dénouer la crise sont rompus.
(23 juillet 1990) Inauguration du train Saint-Isidore-Gare centrale mis en marche pour contrer les effets de la fermeture du pont Mercier par les Mohawks.
(1er août 1990) 10 000 personnes manifestent dans les rues de Châteauguay pour exiger le démantèlement des barricades.
(4 août 1990) Des manifestants blancs paralysent la voie maritime du Saint-Laurent en occupant le pont de l'écluse de Côte-Sainte-Catherine, puis sont dispersés par la Gendarnerie royale du Canada assistée par la Sûreté du Québec.
(8 août 1990) Le premier ministre Brian Mulroney nomme le juge Alan B. Gold comme médiateur avec mandat d'obtenir l'accord écrit garantissant la réouverture des négociations et il autorise le déploiement de l'armée canadienne dans la région de Montréal à la demande de Robert Bourassa.
(9 août 1990) Pour calmer les citoyens de la rive sud de Montréal, le gouvernement du Québec annonce le prolongement de l'autoroute 30 et l'ouverture de l'estacade du pont Champlain à la circulation automobile.
(12 août 1990) Signature d'une entente par John Ciaccia, Tom Sidden, le ministre fédéral des Affaires indiennes, et les Mohawks ; des hommes masqués et armés entourent le ministre et le médiateur, Alan B. Gold, ce qui choque la population blanche. La bagarre éclate entre les forces de l'ordre et des manifestants blancs sur le pont de l'écluse Saint-Louis-de-Gonzague de la Voie maritime. La Sûreté du Québec-SQ déloge un groupe de manifestants blancs d'un pont de la Voie maritime du Saint-Laurent à Sainte-Catherine.
(14 août 1990) Les Forces armées canadiennes se déploient dans les environs de Montréal (Saint-Benoit, Blainville et Saint-Rémi).
(17 août 1990) Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, demande aux Forces armées canadiennes de remplacer la Sûreté du Québec aux barricades.
(19 août 1990) 900 soldats s'installent à proximité des barricades amérindiennes à Kahnawake et Kanehsatake.
(27 août 1990) Le général John De Chastelain, chef d'état-major de l'armée canadienne, annonce que l'armée procédera au démantellement des barricades.
(29 août 1990) Les militaires commencent à démanteler les barricades du pont Mercier sans rencontrer de résistance.
(30 août 1990) La Confédération iroquoise des Six Nations quitte la table de négociation ; les Warriors tentent d'imposer leur présence à la table, mais Robert Bourassa ordonne la fin des négociations.
(31 août 1990) Selon une révélation qu'il a faite le 20 juin 2010, John Ciaccia avait conclu une entente à Dorval avec les leaders traditionalistes de la Confédération iroquoise des Six Nations qui s'opposaient aux radicaux Warriors ; le Gouvernement fédéral avait refusé d'accepter cette entente qui prévoyait le démantèlement pacifique des barricades du pont Mercier, à Oka et à Châteauguay ainsi que la destruction de toutes les armes, y compris leurs composantes, les munitions et les explosifs actuellement en la possession des Mohawks de Kanehsatake et de Kahnawake ; aucune amnistie n'était accordée aux Mohawks pour les incidents de l'été 1990, mais le Gouvernement du Québec devait s'engager à ce que les personnes arrêtées aient un accès immédiat et en tout temps à un avocat ; le Gouvernement du Canada devait s'engager à acquérir 97 acres de terrains dans la pinède d'Oka «pour le bénéfice et l'usage de la population mohawke de Kanehsatake ; le Gouvernement fédéral, qui ne reconnaissait pas la Confédération iroquoise des Six Nations, ne voulait pas d'entente tant que les barricades seraient en place ; l'entente a été mise par écrit mais n'a été ratifiée par personne.
(1er septembre 1990) L'armée prend le contrôle du pont Mercier et avance sur les barricades d'Oka qu'elle démolit.
(2 septembre 1990) La barricade sur le chemin du Milieu à Oka est démantelée par les militaires.
(5 septembre 1990) Le pont Mercier est ouvert à la circulation.
(8 septembre 1990) Regroupement des municipalités d'Oka (village) et d'Oka (paroisse).
(16 septembre 1990) L'armée reçoit carte blanche pour négocier la reddition des Warriors de Kanehsatake et l'assurance qu'elle est seule aux commandes.
(18 septembre 1990) Descente de la Sûreté du Québec à Kahnawake avec l'appui logistique de l'armée canadienne ; bilan : saisie de 47 armes, 75 Mohawks et 15 militaires sont blessés au cours de l'opération.
(26 septembre 1990) Les Warriors, ces guerriers venus de partout, se rendent à l'armée avec leurs sympathisants encore retranchés dans le Centre de traitement d'Oka. Alors 41 personnes sont arrêtées et accusés devant la justice canadienne ; la plupart d'entre elles seront acquittées. La crise d'Oka est terminée ; elle a duré 78 jours.
(29 septembre 1990) Les 300 derniers militaires du Royal 22e Régiment-R22eR cèdent leurs postes aux agents de la Sûreté du Québec-SQ à Oka et se retirent à Saint-Benoit (Mirabel).
(8 octobre 1990) Les derniers militaires quittent Kahnawake pour Farnham d'où ils partiront vers leurs quartiers permanents à Gagetown, Nouveau-Brunswick.

2002
Signature de la Paix des braves par le premier ministre Bernard Landry avec les Cris de la baie James.

  • Bibliographie -


At the Wood's Edge - Anthologie de l'histoire de Kanehsatake (Brenda Gabriel et Arlette Kawanatati ; traduite en français par Francine Lemay, sous le titre À l'orée des bois, 2010). N.B. Madame Lemay est la soeur du caporal Marcel Lemay de la Sûreté du Québec tué le 11 juillet 1990.
L'Été des Mohawks - Bilan des 78 jours (Jacques Lamarche, éditions Stanké, 1990).
Oka : A Political Crisis and Its Legacy (Harry Swain, Douglas & McIntyre, 2010).
La crise d'Oka. Au-delà des barricades 1985-2001 (essai, Émilie Guilbault-Cayer, Septentrion, 2013)

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