Riel (Louis)

Un article de la Mémoire du Québec (2019).

  • Homme de lettres (poète et essayiste) et homme de loi (avocat) né en 1844 (22 octobre) dans la colonie de la rivière Rouge (Saint-Boniface, Manitoba). Sa mère était Métisse et son père canadien-français

Études à Saint-Boniface, au Collège de Montréal-CdeM et, auprès de Rodolphe Laflamme (droit).
Chef métis que l'on considère aujourd'hui comme le fondateur de la province du Manitoba.
Fils de Jean-Louis Riel et de Marguerite Boucher. Petit-Fils de Jean-Baptiste Riel.
Sa grand-mère, Marguerite Boucher, était née d'un père canadien-français et d'une mère montagnaise ; ce qui faisait de Louis Riel un Métis.
S'expatrie aux États-Unis (Montana) où il obtient la citoyenneté américaine. À la demande de Métis de la Saskatchewan, il revient au Canada en 1884 où il s'établit à Batoche, principal foyer de peuplement métis en Saskatchewan.
Père de la lignée Riel-Monet d'Amérique ; épouse une métisse, Marguerite Monet dite Belhumeur.
En 1869, le gouvernement du Canada se préparant à remplacer la tutelle de la Hudson's Bay Company-HBC envoie des arpenteurs dans la région de la rivière Rouge ; Riel dirige le soulèvement des Métis qui protestent contre l'envahissement de leurs terres par des colons anglais.
Réfugié aux États-Unis en 1870 à la suite du meurtre de Thomas Scott qui organisait une opposition au gouvernement provisoire, il revient en 1871 et il offre au représentant du gouvernement canadien une troupe de cavalerie métisse pour l'aider à empêcher les Féniens de s'emparer d'une bonne partie de l'Ouest canadien.
Élu en 1874 député à la Chambre des communes-Cdesc, il en est expulsé en 1875 sur proposition du chef orangiste ontarien Mackenzie Bowell. Riel est mis hors la loi.
En 1876-1878, il est interné sous le nom de Louis R. David à l'Hôpital de Longue-Pointe pour dépression nerveuse, puis il est transféré à l'asile psychiatrique de Beauport (Giffard) près de Québec sous le nom de Louis La Rochelle.
Le 15 mars 1885, il se proclame président d'un gouvernement provisoire de la Saskatchewan, puis, avec Gabriel Dumont, il y organise la rébellion.
Le 18 mars 1885, les Métis dirigés par Riel s'emparent de l'église paroissiale de Batoche, forment un gouvernement provisoire et réclament la capitulation du fort Carlton ; 4 400 soldats du général Frederick Middelton écrasent les rebelles à Batoche ; après une bataille de deux mois, Riel se rend à la Police à cheval du Nord-Ouest.
Le 12 mai 1885, les Métis sont vaincus à Batoche ; les troupes utilisent l'artillerie et la mitrailleuse contre les Métis sur les rives de la rivière Saskatchewan,.
Le 6 juillet 1885, Riel est formellement accusé de trahison et son procès débute à Regina le 20 juillet suivant ; il refuse la suggestion de son avocat de plaider aliénation mentale. Le jury le reconnaît coupable, mais recommande la clémence.
Il est condamné à la pendaison.
La Cour d'appel du Manitoba et le conseil Privé de la Reine maintiennent le verdict du premier tribunal.
Le Gouvernement de John A. Macdonald refuse de commuer sa sentence en emprisonnement à perpétuité.
Le 16 novembre 1885, à la suite d'un procès expéditif, Riel est exécuté par pendaison à Regina, Saskatchewan ; les drapeaux sont mis en berne dans la province de Québec, et les patriotes portent le crêpe du deuil.
Sa dépouille est expédiée à Saint-Boniface où elle est inhumée dans le cimetière adjacent à la cathédrale.
Le 22 novembre 1885, Montréal, qui compte 140 000 habitants, connaît l'une des plus grandes manifestations de son histoire. La population est indignée par le sort réservé à Riel ; plus de 50 000 personnes hurlent leur rage contre les bourreaux politiques de Riel ; pratiquement tout ce que Montréal compte de francophones descend dans la rue ; Honoré Mercier s'adressant à la foule déclare «Riel, notre frère est mort,victime de son dévouement à la cause des Métis dont il était le chef, victime du fanatisme et de la trahison du fanatisme de Sir John (John A. Macdonald) et quelques uns de ses amis ; de la trahison de trois des nôtres qui, pour garder leur porte-feuille, ont vendu leur frère».
En 2008, l'original de quatre poèmes écrits par Riel alors qu'il était en prison en attendant son exécution est vendu aux enchères pour la somme de 31 050 $ à Toronto ; Riel les avait donnés à l'un des agents de la Gendarmerie royale du Canada-GRC qui était chargé de sa garde et qui lui avait donné un crayon et du papier pour écrire dans son cachot.

  • Publications - Liste partielle


L'Amnistie. Mémoire sur les causes des troubles du Nord-Ouest (Louis Riel, 1874)
Journal de Batoche (1885)
Journal de Regina (1885)
Poésies religieuses et politiques (1886, réédité en 1979)
La Métisse (chanson, 1870) deviendra un hymne national métis.

  • Distinctions -


L'avenue Louis-Riel de Montréal et la place Louis-Riel de Montréal honorent sa mémoire.

  • Crédits : -


Story of Louis Riel (roman, Joseph Edmund Collins, 1885)
Les Écrits complets de Louis Riel (sous la direction de George Stanley, Les Presses de l'Université de l'Alberta, 1985)
Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord (Réginald Hamel, John Hare et Paul Wyczynski, Fides, 1989)
Riel : A Life of Revolution (Maggie Siggins, 1994)
Louis Riel : A Comic-Strip Biography (bande dessinée, Chester Brown, 2003)
Louis Riel. Un homme de feu (Sharon Stewart, traduit de l'anglais par Hélène Rioux, Éditions XYZ, 2009)
Louis Riel and Gabriel Dumont (Joseph Boyden, Penguin Canada, 2010 ; traduit en français par Lori Saint-Martin pour Boréal Compact, 2011)
Les rues de Montréal - Répertoire historique (Ville de Montréal, Méridien, 1995)
Canada 2000 (éditions internationales AlainStanké, 2000)

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